03.06.2008

5 bonnes raisons de changer d'avis sur Desperate Housewives

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Hum.
L’article de la soirée n’est pas des masses intellectuel, mais je sors de 12 heures pleines de révisions intensives donc j’en appelle à votre indulgence (oui, je sors les grands mots aujourd’hui, je suis une rebelle du vocabulaire à défaut d’être d’un enthousiasme dithyrambique pour les différents types de contrats administratifs) et à votre compréhension.

De plus, je suis actuellement en train de redécouvrir la série, qui me permet de conjuguer agréablement mes pauses avec détente, et m’empêche dans le même temps de sombrer dans ma période maniaco-dépressive/Schizophrène/ martyre ambulante à laquelle il ne manque que les stigmates/Furie qui ferait détaler cette bonne vieille Méduse et sa crinière en serpents bien loin de la légende et de ma propre personne.

Parce que pour dire la vérité, mon portable ne fonctionne plus (je n’ai pas encore compris le pourquoi du comment mais soit 1 je reçois les appels mais ne peux y répondre car en décrochant ma conversation est transférée dans un monde parallèle qui ne connaît pas le sens des termes « décibels normaux » soit option 2, l’appareil maudit tombe en panne de batterie alors qu’il a bien sûr été au préalable alimenté toute la journée, le saligaud. Juste pour me faire craquer en plein milieu de mes partiels) ; donc mes seuls moments de réel contact avec le monde extérieur (j’entends par là non juridique, condition essentielle en l’espèce) se font via l’écran de mon ordinateur.
Je me laisse encore deux semaines avant de m’inscrire dans un univers virtuel en 3 dimensions et mener une palpitante partie de tarot avec deux orcs et un elfe brushingé.
Je sais, c’est triste.
Vous avez le droit de compatir (mais pas trop fort, cela pourrait m’ôter mon reste de volonté)
A l’instant même où j’écris cette note qui fleure bon l’auto apitoiement, mon ordi adoré vient de m’annoncer qu’il ne me restait qu’un faible espace, je dirais même insuffisant, sur mon disque dur.
Je viens de défragmenter la bête il n’y a pas une heure.
Tout fout le camp dans ce bas monde.
 C’est décidé, je m’abonne à « Second Life ».

Mais avant tout de même, je poste ce top five rédigé avec passion.

1. Parce que le format est parfait 
 les épisodes durent 45 minutes, et dans ce choix de longueur je pense reconnaître une ode à ma propre personne, il est évident que les créateurs ont pensé à moi. On dépasse le stade de la demi heure qui ne sert à rien vu que dès qu’on commence enfin à se délasser, et bien c’est terminé et il faut se remettre à bosser (là c’est la dépression qui guette fatalement au bout de ce long couloir noir et sans fin) ; cependant on reste en dessous de l’heure fatidique, cette heure qui vous fait vous redresser en panique totale, échevelée et vaguement nauséeuse, genre « quoi déjà une heure, une heure de perdue, j’y crois pas, comment je suis une grosse glandeuse, je mérite de passer directement à la case flagellation. Et sans la pommade ».

2. Parce qu’à Wisteria Lane, c’est la classe totale
 Il se passe toujours un truc dans le quartier c’est dingue ce que ça peut être animé, ça oscille toujours entre le tragique-burlesque et le franchement désopilant (j’entends déjà d’ici les voix de la raison s’élever en un chœur des plus agaçant. Oui, des fois c’est tragique tout court aussi) alors que près de chez moi la plus folle activité de ces dernières semaines (référence ultime pour les petits veinards qui me lisent chaque jour, vous en avez de la chance, je suis les traces de Spielberg en ce moment- le premier qui me dit que Indy IV c’est nase parce que ça vire à la SF, il se mange toutes mes références littéraires sur la question des plaines de Nazca, et je peux être très très chiante quand je veux (même quand je ne veux pas, mais c’est un autre débat) donc je le conseille pas-, je m’autoréférence. C’est beau, n’est ce pas ?) consiste à surveiller si nos voisins ne viennent pas nous pourrir notre palissade dès qu’on a le dos tourné.
Wisteria c’est de jolies maisons en pain d’épice, des jardins florissants et des routes soigneusement pavées, des héroïnes déjantées et des histoires soapesques ; mais c’est tellement bien amené, et finalement tellement attachant, qu’on finit par les aimer. En plus des fois j’ai l’impression de me retrouver dans Edward aux mains d’Argent (pour le côté banlieue chicos)

3. Parce que Lynette.

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Tout simplement mon personnage préféré.
 Je ne sais pas pourquoi ; peut être que je la plains secrètement d’avoir engendré de tels monstres (ce sont des enfants, certes, et ils sont mignons qui plus est. Mais je suis navrée de l’affirmer aux futurs parents béats de joie et d’admiration devant le fruit de leurs entrailles, la continuité de leur nom, leur billet pour l’immortalité et leur tribu collectif à l’augmentation de la productivité nationale, les deux notions ne sont pas incompatibles : on peut être un gamin et avoir un comportement très proche de la psychopathie galopante). Peut être que je l’envie d’avoir un tel époux, parce qu’au temps de Melrose Place j’adorais déjà Doug Savant, et plus encore sa voix française : oui, le mythe s’écroule, je regarde la série en VF, et ça c’est pas in du tout. Je suis une inculte de la langue de Shakespeare et de Austen, et je suis une vieille réac aigrie à toute forme de modernité, mais je n’ai jamais éprouvé le moindre désir de suivre la tendance actuelle, qui se résume à se plaindre à chaque nouveau film ou nouvelle série de la qualité médiocre du doublage. Je trouve ça malvenu et souvent peu justifié (sauf pour Starwars new generation, et encore vous n’avez pas entendu la version québécoise, qui transforme chaque scène tragique en drôlerie involontaire).
Je regarde la VF si je veux, et la VO de même (surtout quand c’est un de ces petits films d’épouvante coréens ou japonais comme je les aime, ;))

Peut être aussi pour sa grande force intérieure, son côté carriériste (Miranda, sors de ce corps et trouve toi une autre occupation), et le jeu impeccable de l’actrice.

4. Parce que la voix off du début et de la fin.
Le concept de la voix off n’est pas nouveau, mais il fonctionne admirablement bien dans la série ; ce n’est pas tant ce qu’il résume, que ce qu’il énonce : ces petites vérités sur l’être humain, souvent peu reluisantes, ce ton volontairement détaché, en recul, le survol des personnages comme autant de pions qui se lancent parfois dans des parties qui les dépassent, me font songer à American Beauty, qui m’avait beaucoup plu quand j’avais été le voir, il y a de ça des années. Une façon comme une autre de transmettre l’émotion par les mots, par une présence omnisciente, jamais menaçante, mais toujours sensible.

5 Parce que la série est dépassée.
Il y a quelques années, c’était le raz-de-marée, tout le monde se précipitait sur sa télé pour regarder le dernier épisode et en discuter ensuite avec son entourage le lendemain, tout le monde félicitait Marc Cherry d’avoir cru en son projet quand on le laissait plus ou moins croupir dans son coin, c’était à la fois la revanche d’un créateur et des actrices vieillissantes, un peu has been, dont personne ne voulait. Un clin d’œil à la vacuité d’une Amérique trop solidement campée sur ses positions, trop sûre d’elle-même, de sa modernité et de sa jeunesse éternelle. Les magazines ne parlaient que de ça, et j’avoue que j’ai des penchants très contradictoires, je n’aime pas qu’on me dise quoi regarder, et quoi aimer (c’est pour cette raison que je n’ai découvert Emilie Simon que sur le tard, adorable interprète à l’imagination fertile et à la voix de fée fragile), donc j’ai attendu que toute cette effervescence délirante soit retombée, pour m’y intéresser.

Et vous voulez que je vous dise le fin mot de l’histoire ?
Il n’y en a pas.
Juste que j’ai passé une heure à pondre un article sur une série qui m'a donné envie de faire du sport, en plus.

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13.05.2008

Le Dialogue Fantasque

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Bon, il faut que nous parlions sérieusement de notre relation.

Oui, ce n’est pas la peine de commencer à esquiver la discussion, à lancer des appels subliminaux à ma bonté, ou à un soudain accès de mansuétude qui pourrait brutalement annihiler toute velléité de révolte…Tu sais bien qu’en ce moment, cela ne va plus très fort entre nous, sans te faire de dessin aucun. Réagissons en adultes, et puisque tu me dénies ce droit à la maturité, laisse-moi au moins t’exprimer mes griefs, mes rancoeurs et cette exaspération sourde qui me tenaille, jour après jour ; bien que tu sembles y attacher encore une importance fondamentale, le temps de l’adolescence est loin derrière nous.

Qu’est ce qui se passe alors ? Qu’est ce qui te prend, enfin ? Est-ce que c’est cet élan vers l’été qui te pousse dans tes derniers retranchements et te rend si fragile, si nerveuse, si changeante, d’humeur et de forme, de couleur et de teinte? Je suis pourtant attentive à la moindre de tes mouvances, à l’écoute de la moindre de tes plaintes, sans presque un instant de répit, et, vois-tu, je rêve de ces moments où je pourrais me reposer tranquillement sans que tu viennes, en catimini, compliquer les choses plus qu’elles ne le sont déjà.

Je te bichonne avec tendresse, nul n’aura jamais le geste plus doux que moi. J’ose à peine le formuler à mi-voix, mais je suis rarement plus câline qu’avec toi. Chaque matin, chaque soir, je t’observe, te scrute, te protège.

Je mitonne de bons petits plats à base de vitamines, d’oranges et de tomates, des salades pleines de fantaisie et des desserts gourmands de minéraux, je te propose des litres d’eau, la chaleur réconfortante d’un thé vert et la pétillante senteur de menthe ; parfois, je pousse même l’amour jusqu’à t’offrir un jus de citron dans un verre d’eau chaude, parce que c’est tout simplement bon pour toi. Ah non, ne viens pas me dire que tu trouves ça trop acide, nous en avons déjà parlé, tu te rappelles ?

Je dépense mon argent, j’irais même jusqu’à dire que je me ruine, en achats qui te sont destinés. Autant de boîtes féminines, de rubans disparates et de saveurs crémeuses, cela devrait te remonter le moral, je te trouve bien exigeante, tout de même. Et passons outre les massages quotidiens, rien que d’y penser, cela me donne le tournis.
Comment ça ce n’est pas suffisant ?
Tu deviens terrible, tu sais. Je crois que je t’ai trop gâtée, voilà où se situe le problème ; j’aurais été moins soigneuse, moins pointilleuse, tu te serais béatement contentée de ce que tu avais déjà. Quand je te disais que tu es une éternelle ado…
Et les gommages que tu oublies, le dimanche soir ? Et les masques au thym, les huiles essentielles, les liqueurs ambrées et nectars de fleurs ?

Ecoute, c’est simple. Je voudrais juste que tu arrêtes tes crises cyclothymiques, tes angoisses perpétuelles, ta mauvaise volonté, tes bouderies.
Faisons une petite trêve, parce que tu commences sérieusement à me lasser.
Ce n’est pas parce que tu fais partie de moi que je suis obligée de tout accepter, non plus.
Sale peau…

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12.05.2008

De bon voisinage

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De retour chez moi pour le week end, question d’organisation oblige, il me faut encore ramener chez mon ami mes manuels de droit, mes classeurs et quelques vêtements, et vu l’état actuel de ma force, qui n’a jamais été des plus florissants ceci étant, ne commençons pas à nous mentir, il vaut mieux pour moi y aller en douceur, et faire plusieurs voyages. Sans compter le fait que la chaleur étant proprement étouffante, la vision de ma pauvre petite personne luttant avec sa valise (à roulettes certes, mais rembourrée par ailleurs de tout un fatras inutile et pesant) dans les escalators, escaliers et ruelles m’occasionne derechef un état proche de l’auto apitoiement. J’ai donc retrouvé ma chambre, son quota d’affaires disséminées un peu partout, faisant mentir l’adage comme quoi les filles sont plus ordonnées que les garçons (quelle vaste plaisanterie…La seule chose d’un tant soit peu rangé, c’est ma trousse cosmétique et mes documents d’étude, au prix où coûtent tout ces joyeux accessoires…), ma fenêtre donnant sur le trottoir d’en face…
Et la vue plongeante dans le jardin (enfin, la vague pelouse serait un terme plus approprié, mais je ne voudrais pas tomber dans la critique vipérine tout de suite. Quoique.) de mes voisins.

Je viens de prendre conscience d’un tragique état de fait : je ne vous ai pas encore narré mes palpitantes aventures avec ces charmantes personnes, et pourtant l’Olympe sait à quel point ce sujet de discussion est d’actualité. Je crois sincèrement, pour en avoir longuement parlé autour de moi, que les relations de bon voisinage consistent en un mythe soigneusement entretenu par les illusions pathétiques d’une troupe d’imbéciles heureux qui ne trouveraient rien à redire à ce que Britney Spears vienne s’installer près de chez eux, et les séries américaines des années 90, où il y avait immanquablement une gentille famille de rustres blonds, la mère en robe à fleurettes et crans sur le côté, les enfants aux cheveux lisses s’abattant gaiement dans un immense jardin avec le chien, très souvent un labrador d’ailleurs, qui sonnaient aux portes voisines pour se présenter à tout le monde  autour d’un cake à la carotte, de brownies, sous une musique mielleuse de piano et de synthé made in 80’s.
Nous vivons dans un monde complètement paradoxal, une époque tout aussi paradoxale, dans laquelle les gens se complimentent admirablement de leur sens du contact, de la proximité et de la tolérance, sans oublier l’incroyable maturité de notre siècle, et pourtant j’ai rarement vu et entendu pareilles sottises bornant les relations entre être humains de barrières rêches d’égoïsme forcené et de mauvaise foi.
 La question, ô combien épineuse, des voisins, en fait partie.

Prenons un exemple, au hasard : celui de ma famille. Nous sommes parfois quelque peu bruyants, ayant tous un caractère frondeur, le sang chaud, une propension naturelle à s’énerver, et à le faire savoir ; cependant, dans toute cette adorable panoplie que je viens de vous décrire, surnagent des qualités, pour la plupart inculquées dès l’enfance par nos parents, notamment le respect d’autrui. Oui, c’est une notion un peu galvaudée à notre époque, mais tout de même, ça compte énormément dans les relations sociales, nous serons tous d’accord sur ce point : seulement voilà où réside le problème, les personnes ayant élu domicile près de chez nous ne connaissent ni le sens du mot, ni, et c’est bien logique si on suit le raisonnement, son application concrète. Ces gens sont d’une impolitesse notoire, et d’un sans-gêne confinant presque au petit jeu fort sournois du « je t’agace et je le sais, mais je le fais exprès ». Pourtant au départ, ce n’était pas si mal parti, et les cartes semblaient même plutôt jouer en notre faveur : une famille réduite, un père, une mère, un enfant (devenu depuis un adulte abominablement beauf, une voix grave enrouée façon Marlon Brando de la Banlieue et une fascination éternelle pour la fréquence de radio la plus plouc qu’il m’ait été donné d’écouter, son poussé au maximum et vieux relent de rap au surplus. Un délice).
Et bien non.
Nous avons pêché par excès de confiance.

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Le père et le fils, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau et fréquentent, à leur niveau respectif, le même type de personnes ( ce genre qui éructent gaiement dans la rue aux environs de 2 heures du matin, après une soirée bien arrosée, se claquent les cuisses en se narrant des histoires désopilantes de blondes et font pétarader leur moteur afin de réveiller tout le quartier et de prouver par A+B qu’ils existent, au cas où on aurait tenté d’occulter ce fait), tiennent un garage chez eux, ou plutôt une entreprise de réparation de voitures, et font tourner les moteurs, les vapeurs d’essence et les suaves odeurs de peinture tôt dans la matinée. Dois je préciser que leur garage se situe juste à côté de notre terrasse ?
Bien sûr que non, vous l’aviez deviné.
La mère, pauvre petite chose abandonnée, élève dans son coin une marmaille féline du plus bel effet, chacun se reproduisant avec chacun et toute cette joyeuse troupe augmentant d’année en année  pour notre plus grande joie.
Ne nous méprenons pas.
 A la base j’adore les chats.
 Oui mais j’aime encore plus les chats quand ils sont un minimum éduqués et soignés, c'est-à-dire qu’ils arrivent à oublier l’ascendance partagée avec les tigres et qu’ils ne sautent pas sur tout ce qui bouge en feulant dangereusement, avant de vomir dans mon jardin qu’ils semblent préférer au terrain vague de leurs véritables maîtres.
Ah, et j’oubliais le membre le plus bruyant de cette délectable famille de sitcom in real life, le chien ; le chien, caprice de l’enfant lorsqu’il n’était encore qu’un adolescent rebelle fuckant la vie et la terre entière (vous pardonnerez cette expression des plus vulgaires, mais ô combien réaliste par ailleurs), à présent relégué à un rôle indéterminé, dans une niche bâtie en contradiction flagrante avec les lois de la pesanteur, et qui reste dehors jour et nuit, même l’hiver. Cette pauvre bête aboie parfois pendant des heures, elle me fait franchement de la peine, mais à distance bien sûr, puisque c’est également un fauve agressif et galeux.

A présent que le décor est posé, parlons de nos relations. Pendant des années elles furent étrangement calmes, sinon amicales, du moins neutres ; on se saluait le matin, on essayait de faire abstraction des petites contrariétés, bref une agréable paix ; et puis les choses se sont progressivement dégradées. De minimes détails d’abord, des réveils le dimanche matin vers 8 h avec le chant des oiseaux et les rugissements de moteurs, un rafraîchissement des bonjours quotidiens…Puis, la guerre froide, celle qui peut durer des années et occasionner de graves troubles dans l’équilibre domestique, a pris ses aises dans nos vies ; mes parents, qui ne sont pas particulièrement pénibles, mais pas spécialement poires non plus, ont commencé à mettre le hola, ont longuement discuté avec eux pour tenter de mettre les choses au clair…Grossière erreur, tant la plus élémentaire des politesses semble être devenue une irréfragable preuve de mauvaise humeur et de déclaration étouffée de combat : bien sûr, les charmants voisins n’ont pas osé rétorquer grand-chose, puisque le dialogue n’est pas leur point fort, et qu’ils préfèrent manifestement agir, mais si possible par derrière.
Depuis, rien ne va plus. Tracasseries après tracasseries, ils s’attèlent à nous pourrir un peu plus l’existence : des plantes fraîches, toutes récentes, achetées pour décorer notre jardin, pas encore sorties de leurs pots d’ailleurs (c’est dire leur degré de nouveauté), sont retrouvées soigneusement découpées (ah lala, je suis désolée mais si ce sont les chats les coupables, ils ont un sacré compas dans l’œil), des lettres ouvertes dans notre boîte. Bref, des agaceries puériles qui échaudent et énervent.
Voyant tout ceci d’un point de vue le plus externe possible, j’en déduis que certaines personnes s’ennuient gravement dans le courant monotone de leurs vies ; j’ai du mal à comprendre comment on peut trouver du plaisir à ennuyer autrui passée la barra fatidique des 6 ans, mais en même temps, j’ai d’autres sujets en tête que ma prochaine petite pique malsaine…Toute une mentalité petite et un brin ridicule qui me fait sourire.

Autant vous dire que j’étais ravie également de m’exiler dans l’appartement de mon ami, rien que pour ça ; les mesquineries gratuites n’étant pas ma tasse de thé, quand bien même elles seraient uniquement verbales d’ailleurs (la seule concession que je puisse faire à mon tempérament génétique de fille mauvaise langue, c’est de papoter sur les people, potiner, et encore, ça ne dure qu’un temps).
Je peux l’affirmer maintenant en toute franchise, le respect de l’autre est une valeur soit disant inhérente à la nature de l’homme moderne, mais qui pourtant est en train de pérécliter, s’enfonçant dans les méandres de la jungle urbaine. Entre la famille habitant juste au-dessus de l’appartement en question et qui laisse manifestement ses enfants faire du roller dans le salon (je ne peux m’expliquer autrement le bruit de roulettes qui perdure entre 9heures du matin et 4heures de l’après-midi), et celle d’à côté qui laisse tomber à intervalles réguliers des cartons, des affaires ou je ne sais quelle chose lourde et proéminente sur le sol, mon pauvre ami n’est pas franchement gâté.
Ceci étant, je me plains, mais les bruits en question se font surtout entendre dans la chambre à coucher, alors comme je n’y passe pas non plus la majeure partie de ma vie…Cela m’a juste impressionnée la première nuit, en réalité.
D’habitude quand je vais chez lui, c’est pour m’écrouler de fatigue après une soirée, ou justement passer la dite soirée à discuter sur un fond de musique, d’air un peu enfumé par les cigarettes d’autres participants, donc je fais rarement attention à ce qui m’entoure ; c’est la raison la plus évidente au fait que je n’avais jamais encore remarqué à quel point ses voisins étaient épuisants.
Pour vous donner une image plus concrète, en bonne psychotique que je suis, la première nuit j’ai carrément crû que quelqu’un s’était introduit dans l’appartement, et vidait de son contenu la totalité du salon juste à côté.
Sueurs froides garanties (et pourtant, j’avais vérifié 5 fois la porte avant d’aller me coucher. Je sais, je suis gravement atteinte aussi)

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03.05.2008

Le bug du siècle

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Je ne sais pas si vous arrivez encore à vous connecter sur mon blog, mais mon PC refuse catégoriquement d'afficher la page.
Je ne peux ni lire vos commentaires, ni voir la nouvelle note que je suis en train d'écrire.
Etrangement, la partie admin m'est encore ouverte: allez comprendre...

29.04.2008

Stand By

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Je suis en plein dans mes lettres de motivation pour mon master 2 (d’où mes absences sur vos blogs respectifs, je les lis mais je ne commente pas toujours, je sais c’est honteux)
Je pensais que ça allait être hyper facile, vu qu’écrire c’est un peu mon Eden personnel, et que j’ai réussi à trouver des M2 correspondant tout à fait à ce que je compte faire plus tard (entendez par là, ma vie professionnelle mirifique) mais en fait la réalité est toute autre, je rame lamentablement. J’essaie de faire à la fois mature et original, sérieux mais pas rébarbatif, quelque chose qui sorte un peu de l’anonymat sans en faire des tonnes. Et bien ce n’est pas gagné, il m’a fallu presque deux jours pour parvenir à un résultat qui me convienne.
Et mes révisions ont évidemment pris du retard.
Je risque donc, dans les jours à venir, d’être moins présente.
Qui a dit que j’étais en vacances ? ;)

23.04.2008

Holidays, ô Holidays

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La préparation des vacances, c’est souvent tout un art.

En premier lieu, il y a cette envie qui nous taraude et finit par ne plus nous quitter, exacerbée par les beaux jours qui reviennent, l’éclosion des premières fleurs de printemps, un peu fripées encore de leur longue nuit d’hiver, toutes maladroites sur leurs longues tiges trop minces, le soleil que l’on arrive enfin à apercevoir, par intervalles réguliers, au travers des nuages se faisant plus légers, plus cotonneux…La tableau qui s’évade de sa gangue de peinture sèche, effritée, et doucement prend vie.
 Les mois qui passent et les jours qui s’envolent, tout comme les robes évanescentes aux teintes de lys près des trottoirs humides des toutes dernières pluies, les rigoles d’eau sale reflétant en prismes irréguliers les images, comme un second ciel d’été.

Les vapeurs de la ville qui tressautent sous les assauts des pas plus affirmés dans les ruelles, nervurées et murmurantes, sous les sourires qui s’épanouissent.

Et puis il y a cette fin de l’année « scolaire », si on peut dire, cette dernière parenthèse folle et vivace des examens avant la libération, les nuits sans sommeil sous la pesanteur des jours qui s’allongent, le crépuscule écourté par les pages de manuels aux titres rébarbatifs, les oraux brumeux où les questions fusent, entraînant dans leur sillage des balbutiements, des déconvenues, ou un sentiment revigorant, rafraîchissant, de fierté, et toujours, toujours, ces vitres en transparents remparts à l’odeur d’une liberté promise, sur lesquelles les bruits se heurtent en claquements sourds, mais de plus en plus forts. Ce sont des lucioles aux ailes frémissantes de nos rêveries, aux entrelacs colorés de nos désirs, qui butinent ça et là les quelques secondes qui nous séparent d’un renouveau.
Les murmures de la ville s’échauffent et les immeubles eux-mêmes semblent redresser leur stature sous l’effet combiné du soleil et des claquements de sandales, laissant voir un peu de chair, un peu de rose, un peu de nous.

J’aime cette frénésie qui s’empare de nous, la lecture des prospectus aux noms exotiques, les songes délicats, les discussions enflammées ; les idées qui fusent, parfois irréalisables, mais peut être plus belles encore parce que justement, elles sont impalpables ; les discussions vives sur le choix des destinations, les doigts qui maculent des photographies aux couleurs prononcées, et qui achèvent de rider leur surface uniforme.
La pensée qu’un matin, un matin pas si lointain, le réveil va sonner, stridente déambulation dans l’air alourdi de l’été, et qu’au détour d’un quai enfumé, traînant derrière moi une énorme valise, débordante de tout un tas de vêtements ridicules et de choses futiles, débordante d’un trop plein de joie, je vais retrouver quelques amis.
Les talons endoloris par la marche et les mains solidement serrées sur la anse. Les jointures visibles d’excitation mal contenue.

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Ceci étant, je me heurte souvent à des petites déconvenues que je compte bien un jour surmonter : la majeure partie du temps, mes amis, cédant à l’appel du célèbre « sea, sex and sun », portent leur décision sur des endroits paradisiaques, qui fleurent bon le sable, la mer, les embruns et le sol craquelé par la sécheresse…Je ne dis pas que je n’aime pas le Sud (bien au contraire), ce que j’aime en revanche moins c’est toute cette affluence de monde qui vient s’échouer en rangs sur une plage, la brise soulevant des effluves de monoï et de noix de coco, les sempiternelles sorties où l’on s’éclate un maximum, cette frénésie que je trouve souvent complètement surfaite et qui me lasse assez vite. Leur idéal, ce serait plutôt, s’ils pouvaient se le permettre financièrement, les Caraïbes, tout ce qui comporte les termes « îles, mer chaude et piscine » ; or, plus j’avance en âge (écoutez moi parler, on dirait une centenaire, si c’est pas malheureux) et plus j’ai des envies de voyages lointains, mais alors vraiment lointains. Je n’ai pas toujours le désir de passer mon temps vautrée à attendre désespérément que le soleil fasse son effet (je peux l’attendre toute la vie, je ne suis pas rousse, à mon grand désespoir parce que je trouve cette couleur de cheveux magnifique, mais par contre j’ai tous les inconvénients qui vont d’habitude avec, à savoir une peau laiteuse qui rougit, pèle et n’en fait qu’à sa tête), ou à barboter dans l’eau, aussi agréable soit elle ; j’aimerais bien qu’on alterne un peu.

J’ai envie de changement, d’aller justement à contre-courant, de ne pas faire comme tout le monde et de ne pas vivre selon un héliotropisme pesant. Des envies de forets touffues de silence, de feuillages en velours verts et de puits de contes de fée, où l’onde stagnerait, en dessous d’une mince couche d’herbes et de siècles passées.

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Des envies de villes à l’architecture tremblante, aux lignes grimpantes et baroques, de dalles de marbre et de mousse légère, de celle qui ne pousse que dans les endroits isolés, anciens, chargés d’histoire et de sens. De musées et d’œuvres d’art, de regards qui croisent, l’espace d’un instant, celui du peintre, transcendant les âges et les époques, d’une connivence certaine ; de mains de sculpteurs modelant l’univers et le monde en argile boueuse, de paumes calleuses sous les reliefs d’une statue inerte.
De glaciers sauvages, sur lesquels rien ne pousse jamais, mais où peuvent s’accrocher les songes, et le ciel ; qui déchirent l’eau en parcelles, en miroirs aux reflets incertains. De l’immensité d’une salle de bal, d’une cour Autrichienne, et de l’écho d’un frottement soyeux, celui d’êtres disparus aux éclats de pierreries trop riches.
De ruines mélancoliques, les arêtes tranchantes et la silhouette déliée, d’une harpe aux cordes d’or, et du souffle d’une cornemuse.
Et l’étendue d’une neige abondante, plus blanche que dans mes souvenirs, immaculée de traces de pas, scintillante faiblement aux pieds de sapins…Et l’odeur d’un chocolat brûlant, dont la fumée fait monter les larmes aux yeux, là où perlent des larmes de froid….
De magie, d'illusions, d'étincelles.

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Bien sûr, la plupart du temps quand je propose mes destinations, tout le monde me regarde comme si j’étais prise de folie (il faut dire que côté extatique, je m’emballe assez vite, j’y mets les formes, les soupirs et la gestuelle bien comme il faut) : comment ça, partir en Laponie en plein mois de Juillet ? Quoi, faire une croisière en Norvège ?
Le concept ne les emballe pas plus que ça, mais comme par ailleurs ce sont des gens charmants et que j’ai cette prétention, au demeurant tous les jours vérifiée pour mon plus grand plaisir, qu’ils m’aiment malgré mes excentricités, on finit toujours par tenter de trouver un compromis : pour l’instant, je n’ai pas encore réussi à motiver la troupe pour la Laponie (ni la Russie non plus, pauvre de moi) mais je ne désespère pas d’y arriver.
J’ai aussi la chance de mon côté.
L’an dernier nous sommes parties avec 2 amies près de Bilbao, la température n’a pas dépassé les 20 degrés et la plage faisait triste mine sous la grisaille du mois d’août…

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03.04.2008

Le jour où l'Héroïne rencontra Mister Big

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C’est une constante dans la vie d’une fille, d’une femme, d’une épouse, d’une amante ou d’une mère. Même pour qui ne croit guère en la fatalité, les sceptiques, les audacieuses, et les repenties de l’amour, celles qui jurent que cette fois-ci, on ne les y reprendra plus…Des corbeaux au pelage féminin, aux parfums chatoyants et aux larmes faciles.
Tout le monde, à l’instar de Carrie, l’étendard vibrant de ces dernières années, a connu son mister Big.
Sauf que parfois, le Mister Big en question, par une triste ironie du sort ou un penchant certain pour le sadisme latent, se mue, au fur et à mesure des semaines et du temps qui s’écoule, en un Mister Too Much.

Mon Mister Big, si tant est qu’il m’ait appartenu un jour, ce dont je doute fortement, n’étant pas de celles qui s’imaginent que les êtres humains, à fortiori les hommes, sont des choses fongibles, interchangeables et monnayables (je sais, mais que voulez-vous, je ne vis pas avec mon temps), mon Mister Big, donc, était un vrai modèle du genre. Une référence en la matière du grand n’importe quoi névrotique.
Je ne sais pas si je dois être fière d’avoir participé à sa transformation, tel un papillon de nuit particulièrement vorace, ou parce qu’il me permet aujourd’hui de me gausser allègrement sur mon blog de la fragilité psychotique de la gent masculine.
Ou bien, peut être, un peu triste en y resongeant.

Bref, tout cela mérite et demande explications.
Quand même, je ne peux me contenter d’énoncer de telles énormités pour les laisser retomber ensuite en un soufflet de mots des plus délectables, mais avec un arrière goût d’inachevé, point nenni. Alors allons y (j’adore utiliser la première personne du pluriel et vous associer, ô lecteurs, à mes pérégrinations intellectuelles ; cela renforce le côté communautaire et communautariste dont traitait, il y a quelque temps, Petite Marquise)
Pour plus de clarté et de précision dans le portait (vitriolé) de cette douce et affable personne, j’emploierai le présent dans la suite de cet article, histoire que les descriptions paraissent plus vivantes et que vous puissiez vous esbaudir sur mon sens consommé du détail qui tue. Ne me remerciez pas, c’est un plaisir toujours renouvelé.

Mister Big est blond. Jaloux de sa chevelure qu’il s’imagine divine (ou, peut être, prévoyant quant à la calamité future qui guette bon nombre de ses congénères, à savoir la calvitie précoce faisant d’emblée perdre quelques points sur l’échelle du sex appeal, même avec un gel douche et un déo Axe), il l’arrose copieusement de divers produits destinés à la lustrer ; sur ce je ne peux rien dire, étant donné ma condition de femme, je possède moi aussi mon quota de sottises shampouinesques …Sauf que quelque chose nous sépare, quelque chose qui devient très rapidement on ne peut plus pénible (et risible, mais n’allons pas trop vite) : le fameux et fatidique « ne touche pas à mes cheveux une fois qu’ils sont peignés »
Oui, Mister Big est aussi un grand amateur du gel spécial Mâle Viril, qui fait censément ressortir ses bouclettes ou la brillance naturelle de son opulente crinière.
Même si par ailleurs, comme toute œuvre d’art digne de porter ce titre, il ne faut surtout pas ne serait ce que l’effleurer, et se contenter d’admirer avec ses yeux (si possible énamourés)
Ca tombe bien, je ne suis pas du genre tactile. 
Mais enfin, vous avouerez que ça jette un froid, quand même.

Mister Big est un puits de science. J’admets sans réserve aucune que c’est une de ces qualités qui, en général, m’attirent, bien plus qu’un physique avantageux (éphémère, et souvent vecteur d’un nombrilisme aigu, du genre à se sentir obligé de tester son pouvoir de séduction sur ce qui ressemble le plus, de près ou de loin, à une Femme).
Sauf que, tel le puits bien nommé que je viens de citer, Mister Big est une profonde cavité sombre où résonnent par intermittence ses propres rodomontades en tout genre. Car il n’y a rien que Mister Big aime tant, que de s’écouter discourir, dialoguer avec lui-même, en somme user de ce bon vieux prétexte théâtral qui s’appelle en langage courant un monologue. En réalité dans une relation quelle qu’elle soit, ce qu’il recherche n’est pas vraiment une bouche pour lui répondre, mais bien une oreille solitaire dans laquelle déverser ses réflexions, sa journée de travail et sa vision du monde. Peu importe l’opinion de la personne en face de lui, tant qu’il peut à loisir user de la fonctionnalité « ouïe » en omettant lentement mais sûrement la faculté de l’autre à lui parler en retour.
Mister Big n’a évidemment rien compris aux relations sociales, et possède un univers ou du moins un brouillon d’univers manichéen dans lequel la bilatéralité a peu à peu disparu au profit du linéaire crétin.

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Mister Big est d’une atroce mauvaise foi. D’après mes connaissances relatives en la nature masculine, il semble que ce défaut soit monnaie courante, d’ailleurs je confesse, sereinement, que j’en suis tout autant victime, en général j’ai horreur d’avoir tort (même quand, reconnaissons le, j’AI tort. Je n’ai jamais prétendu avoir un caractère des plus faciles, en même temps)…Mais chez Mister Big, cette incroyable facilité à démontrer à son adversaire, via d’épuisantes joutes verbales stériles, qu’il est dans son bon droit, prend une tournure quasi schizophrénique : il n’hésite ainsi pas à détourner la conversation et à l’amener sur des terrains glissants qui vont, en toute connaissance de cause, les mener tout deux droit dans le mur avec pertes et fracas.
Par malheur pour cette adorable personne, habituée à une certaine forme de lâcheté (ou de sagesse, je suis encore partagée sur la question) féminine, je lâche très rarement prise. Et je peux devenir terriblement venimeuse, qui plus est.
ô Joie de la vie à deux, je ne le répèterais jamais assez.

Mister Big est irrémédiablement immature. Sous le couvert des grands classiques dont il se plait à décortiquer les principes, les tenants, et les aboutissants, comme si la littérature était toujours une affaire de raisonnement et, jamais, ô grand jamais, une histoire de ressenti et d’émotions, il reste ancré dans une adolescence à rallonge dont les principales preuves résident dans son incapacité notoire à construire une amitié durable, un amour non bancal, à faire des concessions qui sont, selon de nombreux auteurs, la pierre angulaire des relations réussies. Oh que non. Boudeur jusqu’à l’extrême, chevalier de l’absolu en tout, il traverse de grandes crises passionnelles et de sourds et silencieux passages à vide, et n’admet en aucun cas que la parole, parfois, ça peut aider. Considérant, toujours dans une optique Caliméresque, que le monde entier lui en veut et est totalement incapable de percevoir la profondeur et l’éclat de son génie, il tourne ainsi le dos à tous et préfère à une franche discussion un regard sournois vaguement mesquin, suivi d’un haussement d’épaules fataliste.
Après, essayer d’être gentille, quand ce n’est pas franchement le fond de votre propre caractère vous semble une corvée interminable, j’irais même jusqu’à dire avilissante ; comme une aumône jetée aux ronces, en somme.

Mais le pire chez Mister Big, ce qui motive finalement l’écriture de cet article (outre le fait avéré que vous écrire me détend et que ça me manquait, et oui, on s’habitue vite à ces relations de blogosphère, microcosme de notre société), c’est sa facilité à porter un masque. D’un certain point de vue, tout le monde se voile partiellement, taisant et conservant jalousement le détail de son caractère dans un but qui m’a toujours un peu échappé, si ce n’est la crainte tangible de périr seuls, mangés par ses chats de gouttière ou ses labradors affamés, crainte qui m’effleure parfois mais ne me fait guère reculer sur mon célibat voulu, souhaité, et soigneusement cajolé. Mais certaines personnes sont passées maîtresses dans l’art du tissu opaque, celui qui déforme les traits du visage comme ceux de l’âme, et dresse un portrait flatteur, mais lacunaire, de la personnalité.
Puis, quand le rideau se soulève, ramenant entre ses plis lourds et usés des moutons de poussière, comme autant de failles, de faiblesse et, disons le honnêtement, d’insondables défauts, c’est toujours en entraînant une crise violente d’allergie rédhibitoire.

Le jour où j’ai rencontré Mister Big, j’aurais mieux fait de tourner les talons et de l’abandonner à lui-même. Narcisse des temps modernes, au miroir figé en une caricature flatteuse.
Je ne suis même pas persuadée que cela ne lui aurait pas plu, en fait…
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18.03.2008

Detoxificationne-moi

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Préliminaire : je sais que ce mot n’existe pas, mais ça sonne bien comme titre. Vous me pardonnerez cette faiblesse matinale d’un mardi bien chargé.

Dans les magazines féminins que j’aime lire tout en affirmant haut et fort le contraire (mais quelque part, je suis une fille aussi, cette anormalité ne devrait pas vous poser d’immenses problèmes éthiques), si on occulte le sempiternel article sur « comment perdre 5 kilos en 4  jours et sans avoir faim » (attrape nigaud du plus bel effet mais qui a sans doute le mérite de vendre un peu de rêves à nos cuissots ramollis par la période cocooning d’un hiver frileux), on trouve souvent, à côté de publicités mettant en scène des filles somptueuses à la peau parfaite (là il faut s’imaginer que je soupire de jalousie derrière mon écran, tout en tentant de me remonter le moral en me rappelant de l’emploi abusif de photoshop) et aux chevelures brillantes sponsorisées Nutri Gloss (vaste fumisterie que ce produit, au passage), l’habituel couplet des stars en manque de reconnaissance, qui s’imaginent que le contenu de leurs assiettes respectives et de leur non moins respectives trousses de toilettes nous intéressent grandement.
Bon, d’accord, je fais de l’ironie mais en fait ça m’intéresse un peu quand même. Surtout quand elles nous donnent la liste interminable de produits onéreux que je n’achèterais pas dans mes rêves les plus fous et qui doivent être bourrés de trucs chimiques en plus. Mais de tout ce fatras un brin ridicule ce que je retiens le mieux, c’est les secrets de la détoxification : là on atteint des sommets dans le grand n’importe quoi.
Ceci étant dit, comme je n’en suis plus à quelques contradictions près, j’ai moi aussi décidé, pour des raisons que je vais vous expliquer, de mettre en pratique les divins conseils qui me sont procurés si gracieusement par Aniston et consorts.

Pourquoi, me demanderez-vous, pourquoi diable est ce que je me sens dans l’obligation majeure de tester ces techniques machiavéliques incluant fatalement l’absorption d’un verre d’eau chaude agrémentée d’un jus de citron acide dès le lever, de grignoter des feuilles de salade et de la mâche au moment des repas alors qu’autour de moi tout le monde s’empiffre de sandwichs débordants de gras et de mayo, faisant semblant d’apprécier l’amertume de la dite laitue tout en récitant mentalement les règles d’or de la « détoxification qui fait du bien à ton corps pendant une semaine » et en buvant ma décoction de queues de cerises dans ma thermos (oui, je caricature un peu. A peine en fait…Je flotte dans la bouddha attitude en ce moment c’est à peine croyable, je crois que l’attente névrotique de mes résultats d’examens qui tombent demain me place dans un état schizo, entre Gandhi et Jack l’Eventreur dans leurs meilleurs jours. Mais là n’est pas la question, je m’égare)
La réponse est simple, et à elle seule justifie amplement les dégâts causés à ma vie sociale et même à mon existence tout court, ne soyons pas radins.
Parce que samedi ET dimanche (vous remarquerez l’emploi non subversif de la conjonction de coordination inscrite en lettres capitales), je SORS DE MA TANIERE.

Mises à part quelques vagues soirées pendant lesquelles je me débattais entre une envie folle d’envoyer en l’air quelques uns des principes qui me bouffent la vie, à savoir « va travailler sale feignasse si c’est comme ça que tu vas réussir ta vie tu veux finir à la rue, hein, c’est ça que tu veux », charmante rengaine de ma Jiminy Criquet de conscience foireuse, et ma culpabilité dévorante, je n’ai pas fait grand-chose depuis la rentrée. Et, nous serons tous d’accord sur cet éminent problème, la rentrée ça remonte tout de même.
Les personnes que je vais enfin revoir, c’est à peine si ils n’ont pas oublié les traits de mon visage (évidemment, c’est une plaisanterie, je ne peux concevoir qu’on m’oublie aussi aisément ), le fait de penser à tout ce week end à ne faire que ce que j’ai envie, et avec des gens que j’aime, me rend à la fois nerveuse et émoustillée, j’ai l’impression, au demeurant très fausse mais bon ça je le sais, merci, que je vais presque être en vacances.
Oui, c’est pathétique.

Mais ce qui est encore plus pathétique ce sont les efforts que je fais pour paraître le plus possible à mon avantage pendant ces 2 JOURS, vous n’imaginez même pas à quelles extrémités j’en suis réduite, c’est effroyable de sottise : outre la détoxification censée, je dis bien censée, me donner un teint miroitant d’ici quelques jours (y a intérêt parce que j’ai du mal à renoncer à ma brioche du matin), et faire disparaître les traces de mes insomnies post interros-concours-examens (rayez la mention inutile, mais pour dire toute la vérité les 3 propositions résument très bien les mois écoulés), j’ai claqué un fric fou pour m’offrir une tenue appropriée (comme si j’allais dîner a la Tour d’Argent, grands dieux de l’Olympe…) à noter toutefois que j’ai eu du mal à m’arrêter une fois le processus enclenché et que je me retrouve dans la douloureuse situation d’avoir fait les soldes après les soldes (on applaudit bien fort mon abnégation et mon amour pour le marché intérieur de notre pays), j’ai caressé l’idée d’aller prendre rendez-vous chez un coiffeur mais, par crainte d’un quelconque désastre capillaire, du style coupe ultra dégradée alors que mes cheveux bouclent, frisent aléatoirement, et qui me ferait immanquablement ressembler à une loutre morte, je me suis abstenue…

Des fois je me fais cette réflexion subliminale (et confondante d’intelligence, cela va sans dire) que c’est aussi bien que je sois célibataire…
Je me demande combien de temps je mettrais à préparer un simple ciné.
Probablement deux semaines.
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10.03.2008

Paillette ta vie!

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Il me semble l’avoir déjà dit dans un article précédent, mais au cas où ce fait aurait échappé à certains d’entre vous, je tiens à le repréciser : parfois, je suis tellement une vraie fille que je me fais honte à moi-même.
 Cela ne me coûte pas grand-chose d’en parler, ce d’autant plus que cela flatte diablement mon côté égocentrique.
En ce triste matin de dimanche, alors que d’autres dorment encore sous l’abri moelleux de leur couette, draps et couvertures divers.
Alors que l’aube, respectant la tradition des mois de mars frileux, hésite encore entre l’ombre bienfaisante, et la lumière embrumée de quelques nuages.
Alors que je me retrouve face à mon énorme manuel d’institutions administratives, en attendant que l’inspiration vienne à moi, ou du moins, si elle me fait l’affront de dédaigner ma petite personne pourtant ô combien importante,  que l’ensemble de ces quelques 300 pages s’imprime intégralement dans mon esprit, le tout en l’espace de cette délicieuse journée.
Extatique, non ?

En ce matin donc, j’ai bien envie d’une petite note joyeuse, légère et sans fioritures. Juste comme ça, pour me redonner ensuite du cœur à l’ouvrage.
Et de vous parler cosmétique.

Oui, je sais, cela s’agence fort mal avec mon propos précédent, à savoir où va ma vie, où va le monde, et pourquoi diantre suis-je aussi manifestement incapable de m’y sentir vraiment à l’aise. Mais je ne vous apprendrais rien, souvent, femme varie.
Et la variété, rayon cosméto, il faut bien avouer que ce n’est pas ce qui manque (admirons tous au passage la grâce de cette transition...Une seconde de silence s’impose, en hommage à cette marque indélébile d’une puissante et profonde intelligence. Si un professeur chargé de corriger les copies de mon concours a la chance de tomber sur mon blog – même par hasard, je suis prête à ne pas lui en vouloir- j’espère qu’il reverra mes élucubrations sur le commissaire du gouvernement à la hausse, faisant ainsi preuve d’ouverture d’esprit et de bonté d’âme. Merci.)
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Alors, discutons, discutons.
En période d’énervement Jupiterien, ce genre de moments où la majeure partie de mes consoeurs se jettent sur la dernière tablette de chocolat, j’ai tendance à acheter des choses absolument inutiles, et qui me plongent dans la perplexité la plus totale après coup (sans que cela ne dépasse mon budget toutefois, je ne sais pas encore comment j’arrive à réitérer cet exploit…Peut être parce que la plupart de mes achats consistent en ce que j’appelle amicalement et avec beaucoup de tendresse, des « petites merdouilles » genre bains moussants, peignes ridicules et stylos 10 couleurs « spéciaux je retombe en enfance »)
En ces périodes si valorisantes pour le soi intérieur, je me laisse aisément avoir, volontairement toutefois, par les dernières innovations cosmétiques, leurs publicités mensongères qui ne m’empêchent toutefois pas une seule seconde de tester le produit, avec un sourire d’absolution envers moi-même.

Mes dernières trouvailles sont au nombre de deux : tenez-vous bien, je préviens, c’est quelque peu…Poétique, je dirais.

La première se cache sous un emballage bleu layette du plus bel effet, et porte le délicat petit nom de « déo purifiant aux capteurs d’oxygène ». Oui, de Bourjois, je vois que cela ne vous rend pas indifférents. Oui oui, capteurs d’oxygène, vous avez bien lu : selon l’étiquette, qui prouve encore une fois que le ridicule ne tue pas, mais qu’il se consume dans les mains des acheteuses effrénées, il s’agit, en l’espèce, d’absorber l’air qu’il y a autour de nous, qui nous environne, pour l’enfermer dans des petites microbilles sous nos bras.
La fraîcheur Narta n’est plus du tout dans le coup, elle peut aller se rhabiller.
Rendez-vous bien compte, toute la journée on se balade avec des mini coussinets style air Fresh, bien calés au creux des aisselles, et qui font respirer la peau…
Je vous laisse quelques minutes pour vous remettre de cette révolutionnaire nouvelle.
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C’est fait ?
Passons donc à la suivante.
La seconde de mes trouvailles est encore mieux, dans le genre « attrape-nigauds » de premier ordre : Happyderm, qui promet que, lors de nos joyeux tartinages matinaux, nous pourrons désormais faire glisser sur notre peau les molécules du bonheur. A mon humble avis, le service marketing devait comporter un bon nombre de ses agents bourrés, pour oser énoncer de telles sottises. Et croire qu’on allait se laisser embobiner aussi facilement.
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Et bien, n’empêche. Il n’empêche que ça MARCHE. Je ne parle pas de l’effet soit disant purificateur des billes menthol extra fort, ni des molécules des 3 Cimes du Plaisir, ça, on sait tous que ça ne fonctionne que dans la tête.
Ce sont vraiment de bons produits.
Sérieusement. Surtout la crème l’Oréal d’ailleurs, et je sais de quoi je parle, vu l’extrême sensibilité de ma peau, qui a tout subi ces dernières années, et faisait triste et pâle figure il y a quelques mois de ça.
Mais ce n’est pas tout. J’ai surtout découvert que les produits en question contenaient des micro-paillettes, ce matin.

Tout cela m’amène (dans un style fort décousu en apparence, mais en réalité savamment étudié pour déstabiliser mon côté pseudo intello qui a fâcheusement tendance à s’exacerber pour rien) à la pensée que, parfois, il en faut trop peu pour être heureux (oui, c’est une maxime de Baloo. Mais Baloo, c’est un peu mon maître à penser, quand j’oublie Nietzsche…)
Et qu’il suffit de quelques grains de lumière pour sourire.
Alors, pailletons en chœur.
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26.02.2008

Le site déprime, et nous aussi

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Ce n'est pas pour dire que je n'aime pas ce site (je serais terriblement gonflée de tenir ce genre de propos étant donné que je viens tout juste de m'y inscrire), mais force est de constater que mon amour n'est pas réciproque.
Je me connecte et que vois-je?

Je n'ai plus de bannière, et il m'est impossible de la remettre vu qu'à chaque fois que je tente l'expérience, le site plante, ou met plus de 10 minutes à charger mon image.
Quelqu'un aurait il une suggestion à me faire, avant que je ne tombe en dépression?

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