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        <title>La Théorie des Mutations</title>
        <description>La Théorie des Mutations</description>
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                <title>Sur une aile</title>
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                <author>noreply@ (Elea)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 03 Jul 2008 21:57:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1106329&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/00/00/29906882.jpg&quot; alt=&quot;__Jour_de_pluie_by_Look_Smile.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1106329&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; Je vous transmets ici une petite nouvelle que j'avais écrite, il y a de ça un an, voulant illustrer le spleen d'une jeune femme carriériste, matérialiste, oubliant pour un moment ce qu'elle est, ce qu'elle aspire à devenir, ou ce qu'elle joue à être, oscillant entre visions, réalités et folie. A la base, il s'agissait d'un projet, qui n'a malheureusement pas abouti...Mais aujourd'hui, en réécoutant l'un de mes morceaux préférés, j'y ai soudain repensé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voilà donc mon récit, et la musique pour l'accompagner: Le titre de la chanson est &quot;10 000 Miles&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/01/00/1429006291.mp3&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/podcast.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;podcast&quot;/&gt;&lt;/a&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/01/00/1429006291.mp3&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/blogs/images/extras/dewplayer.swf?son=http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/01/00/1429006291.mp3&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;pluginspage&quot; value=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Envie de tout cet air autour de moi, des murmures du rien, du chuchotement indécent du sol, de là où on ne verrait plus grand-chose. Peut être quelques silhouettes, prismes sans grande importance aux couleurs mélangées, ces teintes violentes s’estompant en aquarelles diluées. Une peinture mouvante.&lt;br /&gt; Mais, si je m’aventure encore plus haut, là où personne n’a jamais été, la peinture glissante se solidifie, comme la cire d’une bougie dont la flamme s’essouffle, des coulures blanches à l’odeur de fumée.&lt;br /&gt; Oui.&lt;br /&gt; Déjà, la peinture coule en filaments bien dérisoires, sous mes yeux embués, ces yeux qui piquent, brûlent, qui trahissent l’apesanteur, la distance, et l’oubli de tout.&lt;br /&gt; Je crois que je pleure.&lt;br /&gt; Je ne saurais vraiment dire si c’est de joie, de tristesse, ou d’un peu des deux.&lt;br /&gt; Quand les émotions sont aussi profondes, ancrés en l’esprit aussi bien que dans le cœur, battant à l’unisson des veines, des muscles et de la peau, à quoi bon les analyser&amp;nbsp;? Cloîtrer les pensées dans les mots, c’est aussi les fragiliser, car délicates par essence, elles fondent et s’infiltrent entre les mains, là, dans les petites failles des paumes.&lt;br /&gt; Et elles se perdent.&lt;br /&gt; Et nous nous perdons toujours un peu,&amp;nbsp;à vouloir toujours les retenir.&lt;br /&gt; De là où je m’imagine être, il n’y a que cette caresse de plumes inventives, cette mélopée sourde du vent, ce chant étrange aux sons disparates&amp;nbsp;: je pourrais nommer les choses, je pourrais dire que ce sont des nuages, discourir de leur composition, de la façon dont parfois, ils déversent toute la colère tremblante d’un ciel maussade&amp;nbsp;; je pourrais parler du soleil qui s’absente parfois au détour cotonneux d’oiseaux qui s’attardent, des variations infinies de ce qui m’entoure, du bleu étrangement rosé de l’aube, mais je ne le ferais pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’espère que vous ne m’en voudrez pas, mais j’ai tellement parlé, jadis, et même encore hier, et même encore tout à l’heure, que j’en presque eu l’illusion que sans la parole, sans les noms croissants en intensité et en valeur, des mots comme on aligne des chiffres, je n’existerais plus vraiment.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pendant cette réunion…Je pense qu’il s’agissait bien de ça, mais j’ai du mal à coordonner ma pensée, et mes idées se brouillent en une danse pénible, heurtée, sèche.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les visages se tournaient vers moi, rides nouvelles sous la pression du quotidien, sillons rugueux au creux des yeux, regards tremblants d’impatience, chevelures soigneusement lissées. Luisant sous les néons abrupts de cette salle enfumée, trop petite pour toute cette attente, pour toutes ces questions, pour toute cette vie palpitante en vain, alors que doucement elle se passait, alors que doucement elle mourrait, dans les cahiers de charge et de gestion, dans les réveils matinaux, les cheveux épars sur l’oreiller, les rêves s’écartant peu à peu, dans les costumes taillés sur mesure et les tailleurs sombres, crus.&lt;br /&gt; Sans demi-teinte, sans nuances.&lt;br /&gt; Dans les moments non partagés, les cœurs aussi serrés que nos bureaux, déposés les uns sur les autres, sans espace, vous pensez, sans allées où engager sa conscience, où ranger sa respiration. L’imagination déchirée par nos crayons de papier trop bien taillés, aux bouts écorchant nos dernières illusions.&lt;br /&gt; Des tableaux vides, où se tortillent, absurdes, de vagues tâches d’une couleur fade.&lt;br /&gt; La perfection.&lt;br /&gt; L’imperfection de la perfection, la poussière qui a tout fait chavirer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette marée de figures grotesques, m’observant sans jamais m’avoir vue. Cette marée sans vagues, sans ressac, cette réunion qui n’en finissait pas, et ces bouches cruelles. Je n’avais jamais remarqué, que mon monde était aussi cruel.&lt;br /&gt; Alors j’ai eu peur, brutalement, de leur ressembler. D’un coup. Comme ça. Sans explications, parce que je ne suis pas sûre que l’on puisse donner un sens à la vie, la vie qui bouillonne et part en tout sens, qu’on le souhaite, ou non.&lt;br /&gt; Il y avait des rideaux, dans cette pièce emplie de notre silence, de nos odeurs échauffées, de la senteur fauve du cuir et la douceur moite du linge fraîchement repassé&amp;nbsp;; il y avait des rideaux verts, parfaitement accordés à la moquette usée, foulée des centaines de fois, et dont on pouvait voir, par endroits, la trame effilochée. Il y avait des rideaux à la fenêtre, alors que le jour se levait, comme pour oublier qu’un ailleurs nous dépassait, nous, condamnés aux lumières artificielles, aux murs beiges, et aux feuilles couvertes de statistiques.&lt;br /&gt; Alors je les ai tirés.&lt;br /&gt; Juste pour voir.&lt;br /&gt; Juste pour apprendre à regarder.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vous savez, j&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;’ai souvent songé, plus jeune, aux autres vies qui se déroulent autour de moi, et j’ai parfois essayé d’y participer, du mieux que je le pouvais. Je me suis amusée, j’ai ri, j’ai parlé, j’ai tournoyé sur moi-même, sur ce manège interne, sur le rien.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;Mais, quand la porte se refermait, que l’infime rayon d’une lumière factice venait s’éteindre à mes pieds, déformant mon ombre au sol, l’étirant en silence sur les murs de ma chambre, je me détestais d’être si faible. Dans la vitre faiblement teintée de ma fenêtre, donnant sur le monde que je venais de quitter, je surprenais mon reflet, et, j’avais beau rapprocher mon visage du verre, comme pour effleurer de mon mieux cet écho de moi-même, cette image amplifiée, enveloppe de sang et de sentiments, je ne m’en sentais pas plus proche.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;Je n’y rencontrais que le souffle ténu de ma propre respiration.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;Dans la vitre, enfermée en un univers de mensonges et de faux semblants, je souriais.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;En vérité, j’aurais voulu la détruire, briser le silence, cogner mes points jusqu’à les faire saigner, et, sur les morceaux de verre épars, ajouter un peu de couleurs à mes joues.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 8pt; color: black; font-family: Verdana&quot;&gt;A mon âme.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;Ce qu'il y avait derrière les rideaux et leur tissu bon marché retombant en plis disgracieux autour de la vitre?&lt;br /&gt; Il y avait...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Plumes salies par les intempéries, corps malingres sous le duvet, des oiseaux migrateurs s’envolaient. Le soleil tâtonnait encore, hésitant entre le crépuscule et le lever franc, les rayons fragiles, à peine esquissés, et pourtant ils volaient déjà&amp;nbsp;; comme si le temps n’avait pas de prise sur eux&amp;nbsp;; impavides créatures insignifiantes&amp;nbsp;; gracieuses fragilités ô combien importantes, soudain, à mes yeux.&lt;br /&gt; A travers la vitre, je les ai imaginés.&lt;br /&gt; Je les ai dessinés dans mes souvenirs, piochant une illustration après l’autre, bâtissant cet édifice complexe de rêveries liquides.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et puis je me suis imaginée avec eux.&lt;br /&gt; Comme si je ne devais jamais retourner ailleurs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vous me voyez, maintenant&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; Je vole.&lt;br /&gt; Est ce que j'existe?&lt;/p&gt; 
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                <title>Quand un Géant parle aux enfants...</title>
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                <author>noreply@ (Elea)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 12:12:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1103711&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/02/01/2082716538.jpg&quot; alt=&quot;whats_on.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1103711&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;br /&gt; Bon, ce n’est pas particulièrement la crainte de vous ennuyer (quoique si je continue dans ma monomanie, cela risque fort d’arriver assez rapidement) mais il serait de bon ton, à présent que mes obsessions étudiantes sont achevées dans la plus parfaite béatitude nombriliste, que je recentre un peu mes articles…Avant de transformer ce blog, espace de discussion et de convivialité, en une chronique de mes aventureuses réunions de master (à titre indicatif, hier je me suis retrouvée, en bonne stressée qui se respecte, dans une assemblée qui ne me concernait en aucune façon, juste parce que j’avais la crainte, ancrée au coin de la tête type petite voix aigre trottant dans mon esprit d’un pas alerte, qu’on me prenne ma place en M2…Je sais, c’est pitoyable. Pour une fois, je vous autorise même à sourire. Et votre sourire a de fortes chances de s’agrandir quand vous saurez que, prise d’une angoisse frénétique d’arriver en retard, ce que je ne supporte pas, je suis partie 4heures en avance, affrontant le soleil de plomb, les problèmes de trains et les soupirs de mes voisins de transport. Un jour il va falloir que j’entame une psychothérapie, quand même. Mais là n’est pas la question, non mais).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’ai donc très envie de vous parler d’un auteur qui me tient particulièrement à cœur, aujourd’hui comme hier, l’un des tout premiers romanciers à avoir fait chavirer mon enfance dans des univers délirants dont la tendresse, sans mièvrerie, n’est jamais exclue. Un auteur dont je relis les œuvres avec une grande délectation, surtout en période de stress, retrouvant sur les pages un peu usées, les lettres effacées sous la pression des mains de 3 fillettes et de leurs tartines à la confiture de fraise (j’adore partager mes livres, mes sœurs en ont donc allègrement profité), des échos de mots, de ceux qui ramènent aussitôt quelques années en arrière, dans cet étrange tourbillon de phrases et d’émotions indicibles.&lt;br /&gt; Un géant s’adressant aux enfants, pliant sa longue silhouette devant les visages juvéniles et réjouis, jusqu’à se confondre parfois avec eux.&lt;br /&gt; J’ai nommé le très célèbre Roald Dahl.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mon but n’étant pas de faire un topic sur sa vie, ses déboires et autres particularités inhérentes à l’existence humaine, étant donné le nombre hallucinant de biographies en tout genre et de sites lui étant totalement consacrés (sans oublier Wikipédia notre amie à tous, qui entre nous dit parfois de sacrées énormités, mais bon passons), je préfère me concentrer sur son écriture particulière, le rapport profond qui l’unit au domaine de l’enfance et du souvenir, bref, sur un ressenti qui m’est propre, afin de ne pas verser dans l’encyclopédisme (entre nous, je sais ça n’a aucun rapport, mais j’adore ce terme, très chic…Quand on le prononce, on se retrouve aussitôt catapulté dans un monde parallèle, plein de personnes bourgeoises, de coupes de champagne et de petits fours, mais là je sens que je m’égare grandement), encyclopédisme donc, disais-je, qui ne serait pas sans rappeler les cours particulièrement pénibles d’une vieille prof de français rébarbative à moustache (et là, si vous osez m’accuser d’exagérer le trait, je vous rétorquerais que cette digne personne existe réellement, et qu’elle ne s’arrange guère avec les années. Plus étroit d’esprit, je crois que le modèle n’existe pas).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J’aime sincèrement Roald Dahl&amp;nbsp;; je l’aime parce qu’il fait partie de ces auteurs, relativement peu nombreux, qui savent s’adresser à un jeune public sans verser aussitôt dans une mélasse de bon ton, de bons sentiments et de niaiseries étoilées sur fond de guimauve. Ses héros sont souvent les représentations littéraires des enfants, de leurs petites manies, de leurs fantasmes («&amp;nbsp;James et la Grosse Pêche&amp;nbsp;» par exemple, étudie sans en avoir l’air la fascination que peut éprouver un enfant devant le monde des insectes, méconnu, et pourtant intensément attirant…Qui n’est jamais resté bouche bée devant l’activité fiévreuse d’une fourmilière, ou parti dans une trépidante chasse aux papillons, filet au vent et sourire de contentement esquissé comme un remerciement au temps, ou à l’été&amp;nbsp;?), de leurs espérances et de leur curiosité, toujours&amp;nbsp;; le propre des œuvres de cet écrivain, c’est de réveiller l’instinct primaire de la curiosité la plus élémentaire chez ses lecteurs, cette curiosité que l’on oublie ou que l’on bride adulte, mais qui, quelques années auparavant, nous poussait à nous émerveiller devant tout, et n’importe quoi, à poser la fatidique question du «&amp;nbsp;pourquoi&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1103712&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/00/01/2058658960.jpg&quot; alt=&quot;quentinblake.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1103712&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et il le fait avec un sens inné de la fantaisie, de la fantaisie la plus débridée, sans pesantes frontières matérielles&amp;nbsp;: ses personnages évoluent dans un univers aux frontières troubles, mouvantes, souvent surprenantes&amp;nbsp;; la surprise dans la littérature enfantine emplie de poncifs éculés jusqu’à la trame, nous conviendrons que c’est tout de même assez rare. Tour à tour volontiers cynique, voire cruel (les enfants châtiés de «&amp;nbsp;Charlie et la Chocolaterie&amp;nbsp;» en sont un exemple frappant, tout comme les descriptions volontairement provocantes du dîner de chair fraîche des abominables géants dans «&amp;nbsp;le BGG&amp;nbsp;», ou encore la terreur engendrée par «&amp;nbsp;les deux gredins&amp;nbsp;», étrangement dévoreurs d’oiseaux- faut il y voir là un symbole de la perte de liberté, notion souvent associée aux animaux volants, comme l’avait fait avant lui Baudelaire dans «&amp;nbsp;l’Albatros&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?), Roald Dahl étonne surtout par sa constance capacité de renouvellement…là où beaucoup auraient exploité le filon de certains romans, à présent entrés dans le panthéon de la littérature enfantine, en produisant des suites sans véritable passion, l’écrivain ne se contente pas (mis à part «&amp;nbsp;Charlie et le Grand ascenseur de verre&amp;nbsp;», et encore, la suite étant tellement à l’encontre du premier livre que je me demande si c’est véritablement un second épisode) , et ne semble jamais s’être contenté, de rédiger la même historiette en la déclinant en plusieurs couleurs, bien au contraire&amp;nbsp;; si l’on observe attentivement son œuvre, on ne peut qu’être étonné des thématiques qu’elle recoupe.&lt;br /&gt; Dahl n’est pas qu’un conteur, il devient aussi souvent explorateur&amp;nbsp;: explorateur des terreurs de l’enfance, soigneusement reprises à son propre compte (un peu comme, dans un tout autre registre, plus mature, l’excellente poétesse Tanith Lee- j’utilise le terme de façon spontanée, tant son écriture ciselée, soigneusement descriptive et terriblement imagée, s’apparente à de «&amp;nbsp; la poésie dans le roman&amp;nbsp;», style auquel je suis pour ma part très attachée) comme les sorcières, dont il dresse un désopilant et terrifiant portrait (ses deux termes reviendront souvent dans mon ressenti des romans de Dahl, il réussit cet étonnant mélange du frisson de la peur juvénile et du sourire ironique) , éloignant tous les clichés du genre, dans l’un de ses livres les plus connus, «&amp;nbsp;sacrées sorcières&amp;nbsp;», ou encore les géants («&amp;nbsp;le BGG&amp;nbsp;», sur lequel je reviendrais)…Explorateur de contrées étranges où le merveilleux côtoie l’absurde (le monde si particulier de James, l’incroyable chocolaterie de Willy Wonka, personnage attachant et totalement frappé) ou d’un quotidien peu à peu transformé en scène de théâtre magique (Matilda, adorable petite écolière aux pouvoirs de télékinésie, George et sa volonté de faire disparaître son atroce Grand-mère…).&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1103715&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/02/00/420956304.jpg&quot; alt=&quot;georges.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1103715&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Explorateur des mots, également. Les mots ont une importance capitale pour Dahl, ils recouvrent une dimension nouvelle, celle où les enfants ne s’aventurent jamais&amp;nbsp;: l’invention de termes tous plus alambiqués, ou plus farfelus, que les simples mots usuels de la vie réelle&amp;nbsp;; c’est peut être l’un des points que j’aime le plus chez cet auteur. La lecture n’étant pas fastidieuse, et ne devant pas le devenir, il utilise intelligemment les ressorts de la langue anglaise (au demeurant il est à noter que ses romans sont assez bien retranscris en français) pour ouvrir de nouveaux horizons à chacun, oubliant là les préceptes un brin rasoirs des professeurs ne voyant en la littérature qu’un moyen d’apprendre à leur public les rouages complexes de l’écriture. Dahl est fantaisiste jusque dans ses mots, et réconcilie agréablement l’utile à l’agréable&amp;nbsp;: combien de fois, enfant, ai-je été demander à mes parents la signification du nom d’un animal qui n’existe pas, m’imaginant alors les formes de la dite bête et me perdant dans la rêverie inhérente à tout écrit stimulant l’intellect&amp;nbsp;? (les noms étranges sont une spécialité de Roald Dahl, dont l’exemple le plus connu reste sans doute «&amp;nbsp;sacrées sorcières&amp;nbsp;», livre dans lequel d’affreuses vieilles mégères concoctent des potions à base d’ingrédients complètement inventés…) Et n’oublions pas les tournures de phrases passionnées, mais déroutantes, de Willy Wonka…&lt;br /&gt; Ce lien tacite entre les mots et l’existence se révèle terriblement attendrissant dans le «&amp;nbsp;BGG&amp;nbsp;», mon roman préféré de Dahl, où un géant solitaire apprend à lire en suivant des yeux et du bout de l’ongle les phrases de Dickens, confondant souvent les termes dans un fatras des plus amusants, créant un personnage de toute poésie pour lequel la parole n’est pas seulement une façon de s’exprimer, mais aussi un moyen d’exister.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Car, malgré le côté aventureux, brut, de son œuvre, Roald Dahl n’est pas dénué d’une certaine poésie&amp;nbsp;: le géant dont je parlais à l’instant, vit dans un univers qu’il ne comprend pas, entouré de ses congénères mangeurs de chair humaine (et comme par hasard, avec une prédilection certaine pour celle des enfants), rustres sans envergure autre que celle de leur taille défiant toutes les lois humaines…Affublé d’immenses oreilles, il perçoit pourtant chaque mouvement infime de la terre et des choses, d’un cri silencieux d’une plante laissée à l’abandon après avoir été cueillie, aux bavardages des araignées tissant leurs toiles, et aux bruissements sourds des rêves, flottant dans l’atmosphère, petites choses fragiles, à peine visibles, à peine colorées, qu’il se plait à collecter dans d’immenses bocaux…Et à souffler ensuite aux enfants endormis, le soir, par la fenêtre…Très jolie parenthèse au conte du marchand de sable, façon comme une autre de faire de la nuit et de l’ombre, propice aux cauchemars et aux craintes, un nouveau monde, esquissant des songes et des silhouettes silencieuses, glissant le long des immeubles.&lt;br /&gt; D’une certaine tendresse aussi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;un amour de tortue&amp;nbsp;», narrant les péripéties d’un vieux célibataire endurci, pris d’affection pour sa voisine, «&amp;nbsp;Matilda&amp;nbsp;», et cette relation fusionnelle se nouant entre l’enfant trop précoce et son institutrice trop fragile…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bien sûr, je ne saurais parler de Roald Dahl sans mentionner deux personnes en particulier, ayant contribué, chacune à leur façon, à rendre ses œuvres plus percutantes, ou tout simplement à les faire redécouvrir&amp;nbsp;: Quentin Blake, tout d’abord.&lt;br /&gt; Quentin Blake, mondialement reconnu, a illustré la plupart, pour ne pas dire la totalité, des romans de Dahl&amp;nbsp;; son dessin possède une touche inimitable, un je ne sais quoi de malicieux, de mutin, de décalé, qui colle parfaitement aux histoires et vient en renforcer encore l’impact. D’aucuns pourraient m’avancer qu’il n’est pas le plus grand dessinateur de tous les temps, que ses personnages manquent de classe (il s’agit souvent d’un genre croquis coloré, les traits de pinceaux très apparents), de finesse…Mais justement, cette touche abrupte de couleur, ces visages grossis, exagérés, ces personnages parfois tordus dans des positions impossibles, possèdent quelque chose de frappant&amp;nbsp;: ils vivent. Ils ne se contentent pas de rester adossés au papier, la plupart du temps, ils s’en échappent par un phénomène inexplicable, qui rend son travail très attractif.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1103716&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/00/01/164311263.jpg&quot; alt=&quot;qb6001_large.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1103716&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tim Burton, ensuite. Je ne souhaite pas m’étendre longuement sur Burton, qui a réalisé bon nombre de films qui sont devenus pour moi cultes, au fur et à mesure des années, étant donné qu’il fera l’objet d’un article ultérieur (je vous tiens en haleine, pas vrai&amp;nbsp;?)…Juste souligner l’incroyable connivence de pensée qui s’est tissée entre lui et Roald Dahl, à travers le temps&amp;nbsp;: tous les deux partagent une vision du monde où l’imaginaire tient une place étendue, pour ne pas dire la plus grande, la plus imposante&amp;nbsp;; la façon de narrer des histoires, de s’en emparer et d’y apposer leur marque, faisant de leurs œuvres une chose très personnelle, à différents niveaux de lectures et de compréhension. Cet amour immodéré de l’inventivité et de la création incessantes, cette façon de jouer avec les codes bien établis, et de s’en moquer éperdument. Ce n’est pas pour rien que Burton est à la tête de deux films reprenant en substance la trame des livres de Roald Dahl&amp;nbsp;: James et la Pêche Géante (très sympathique, des héros en texture cartoon et joliment conté), Charlie et la Chocolaterie (adaptation surprenante, menée par le jeu impeccable de Johnny Depp, qui aurait été parfaite sans cette atroce fin sirupeuse de retrouvailles familiales, naïve et rompant avec l’imagerie burlesque du film).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img name=&quot;media-1103718&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/02/01/813949287.jpg&quot; alt=&quot;18411618_w434_h_q80.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1103718&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La jeunesse est un public, les adultes en sont un autre…Encore une fois, Dahl se renouvelle, là où on ne l’attend pas, et parvient à distiller un venin insidieux dans deux recueils de nouvelles&amp;nbsp;que j'ai pour ma part, trouvées très bonnes&amp;nbsp;: Kiss Kiss, Bizarre Bizarre. Idées saugrenues, trait acéré, vision sombre de notre société, incursion dans le fantastique ( William et Mary) ou dans l’esprit dérangé d’un fou (à l’instar de Maupassant (le Horla, suis-je fou&amp;nbsp;?) ou de Gogol (le journal d’un fou), dans la dérangeante histoire du «&amp;nbsp;pauvre George&amp;nbsp;»)&amp;nbsp;; autant de récits, autant d’univers, autant de styles divers et variés, vent de fraîcheur dans la littérature égocentrique et confinée.&lt;br /&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Je vous conseille vivement leur acquisition, si ce n’est pas déjà fait.&lt;br /&gt; Pour ma part, je retourne à ma 4&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; relecture de «&amp;nbsp;Blonde&amp;nbsp;», dont je ne me lasserais jamais (je crois vous avoir déjà dit tout le bien que je pensais de Joyce Carol Oates), en laissant une place, près de ma tête de lit, pour mon carton empli de romans d’enfance, de souvenirs et de cette poussière scintillante qui s’immisce dans les recoins du passé pour mieux encadrer l’avenir…&lt;/p&gt; 
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                <title>Today is THE day</title>
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                <author>noreply@ (Elea)</author>
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                                                <pubDate>Mon, 30 Jun 2008 17:50:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1100837&quot; src=&quot;http://latheoriedesmutations.hautetfort.com/media/02/02/818486525.jpg&quot; alt=&quot;eternal-sunshine-of-the-spotless-mind-5.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1100837&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; J'avais prévu une longue note sur Roald Dahl (que je publierai sans doute demain), mais je ne peux résister à l'envie de vous narrer la suite de mes péripéties estudiantines. Aujourd'hui, c'était clairement la journée de stress intense, celle où la pique d'angoisse peut atteindre des sommets incommensurables...&lt;br /&gt; La Grande Période des Résultats.&lt;br /&gt; Dans notre faculté, c'est toujours un peu galère: si à la base une heure est fixée de longue date, force est de constater que la plupart du temps, les notes sont affichées soit avant (et là, elles se retrouvent accompagnées des palpitations et des cris de panique de bien des gens, imaginez un peu : vous êtes parti(e)s faire du shopping pour vous détendre un brin, suivant les préceptes de Becky Bloomwood, la fameuse Shopaholic que tout le monde connaît, quand soudain votre portable sonne et une de vos collègues vous clame d'une voix hystérique que &quot;ah y est ah y est c'est affiché&quot;, en plein magazin. Magazin qui se trouve à une heure de votre demeure. Situation on ne peut plus délicieuse), soit elles sont reculées à une date ultérieure sans aucune raison, juste parce que c'est comme ça et puis point barre.&lt;br /&gt; Sans oublier que, le standard explosant, si on a la chance de tomber sur une personne travaillant à la scolarité, on a une forte probabilité de se faire insulter par la dite personne au bord de la dépression après avoir reçu 13000 coups de fil identiques.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce matin, j'avais pris la sévère décision de dormir jusqu'à 16h, fatidique limite à laquelle nous devions recevoir notre sésame pour les vacances, ou pour la case septembre (et ce sans transition, of course). Seulement voilà, je n'ai pas pu, vraiment, rester à paresser au-delà de 10h 30, tellement j'étais excitée. J'en faisais limite des bonds, type mouvements spasmodiques ( ce qui, pour quelqu'un qui compte diriger plus tard un établissement de santé, et supporter les responsabilités qui vont avec, est quand même légèrement inquiétant, nous sommes d'accord).&lt;br /&gt; J'ai donc passé 5 heures mirifiques à rafraichir la page web des résultats comme une grosse geek attardée que je suis, m'accordant des pauses salvatrices toutes les 2 heures, à raison d'un thé, d'un Granola (et bonjour les capitons) et d'un passage éclair dans la salle de bains pour me rafraichir le visage. Jusqu'à cet instant où, enfin, ENFIN, ma démarche s'est avérée fructueuse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tout ce blablatage pour annoncer que c'est bon, j'ai réussi, j'avoue que c'est légèrement égocentrique...Mais ma plus grande fierté, celle qui va à mon humble avis me rendre heureuse pour des mois, c'est d'avoir eu un 16 (tain, un 16 quoi) dans une matière où, si vous avez bien suivi mes aventures ô combien fascinantes, le prof m'avait annoncé que je ne valais rien.&lt;br /&gt; Une bonne nouvelle en entraînant une autre, j'ai également dans la foulée reçu des réponses positives de certaines facultés (en plus de celle de Paris qui reste mon choix premier), et ça met du baume au coeur. Mais pas n'importe quel baume cheap, oh que non.&lt;br /&gt; Au moins du l'Occitane... 
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