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28.03.2008
Petits Petons et Bibliothèques en folie

Il faut absolument que je vous raconte ma journée d’hier.
Avouez que comme entrée accrocheuse (et vaguement racoleuse aussi, mais ne commençons pas à jouer sur les mots, sinon ça ne va jamais finir et je vais m’enflammer toute seule, vous perdre, et me perdre avec) on a rarement fait mieux- ou pire, mais tout dépend de l’endroit où vous vous placez, et votre humeur aussi, cela va sans dire-
Ne serait ce qu’en hommage à mon blog, que j’aime beaucoup mais que, à mon grand dam (saluons au passage l’emploi inopiné d’une formule à l’ancienne sortie de sous les fagots), je n’ai pas le temps de mettre à jour aussi souvent que je le voudrais (et l’Olympe, tout ses Dieux et même L’Enfer et cette pauvre Perséphone, savent à quel point j’adore bavasser à tout va, surtout pour dire des choses inintéressantes pour toute autre personne que moi-même, mais qui me plonge à chaque fois dans un état de béatification avancée)
Ne serait ce que par sentiment de culpabilité, lorsque j’observe avec attention mes lectures Internet préférées (colonne de droite, merci à vous ô Lecteurs de faire cet effort à ma place, car je n’ai pas encore compris comment on insère un lien dans un texte. Ceci étant je ne désespère pas) toujours informées, dûment remplies d’une foule de petites choses, de critiques ou de coups de cœur, alors que je peine lamentablement pour contenir ma fringale d’écriture AVANT d’avoir achevé mon travail de recherche ou de rédaction parfois bien fastidieux, et que, quand j’ai enfin terminé mon pensum, et bien il est déjà une heure du matin.
Ma vie est absolument mirifique, j’en suis à la limite de m’auto-envier, tout de même, mais n’anticipons pas sur les fleurs que je m’envoie quotidiennement, j’y viendrais bien assez tôt dans un proche article.
Allons, reprenons nos esprits.
J’en étais donc à l’illustration on ne peut plus parfaite de ce que j’étais en train de vous énoncer (je suis sûre qu’en me forçant un peu je peux faire une phrase encore plus longue, mais par commodité de lecture je vais essayer d’abréger) : l’amplitude démentielle de ma non moins démentielle existence…Oui, je sais, démente serait plus juste, mais ça ôte d’un coup le côté glamour que je tente de cultiver sur cet espace personnel, donc bon, nous éviterons pour cette fois le jeu de mot facile et arrivons directement au sujet du jour.
Sujet du jour : les profs de droit auraient-ils une propension naturelle à gâtifier ?
Notez bien que je ne demande pas ça dans le but inavouable de me gausser allègrement de mes éminents professeurs qui daignent me parler de sujets aussi complexes et variés que l’apport de Hobbes et de son Léviathan dans la philosophie juridique et de pourquoi donc le commissaire du gouvernement français ne peut il faire comme ses potes de l’Union Européenne et respecter cette satanée convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme maintes fois copiée, jamais inégalée, au lieu de faire condamner notre pays chaque année, bon sang ? Tout d’abord, si on ôte le côté foldingue du travail qu’on nous somme d’abattre sans rechigner, avec le sourire, et même si on peut en exécutant un triple salto arrière, j’aime énormément ce que je fais, c’est passionnant. Ensuite, j’ai bien conscience (même si des fois j’aimerais l’oublier un peu, mais que voulez-vous, j’ai une mémoire des plus sélectives) que les dits éminents monocles à barbiche savamment cravatés ont une culture hallucinante, et bien sûr une carrière honorifique que, il faut bien le dire, je n’aurais jamais…Non, vraiment, je n’ai aucune pédagogie, n’insistez pas.
Seulement parfois je m’interroge sur le bien fondé de certaines démarches hautement intellectuelles mais totalement dénuées de sens commun qu’ils nous font subir, et que nous subissons d’ailleurs en tendant l’autre joue et en minaudant, faibles et masochistes créatures que nous sommes.
Donc, la dernière trouvaille en date d’un de ces charmants représentants de l’espèce précitée place d’emblée la barre haute, je crois très sincèrement qu’il va leur falloir redoubler d’imagination et d’inventivité pour les tds de la semaine prochaine.
Pourquoi, mais pourquoi, me demanderez-vous tout émoustillés par la pensée d’une découverte faramineuse sur les mœurs décadentes des étudiants en droit, pensée qui, à n’en pas douter, éclairera votre journée d’une lumière nouvelle ?
Parce que, je vous pose le problème et ensuite ce sera à vous de juger (il est évident que vous avez votre libre arbitre, mais ne soyez pas trop en désaccord avec moi non plus sur cette épineuse question, point trop n’en faut ;)) dans nos fiches adorées qui chaque semaine nous plongent dans les affres d’une angoisse week endesque, il y a les sempiternels documents que nous sommes censés apprendre par cœur, à savoir la date, la portée de la jurisprudence si c’en est une ou la biographie complète de l’homme politique qui énonce cet alléchant discours si c’en est un, mais ce n’est pas tout, oh que non, la tâche serait bien trop aisée.
Vous y avez crû, n’est ce pas ?
Moi aussi des fois, avant de recevoir la fiche, je m’illusionne deux secondes sur son contenu. C’est beau de rêver.
Il y a aussi l’Affreuse Liste de Bibliographie. Liste non exhaustive, s’étendant largement sur une page recto verso, énonçant fièrement, tout ça pour nous plomber le moral, d’obscurs titres de manuels inconnus datant de 1995 (alors qu’on nous serine depuis 4 ans qu’il faut toujours avoir des textes à jour, surtout en ce moment avec toutes les réformes mises en place et l’engouement soudain de notre président pour les rapports et les révisions constitutionnelles- peut être que finalement ça lui manque, ses études juridiques, allez savoir, moi aussi quelque part ça me manquerait-). Au début j’ai rigolé en me disant tout bas que, rien du tout nada, il n’était pas question que j’aille m’encrasser les méninges avec des discours poussiéreux juste pour pouvoir me la ramener à tout va en td et faire genre je suis super à l’aise sur tous les sujets (syndrome très en vogue chez les étudiants de ma fac, d’ailleurs).
Oui, je me suis bien marrée jusqu’à ce que le prof, haussant un sourcil évocateur à l’encontre du ramassis de pouilleux incultes que nous représentons, assène doctement que la liste en question, si il s’était foulé à la mettre dans sa fiche, ce n’était pas pour une simple question de décorum.
Ah, ouais.
Donc, depuis quelques semaines, je passe les rares après-midi que j’ai de libres (enfin, libres, tout est relatif en ce bas monde, je voulais dire par là les jours où je rentre chez moi à des heures décentes et où je peux travailler sérieusement) à chercher dans notre bibliothèque surchauffée et bruyante en plus ( des fois, je dis ça en passant, j’ai du mal à saisir le concept du « je pose mes affaires à la biblio, je sors prendre un café puis répondre à mon portable, m’en fumer une, taper la discut avec deux ou trois stressés de la vie avant d’aller déjeuner » propre à certaines personnes. C’est beaucoup trop avant-gardiste pour moi) des bouquins énormes, lourds et laids, et vieux en sus, que je dois éplucher pour photocopier pendant deux heures les pages qui m’intéressent, ce qui est une manière tout à fait sympathique de dépenser son argent.
Bon, jusque là rien de bien méchant, surtout qu’en général je me débrouille pour y aller avec des copines donc le travail est scindé, et puis on se sent solidaire, soutenue…J’allais dire aimée, mais je vais me calmer.
Non, là où ça se corse, c’est quand les manuels en question n’existent pas, ou n’existent plus. C’est toujours un grand moment de rigolade estudiantine (je suis ironique, là, n’est ce pas) et de malédictions lancées envers le prof qui, pendant ce temps, est en train de tancer vertement un autre groupe de master ou peut être de pondre un autre chef d’œuvre littéraire qu’il nous faudra, pour ne point lui déplaire, apprendre par cœur.
Et bien, cette semaine, le point culminant est arrivé devant nos yeux ébahis : déjà, le sujet porte sur un point de cours qui n’a jamais été abordé ; ensuite, on en parle nulle part dans nos livres de chevet (il faut comprendre par là les manuels divers achetés en début d’année et qui nous servent de référence ultime) ; et enfin, à la fac il n’y avait AUCUN bouquin qui correspondait à la plaidoirie que je suis censée préparer pour mardi.
Mais, comme nous sommes habitués depuis le temps à de tels revers de fortune, nous ne nous sommes pas écroulées par terre en gémissant sur notre triste sort, nous n’avons pas mis le feu à la fac telles des Mme Rochester à demi folles, nous avons décidé d’aller jeter un coup d’œil dans les autres bibliothèques, j’ai nommé Cujas, la BNF, et Beaubourg.
Naïves enfants…
5 heures plus tard, des milliers de pas plus tard, pas rendus aisés par le port de nouvelles bottes pour ma part (oui, je sais. Mais en même temps, je n’étais pas censée traverser tout Paris, donc voilà. Je suis crevée là rien que d’y repenser ;)), des tonnes de revues juridiques chiantes à en manger sa jupe, les étagères en bois et le carrelage avec, lues et relues, des sites internet consultés et autres joyeusetés…
10 pages de conneries.
Calculez le rendement.
Le pire dans toute cette triste affaire, c’est que maintenant j’ai les pieds tout gonflés.
Accessoirement aussi, je vais devoir me contenter des pages en question pour constituer ma plaidoirie.
En fait, vous savez quoi ?
Et bien je m’en fiche, je sors quand même demain.

20:26 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
26.03.2008
Jupes et Conséquences

Tout d’abord je tenais à m’excuser moi-même de mon silence de ces derniers jours : pour ma défense, je dirais qu’ayant peu été chez moi ce week end, il est difficile de tenir à jour un blog, ce d’autant plus quand on demeure chez des amis à qui on ne voudrait surtout pas parler du dit blog…Non pas que j’en éprouve une quelconque honte, notez bien ; seulement pour l’heure l’anonymat est relativement reposant, et j’aime cette aura qui, au-delà des écrits qui nous découvrent toutes un peu, nous entoure d’une gangue de mystère. Je suis intimement persuadée que, si vous me connaissiez tous, le plaisir à me lire (ou non, mais mon égo a tellement été reboosté ces quelques jours passés hors de mon antre de travail et mon petit enfer personnel -dixit Sartre-, que je ne peux même pas ne serait ce qu’imaginer que vous n’ayez aucun plaisir à lire mes élucubrations quasi quotidiennes, alors que de mon côté je me délasse et me délecte de vous écrire) serait différent, plus ténu, peut être moins objectif…Sur le site dont je vous avais déjà parlé, nous organisons des rencontres durant l’année, et j’ai longtemps hésité à m’y rendre, de crainte que l’adéquation entre le personnage que j’y jouais (c’était également, outre le côté artistique fortement développé, un forum de rôle play) et la personne que je suis réellement ne se fasse pas, ni dans l’esprit des interlocuteurs, ni même dans l’image que je me renvoyais, ou que véhiculaient mes écrits.
Bien, bien, je suis en train de parler d’une chose qui n’a rien à faire dans cet article, comme d’habitude. C’est fou ce que mes introductions, censément pertinentes, pleines de bon sens, et formant la ligne directrice majeure de mes articles, se perdent vite dans le grand n’importe quoi ; ça doit constituer une preuve non équivoque de ma célérité cérébrale et matinale.
Bref.
Il est bien évident que vous aurez droit (que vous le souhaitiez ou pas) à une narration complète de mon week end de Pâques, durant lequel j’ai farouchement, prise d’une sorte de transe post examens post-déprime, émis la conviction que dorénavant je m’accorderais un jour par semaine pour revoir les visages des gens que j’apprécie. Il m’a quand même fallu presque un an pour en parvenir à cette conclusion des plus fracassantes, cette aumône que je m’octroie à moi-même et qui, en toute logique, devrait exister depuis belle lurette, nonobstant ma culpabilité mal placée qui me pousse toujours à me retrancher derrière mes manuels poussiéreux comme s’ils pouvaient constituer une barrière solide et étanche au monde extérieur…Je suis un peu cinglée, en définitive.
Mais ça, vous le saviez déjà.
Mais ça, ce n’est pas la thème de mon post du jour.
Que nenni.
Aujourd’hui je vais vous parler d’une chose mirifique, qui plonge la plupart du temps la gent féminine dans les affres de la recherche psychotique et par là-même, leurs homologues masculins dans les douleurs d’un questionnement existentiel un brin névrosé à propos de la folie inhérente à la nature « fillesque » : comment et pourquoi trouver la Bonne Jupe pour une soirée.
Si tant est que vous aimiez les jupes, les robes, ces attraits ultra glamour qui peuvent malheureusement, et ce dans un laps de temps défiant toute concurrence, nous métamorphoser en prêtresses du Mauvais Goût et de la pouffiasserie dans toute l’étendue de sa splendeur.
La Bonne Jupe est celle qui, loin de faire de nous autres pauvres femmes les Grandes Prêtresses précitées, si possible accessoirisant leur tenue au choix trop courte, trop moulante, de collants en dentelles vulgaires et de bottes à talons vertigineux tout aussi désopilants- et laids de surcroît-, des êtres d’une grâce et d’une élégance infinie, daignant se mêler au commun des mortels et à la foule grouillante de ces personnes indéterminées par un caprice passager.
Vous avez compris l’idée.
Pour ma part j’ai une nette préférence pour les coupes légères, aériennes, qui m’entourent d’un flou artistique et évitent de tirer sur les contours du corps comme pour achalander un quelconque mâle en rut : la longueur importe peu en soi, même si de par ma taille gigantesque (je ne dépasse pas le mètre 60 tout à fait entre nous…Il va de soi que je nierais farouchement, dans mon quotidien, cette affirmation tout à fait véridique mais qui ne sied guère à ma grandeur spirituelle –oui, comme je vous le disais précédemment, je plane dans l’autosatisfaction béate, là-) on m’a toujours savamment énoncé qu’il valait mieux éviter les robes ou jupes trop longues, parce que ça casse la silhouette et me fait passer du stade de déesse à celui de rase-mottes. Oui mais moi j’aime beaucoup le style ancien, vaguement rétro, des dernières collections aux tissus diaphanes, le buste féminin mis en valeur et les pans des tenus retombant souplement au sol comme une traîne royale, ça réveille mon côté Grec (je ne suis PAS grecque, n’empêche que quand j’étais enfant je dévorais tout ce qui avait un quelconque rapport, de près comme de loin, à cette civilisation et à sa mythologie désuète, si rafraîchissante, pleine de Dieux suintant la jalousie et la concupiscence, se faisant la guerre pour une jeune fille enlevée et les amours adultérins de Zeus, ce grand farceur).
Je dois ici vous faire un aveu, qui ne me coûte guère d’ailleurs, mais qui vous fera comprendre plus aisément la suite de mon article.
Je n’ai pas une taille que l’on pourrait qualifier de mannequin.
Je suis petite, et je suis ronde.
Loin des jeunes tiges qui fleurissent un peu partout dans notre univers censément hétérogène, mais qui se complait dans la mimétisme journalier.
Ronde de partout, j’ai de la poitrine, des hanches, des bras dodus et des jambes à l’avenant.
Je n’en suis pas amère, ni triste, il y a longtemps que je me suis faite à l’idée que je ne ressemblais pas à ce qu’on nous montre comme le summum du raffinement, à grands coups de régimes ultra draconiens, de journées passées sans rien avaler, la faim tenaillant mon estomac, la nuit, lorsque l’obscurité se faisait tout autour de moi et que, dans mon infinie solitude, je ne pouvais plus nier que je me laissais lentement mais sûrement périr, pour un résultat somme toute relevant plus de la futilité que du réel souci médical.
Notez que je ne suis pas obèse, non plus (je n’ai absolument aucune satisfaction malsaine à prononcer ses mots, et je ne justifie en rien ma taille en dénigrant les personnes qui sont dans ce cas, j’ai bien trop de respect pour l’être humain dans son ensemble, et les souffrances que certains peuvent ressentir, pour me moquer allègrement ou conspuer les personnes « grosses », comme si c’était une honte, un péché, que sais-je encore).
Juste ronde, dans le sens premier du terme.
Là, on en arrive au point crucial de mon développement : je me suis toujours dit qu’il fallait que je m’habille en fonction de ce que je suis. Que, même si certains hauts résolument adorables avec leurs dentelles à la naissance des seins me faisaient de l’œil, je devais résister : une de mes amies, bien trop masculine à son goût, s’extasie souvent devant mes propres atouts (je ne vous ferais pas de dessin, vous avez compris de quoi j’étais en train de parler) en me disant et en me répétant sans cesse combien elle voudrait, ou donnerait n’importe quoi, pour les posséder. En général je lui rétorque qu’elle pourrait d’emblée oublier les charmantes petites choses qu’elle porte habituellement, parce que, il ne faut pas non plus se leurrer, quand on a la chance (ou la malchance, c’est à vous de voir, mon avis est déjà fait sur la question) d’avoir de la poitrine, certains tops nous sont d’emblée proscris, tellement ils feraient vulgaires sur nous…Mes paroles une fois de plus n’engagent que mes propres convictions, vous avez tout à fait le droit (ah, que je suis généreuse, je m’étonne moi-même de ma grande largesse verbale et écrite) de penser le contraire.
De même, des jupes qui ressemblent plus à la fin d’une tunique ou à une ceinture mal ajustée ne me conviennent guère, quand bien même elles seraient ravissantes par ailleurs. Je me sens profondément incapable de porter des shorts ou des pantalons ultra taille basse, pas par honte de ce que je suis, mais justement parce que je m’accepte parfaitement, et que, par respect pour moi, je préfère me constituer mon propre style…
Etant par essence et par certitude profonde une vraie fille dans toutes les règles de l’art, je ne me refuse pourtant aucune fantaisie vestimentaire, tant qu’elle reste harmonieuse et de bon goût : il est à mon sens inutile de tenter de masquer les rondeurs sous des tentes atroces, sans forme et sans couleur, se calfeutrer dans des habits trop grands comme pour disparaître sous les plis de notre propre existence. De nombreuses actrices, telles Marilyn ou encore Elizabeth Taylor (que je trouve absolument somptueuse) , n’étaient pas ce qu’on pourrait appeler des sylphides, mais elles incarnaient, et incarnent toujours, le chic et le glamour, le sexy sans en faire trop et la douceur d’une peau et d’un corps généreux : partant de ce principe, je ne me résigne pas à arborer tristement des nippes sans caractère, mais au contraire j’essaie toujours d’allier féminité non ostentatoire et élégance, à grand renfort de jupes évasées, de chaussures à talons, de froufrous assumées et de pantalons droits, aux jambes fluides.
Bien sûr, il m’arrive de jeter un coup d’œil aux collections made in Jane Birkin, typées masculin-féminin, et je les trouve même charmantes, parfois.
Mais la plupart du temps, la recherche active d’une tenue pour une soirée m’amène à la triste conclusion qu’au lieu de vouloir à tout prix faire comme tout le monde, il vaut peut être mieux s’apprendre soi-même, et, loin d’endosser une fringue tendance qui ne nous ira fatalement pas, parce que de base constituée pour une liane évanescente, se forger sa personnalité vestimentaire, tout comme on se forge les traits de son caractère.

09:43 Publié dans Bouts de chiffons et déperdition budgétaire | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
22.03.2008
Ivresse des Hauteurs

Au sommet de tout, on raconte que l’on ressent les choses d’une façon différente, plus grande, libérée des contraintes matérielles de l’espace, du temps, des choses et de la pesanteur de l’être. Peut être est ce du au souffle de l’air qui nous enveloppe comme une seconde peau, une mue suintante de nos peurs et de nos angoisses, quand plus rien n’existe d’autre que le silence. Peut être est ce du à cette vision insensée d’un monde en contrebas, aux personnes qui s’y agitent en un bien mélancolique sentiment de vie, des moulinets de bras et des flots de paroles comme autant de caricatures surannées, ce théâtre burlesque où les sons s’entremêlent et se perdent dans la brise ouatée, ces demeures aux fondations d’argile, les murs rêches sous la caresse de milliers de mains, les frontières solides, folles, que les hommes se fixent à eux-mêmes, de crainte de découvrir en eux des recoins assombris, des souvenirs enfouis, et des rêves froissés…
On raconte bien des choses, bien des histoires, mais les mots seront toujours incapables de décrire avec précision les émotions qui envahissent et saturent l’esprit, les larmes qui montent aux yeux et brouillent la vue, les paupières s’abaissant et l’aveuglement volontaire, l’odeur entêtante des fleurs asséchées par le soleil ou de la terre grasse et humide…
Il m’arrive de voir défiler en une ronde solitaire et silencieuse, toutes ces images que je m’imagine, comme si elles étaient réelles, comme si, en tendant ma main, je pourrais sonder leur éphémère beauté, leur infinie laideur, des illustrations bâties au creux des contes, au détour des pages froissées, au hasard de photographies aux couleurs fanées, le sépia et le mauve délavé, un soleil déclinant sur une neige mourante.
Il y a des instants où, bravant cette peur insensée du vide qui m’a toujours empêchée de gravir les échelons de la vie, mes pas ancrés sur le velours sali d’un palier étroit, je voudrais au contraire m’y élancer, oublier les attaches qui meurtrissent ma peau et soulèvent en boucliers opaques mes craintes enfantines, et partir… Aller là où personne ne m’attend, et où je n’attends personne, inconnue des autres et peut-être, de moi aussi. Voyager dans des endroits si reculés que les seuls sons que je pourrais entendre, qui monteraient à mes sens et m’enivreraient, un peu, si peu, seraient les battements de mon cœur, le sang qui circule et se renouvelle, le bruissement langoureux des veines.
Une parcelle d’existence, un rien.
Evadée des murmures incessants, la trame nocturne des réverbères, clins d’œil lumineux dans les villes surmenées, éclairant la tristesse sourde et la fébrilité d’actes quotidiens qui n’ont de sens que celui que nous leur donnons, les fenêtres aux yeux épuisées et les portes muettes, et de tout ce bruit…
Ce bruit rassurant qui nous accompagne depuis toujours, les rires et les larmes, les cris et les sanglots, les disputes et les soupirs, lents, saccadés, sous le martèlement de l’acier trempé, des dalles disjointes et du béton, ce bruit qui, annihilant tous les autres, nous rend sourds, insidieusement, froidement, jusqu’à ce qu’abrutis et sans âme, nous nous mettions à sourire, et à l’aimer, et à l’accueillir, et à le rechercher à tout moment, à tout instant, dans un rythme trépidant, nerveux et vain.
Libérée.
Déposée au sommet d’une falaise, le visage fragile creusé par le vent, le froid et la vivacité de l’air, contemplant la brume qui s’élève et nimbe chaque contour d’une douceur toute nouvelle, dureté de la pierre et moiteur de l’herbe.
Perdue dans l’ivresse d’un ailleurs qui ne m’appartient pas, mais que je pourrais faire mien.
Perdue dans l’ivresse des Hauteurs.

10:36 Publié dans Les grandes Théories existentielles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20.03.2008
Au creux du ventre

Dans un état assez étrange, entre crainte furtive et espoir, j’ai été regarder mes résultats sur le net hier, bravant les ordinateurs crasseux et vieillissants de ma fac, la connexion bas débit d’une lenteur asthmatique, et les sièges inconfortables, les murmures des autres étudiants, les bruits de frottements des manteaux sur les dossiers secs des chaises et les reniflements intempestifs de quelques personnes malchanceuses.
J’ai validé mon semestre.
Mais ces quelques mots, qui devraient me faire sourire, me font terriblement mal.
Parce que, dans les matières où j’avais le plus travaillé, j’ai eu de très mauvaises notes, des notes auxquelles je ne m’attendais pas, et qui risquent de plomber mon inscription dans une autre faculté.
J’ai fondu en larmes.
Après mon foirage de sciences politiques, prévisible étant donné ma préparation solitaire du dit concours face aux étudiants en provenance directe de Khâgne, ça fait un peu beaucoup pour mes nerfs fragilisés par l’acharnement, les nuits d’insomnies et surtout, les notes de mes copains. Je sais c’est malvenu de se comparer aux autres, c’est même limite indigne, ça dénote un esprit de compétition malsain : en fait il n’en est rien…C’est surtout pour moi une façon de me repérer dans la masse estudiantine, de rebooster mon égo un peu malmené, bref, les notes ont toujours été importantes, elles me positionnent, m’encouragent.
Avoir de mauvais résultats me renvoient l’image d’une fille incapable de réussir quoi que ce soit, d’un échec ambulant, d’une fille incapable de décoller au-dessus de la moyenne et qui pourtant, dans un élan de masochisme, continue à essayer de décrocher une lune trop brillante, trop lumineuse, trop glacée, qui lui brûlera fatalement les doigts de son haleine d’hiver.
J’ai beaucoup de mal à comprendre leur système de notation.
J’ai beaucoup de mal à comprendre comment je peux passer d’une moyenne de 13 en td, avec des discours plutôt agréables des chargés, pour récolter un 8 à l’examen, comme si tout le travail que j’avais fourni n’avait servi à rien.
J’ai du mal à percevoir le sens des notes que j’ai reçues hier, après avoir cité des rapports du Sénat, du conseil constitutionnel, des hommes politiques, regardé les conférences de presse du Président et noté les points essentiels, parcouru chaque matin Le Monde, m’être connectée chaque jour sur le site du Gouvernement, avoir essayé de mettre dans ma copie une réflexion personnelle, émaillée d’exemples que je me suis poussée à apprendre (et Les Dieux de l’Olympe savent à quel point c’est complexe et pénible à retenir), cherché d’anciens manuels écrits par d’illustres professeurs de droit sur des points difficiles du cours…
Quand je ponds une sombre merde, je suis la première à le reconnaître.
Je n’ai pas la prétention de qualifier mes copies de mirifiques, mais ne serait ce qu’en philosophie du droit, matière où j’ai toujours brillamment réussi, que ce soit sur mon mémoire où je récolte la note de 14, au bac où j’avais reçu un 18, ou pendant mon année de terminale qui ne descendait jamais en-dessous de 13, j’ai obtenu un 8 qui me renvoie illico dans la case des erreurs pitoyables. Tout cela après avoir tenté de construire une réflexion pertinente autour des auteurs étudiés en cours, mais également du nihilisme de Steinbeck, du pessimisme latent chez Dostoïevski…
Je ne reste pas chez moi à en oublier de vivre, perdue dans mes livres et mes discours, pour avoir de tels résultats.
Je commence à saturer de me prendre des claques, et j’en arrive à me poser des questions sur moi, sur ma façon de travailler, sur mon intelligence, et sur le cours de mon existence.
Je suis plus que déçue, malgré ma moyenne totale, malgré de bonnes notes à l’oral, malgré les félicitations de copines pour mon passage, qui ne comprennent pas à quel point mes examens conditionnent ma triste vie.
Je suis blessée.
Je suis blessée là où je suis la plus sensible.
Sur mon propre reflet intellectuel.
09:57 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
19.03.2008
Juste à cran

Je suis à cran aujourd’hui, c’est une horreur.
J’ai passé ma nuit à m’entortiller dans mes couettes (oui, je suis une très grande frileuse, donc en ces périodes hivernales j’en ai deux sur mon lit), à me débattre furieusement entre deux cauchemars aussi vils qu’incompréhensibles ( pour vous donner une idée, dans l’un d’eux j’étais poursuivie par une femme mi-plante mi-humaine, dans une ruelle où le béton du sol avait fait place à des draps tendus sur lesquels il fallait sautiller. Un de ces quatre, je penserais à me faire soigner), à me réveiller pour regarder d’un œil ahuri les heures qui défilaient sur mon réveil, les cheveux collés sur la tempe et une furieuse envie d’écouter du métal couplée à une non moins furieuse envie de me rendormir.
Hier j’ai fêté l’anniversaire d’une copine de fac, en prévision du repas pantagruélique qui allait fatalement s’ensuivre j’ai très peu déjeuné because of la détoxification dont j’ai longuement parlé, et avec ô combien de subtilité et d’élégance (je sais que vous vous demandez où je veux en venir et que vous pensez tout bas qu’étant donné l’apparente désorganisation de cet article je ferais mieux d’aller me recoucher derechef, mais vous allez vite comprendre), à la base nous étions censés nous retrouver dans un restaurant créole : idée de départ charmante, résultat un brin en dessous.
Déjà, il faut savoir que certains d’entre nous ne pouvaient pas rester des heures à table, vu que nous habitons non pas dans Paris même mais dans une banlieue environnante qui se métamorphose le soir à partir de 22h pour devenir le lieu privilégié de rencontres obscures et des pérégrinations des jeunes rebelles en voiture déglinguée, musique made in « Ploucland yo » à fond et klaxon désopilant…Tout un programme.
Ensuite, il faut bien le dire, ça partait mal : oubliant, dans leur grande inattention masculine, qu’ils n’avaient pas d’argent sur eux, quelques copains mal réveillés (pourtant il était 20h, mais bon) nous ont fait faire un détour dans les ruelles de Paris à la recherche d’une banque : résultat de l’affaire on a enfin réussi à caser notre petite troupe à 20h 30 (je tiens à préciser directement, afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïtés, que le restaurant était à côté de la fac, limite même moi je ne me serais pas perdue, c’est dire la difficulté et la longueur du trajet)…Comme de bien entendu nous commandons chacun un plat exotique (qui faisait également fort estival, sans doute pour nous rappeler que nous étions là pour nous amuser et non pas, comme j’ai tenté de le faire avec ce sens de l’à-propos qui me caractérise si bien, pour parler de nos résultats d’examens et « de comment je croyais avoir réussi certaines matières et d’autres non, hein, et toi, qu’en penses-tu ? »), dédaignant l’évidente cupidité de la serveuse qui ne cessait de nous conseiller le menu à 35 euros.
35 euros chacun, n’est ce pas.
Bien sûr, mon budget étudiant (bien écorné par les achats précités hier) me permet de me payer un gueuleton à presque 40 euros, ma fille.
Créature du diable.
Et bien vous n’allez pas en revenir : une heure, je dis bien une heure, après avoir commandé, nous n’étions toujours pas servis…Placés dans une salle du bas, je crois que nous avions été oubliés. Pourtant ce n’est pas le bruit qui manquait, forcément 12 personnes aux mœurs étranges, sortant de cours à 20h et ayant toute la sainte journée révisé du droit public de l’économie et la théorie de l’Etat…
Heureusement dans le grand malheur qui nous frappait, ma copine a vivement apprécié son cadeau d’anniversaire : vous voulez savoir ce que nous lui avons offert, dans notre grande générosité et notre irrésistible attrait féminin pour tout ce qui brille et luit dans la lumière tamisée de n’importe quel endroit ? Des boucles d’oreilles Satellite, en pierres anciennes.
Je sais que ce n’est pas du goût de tout le monde et que certaines filles préfèrent les bijoux plus discrets, mais quand on a un côté un peu rétro et une passion pour les époques médiévales ou la renaissance, cette boutique est un enfer. Tout étant vraiment très joli, et disposé avec grand soin en plus, on a envie d’acheter l’intégralité du stock, de s’offrir une robe à bustier en velours foncé et d’aller déambuler dans les ruelles désertes de Paris, martelant du pied chaussé de bottines lacées dans les grandes règles de l’art, attendant notre calèche et le bruit sourd des pas de chevaux alezan.
Bon d’accord, je m’emporte encore.
Bref, passons ce petit intermède.
Toujours est il qu’à 22h, ne voyant pas nos plats venir et échaudées par cette effarante lenteur (vous constaterez l’utilisation d’un discours alambiqué en provenance directe de mon fantasme des siècles passés que je viens tout juste de vous énoncer fièrement, si c’est pas beau) quelques personnes ont dû décommander leurs plats et repartir bredouilles chez elles, affrontant l’air glacé de la nuit et les odeurs incommodantes du métro et du Rer.
Sans avoir occasionné au passage un grand déménagement et une discussion pour savoir qui allait rester, si c’était bien de rester alors que d’autres devaient, par contrainte de temps, rentrer chez eux, qui ont bien duré 10 minutes.
Il va de soi que, malgré les talons infâmes de mes escarpins que je ne porte qu’en soirée pour la seule et bonne raison que 1 ils me font affreusement mal aux pieds et que 2 je suis bien trop maladroite pour les mettre tous les jours, à tous les coups je finirais par me coincer le talon dans une bouche d’égout et je les abîmerais, j’ai couru tout le long du chemin pour ne pas manquer mon dernier Rer, les cheveux ébouriffés et le manteau s’ouvrant sans arrêt sur une robe à poids fort charmante, mais quelque peu décolletée.
C’était tout de même bien sympa de nous retrouver en dehors de la fac.
Mais maintenant, on en arrive aux choses sérieuses, c'est-à-dire les résultats qui tombent aujourd’hui…
Depuis tout à l’heure, alors que je sais pertinemment qu’ils ne seront affichés sur le net que dans quelques heures, je clique frénétiquement sur le site de ma fac, et je rafraîchis la page, au lieu de me concentrer sur la lecture de Locke.
Si c’est pas malheureux d’être à ce point névrosée.

09:43 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.03.2008
Detoxificationne-moi

Préliminaire : je sais que ce mot n’existe pas, mais ça sonne bien comme titre. Vous me pardonnerez cette faiblesse matinale d’un mardi bien chargé.
Dans les magazines féminins que j’aime lire tout en affirmant haut et fort le contraire (mais quelque part, je suis une fille aussi, cette anormalité ne devrait pas vous poser d’immenses problèmes éthiques), si on occulte le sempiternel article sur « comment perdre 5 kilos en 4 jours et sans avoir faim » (attrape nigaud du plus bel effet mais qui a sans doute le mérite de vendre un peu de rêves à nos cuissots ramollis par la période cocooning d’un hiver frileux), on trouve souvent, à côté de publicités mettant en scène des filles somptueuses à la peau parfaite (là il faut s’imaginer que je soupire de jalousie derrière mon écran, tout en tentant de me remonter le moral en me rappelant de l’emploi abusif de photoshop) et aux chevelures brillantes sponsorisées Nutri Gloss (vaste fumisterie que ce produit, au passage), l’habituel couplet des stars en manque de reconnaissance, qui s’imaginent que le contenu de leurs assiettes respectives et de leur non moins respectives trousses de toilettes nous intéressent grandement.
Bon, d’accord, je fais de l’ironie mais en fait ça m’intéresse un peu quand même. Surtout quand elles nous donnent la liste interminable de produits onéreux que je n’achèterais pas dans mes rêves les plus fous et qui doivent être bourrés de trucs chimiques en plus. Mais de tout ce fatras un brin ridicule ce que je retiens le mieux, c’est les secrets de la détoxification : là on atteint des sommets dans le grand n’importe quoi.
Ceci étant dit, comme je n’en suis plus à quelques contradictions près, j’ai moi aussi décidé, pour des raisons que je vais vous expliquer, de mettre en pratique les divins conseils qui me sont procurés si gracieusement par Aniston et consorts.
Pourquoi, me demanderez-vous, pourquoi diable est ce que je me sens dans l’obligation majeure de tester ces techniques machiavéliques incluant fatalement l’absorption d’un verre d’eau chaude agrémentée d’un jus de citron acide dès le lever, de grignoter des feuilles de salade et de la mâche au moment des repas alors qu’autour de moi tout le monde s’empiffre de sandwichs débordants de gras et de mayo, faisant semblant d’apprécier l’amertume de la dite laitue tout en récitant mentalement les règles d’or de la « détoxification qui fait du bien à ton corps pendant une semaine » et en buvant ma décoction de queues de cerises dans ma thermos (oui, je caricature un peu. A peine en fait…Je flotte dans la bouddha attitude en ce moment c’est à peine croyable, je crois que l’attente névrotique de mes résultats d’examens qui tombent demain me place dans un état schizo, entre Gandhi et Jack l’Eventreur dans leurs meilleurs jours. Mais là n’est pas la question, je m’égare)
La réponse est simple, et à elle seule justifie amplement les dégâts causés à ma vie sociale et même à mon existence tout court, ne soyons pas radins.
Parce que samedi ET dimanche (vous remarquerez l’emploi non subversif de la conjonction de coordination inscrite en lettres capitales), je SORS DE MA TANIERE.
Mises à part quelques vagues soirées pendant lesquelles je me débattais entre une envie folle d’envoyer en l’air quelques uns des principes qui me bouffent la vie, à savoir « va travailler sale feignasse si c’est comme ça que tu vas réussir ta vie tu veux finir à la rue, hein, c’est ça que tu veux », charmante rengaine de ma Jiminy Criquet de conscience foireuse, et ma culpabilité dévorante, je n’ai pas fait grand-chose depuis la rentrée. Et, nous serons tous d’accord sur cet éminent problème, la rentrée ça remonte tout de même.
Les personnes que je vais enfin revoir, c’est à peine si ils n’ont pas oublié les traits de mon visage (évidemment, c’est une plaisanterie, je ne peux concevoir qu’on m’oublie aussi aisément ), le fait de penser à tout ce week end à ne faire que ce que j’ai envie, et avec des gens que j’aime, me rend à la fois nerveuse et émoustillée, j’ai l’impression, au demeurant très fausse mais bon ça je le sais, merci, que je vais presque être en vacances.
Oui, c’est pathétique.
Mais ce qui est encore plus pathétique ce sont les efforts que je fais pour paraître le plus possible à mon avantage pendant ces 2 JOURS, vous n’imaginez même pas à quelles extrémités j’en suis réduite, c’est effroyable de sottise : outre la détoxification censée, je dis bien censée, me donner un teint miroitant d’ici quelques jours (y a intérêt parce que j’ai du mal à renoncer à ma brioche du matin), et faire disparaître les traces de mes insomnies post interros-concours-examens (rayez la mention inutile, mais pour dire toute la vérité les 3 propositions résument très bien les mois écoulés), j’ai claqué un fric fou pour m’offrir une tenue appropriée (comme si j’allais dîner a la Tour d’Argent, grands dieux de l’Olympe…) à noter toutefois que j’ai eu du mal à m’arrêter une fois le processus enclenché et que je me retrouve dans la douloureuse situation d’avoir fait les soldes après les soldes (on applaudit bien fort mon abnégation et mon amour pour le marché intérieur de notre pays), j’ai caressé l’idée d’aller prendre rendez-vous chez un coiffeur mais, par crainte d’un quelconque désastre capillaire, du style coupe ultra dégradée alors que mes cheveux bouclent, frisent aléatoirement, et qui me ferait immanquablement ressembler à une loutre morte, je me suis abstenue…
Des fois je me fais cette réflexion subliminale (et confondante d’intelligence, cela va sans dire) que c’est aussi bien que je sois célibataire…
Je me demande combien de temps je mettrais à préparer un simple ciné.
Probablement deux semaines.

11:09 Publié dans Blablatages sans intérêt | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
15.03.2008
Dans la crypte des souvenirs

Le samedi, c’est un jour sacré dans ma famille.
En fait, c’est un jour sacré pour UNE personne de ma famille, et non, je vous arrête tout de suite, cela n’a rien à voir avec la bien-aimée tentation de la grasse matinée, nous sommes plutôt du genre lève-tôt, pain grillé et thé fumant à 9h du matin (pour ma part j’ai du mal à paresser sous la couette, cela me donne mauvaise conscience…J’ai malheureusement, pour mon propre bien, un sens du devoir qui tourne à la névrose galopante, mais bon, là n’est pas la question, j’en parlerais peut être un autre jour)
Samedi, c’est spécial D&Co : ma sœur, qui dédaigne bon nombre de choses auxquelles je porte une attention psychotique (comme la lecture des grands classiques, par exemple), ma sœur, qui a toujours incarné pour moi un être mystérieux , une telle opposition à ma propre nature et à celle de notre benjamine (nous sommes trois filles, et oui…J’incline à penser que c’est une bénédiction pour nos deux parents, vu le caractère que nous nous trimballons chacune, heureusement que nous ne sommes pas des Mâles, nous passerions notre temps à nous castagner furieusement), une telle contradiction donc, que je me suis souvent demandé si elle n’avait pas été adoptée (c’est une vaste plaisanterie of course, vu la ressemblance frappante de son visage avec celui de ma mère, c’est même la seule des 3 à avoir hérité de ses magnifiques yeux verts veloutés avec une pointe d’or, et rien que ça c’est une raison de la détester)…Ma sœur a une passion dévorante pour la décoration.
Sa chambre, seul endroit pour l’instant où, études obligeant, elle peut exercer ses talents et ses idées parfois saugrenues, est paradoxalement un endroit réellement ravissant, où les vases élancés, sur une table basse en verre et fer noir soigneusement ciselée, rappellent l’ambiance orientale des quelques tableaux aux dominantes de rouge et d’orange ensoleillés. Des rideaux d’un pourpre au liseré doré laissent passer des rayons d’une lumière tamisée sur les murs de sable, tous les objets ont une signification, un sens et un ordre savamment organisé pour former un tout cohérent et chaleureux. Toujours impeccablement rangée, sa pièce est, ou du moins reflète en partie, une parcelle d’elle-même, une parenthèse qui s’ouvre dans la vie quotidienne en un refuge étrange, à mi-chemin entre une de ses demeures arabes aux ombres bienvenues et chaudes, et le sol marbré de quelque temple ancien.
Souvent, elle part de trois fois rien, un bougeoir aux formes baroques qu’elle a repéré dans une brocante, une fleur moirée, un vieux cadre abandonné, et elle arrive, par je ne sais quel miracle dont l’origine m’échappe, à les intégrer dans le décor de sa chambre comme si ils en avaient toujours fait partie.
Autant vous dire qu’elle se délecte devant les émissions de relooking des cuisines et autres salons, elle y glane ainsi de nouvelles idées pour embellir encore son intérieur.
Je crois qu’elle tient ça de mes parents.

Mes parents, qui ont fait construire leur propre maison, des plans plein la tête et des esquisses dressées sur des papiers fragiles, volants. Mes parents qui avaient ce rêve, ancré en eux, probablement enfoui aux racines de leur enfance parisienne enfermée dans l’étouffante sécheresse de pavillons aux pans étroits, ces excroissances minuscules des ruelles dallées, coincées dans leur développement par l’immensité des immeubles aux ventres pansus et aux jardinets perdus sur le rebord des fenêtres.
Le rêve de bâtir un ailleurs, des murs qui n’appartiendraient qu’à eux, sur un terrain où viendraient se nicher, plus tard, au gré du vent, des fleurs sauvages, des boutons d’or aux corolles gorgées de soleil, et le grincement ténu des balançoires.
Notre demeure est une ode aux temps passés, un cocon de bois et de tissus chamarrés, des dominantes de chêne et de merisier, patinés par les années, des tapisseries denses, mais jamais touffues.
Une cheminée qui luit doucement lors des soirs d’hiver, et éclaire par intermittence une immense bibliothèque, sous les odeurs fraîches de la cire et celle, plus fragile, du parfum de ma mère …Une vraie scène pastorale, en somme.
Mais cette maison a un cœur, quelque chose qui vibre, qui palpite, peut être de nos rires d’enfants qui résonnent encore sur les murs, quelque chose d’indéfinissable qui, parfois, me prend à la gorge : une sensation sécurisante d’être chez soi.
Mes parents, mes sœurs, ont un goût très sûr en matière de décoration intérieure.
Il n’en est pas de même pour moi.
Je ne dirais pas que je n’ai pas de goût, non; le seul souci réside dans le fait que justement, j’en ai trop : je veux dire par là que j’en ai trop au pluriel ; le coup de cœur facile et malheureusement souvent hâtif, et pour beaucoup de choses qui, combinées les unes aux autres, ne vont pas du tout ensemble et composent une symphonie totalement loufoque d’images et de contours. Suivant les années, suivant mon humeur, je peux me passionner pour l’art japonais, et rêvasser en imaginant ma pièce redimensionnée sous l’égide de paravents à la toile arachnéenne, acheter des branches de cerisier et les disposer au gré de mes envies ; puis clamer haut et fort que l’art moderne est ce qu’il y a de plus somptueux, et donc qu’il me faut absolument cette table de nuit design ; puis fantasmer tout autant sur une reproduction d’un tableau égyptien, qui vient alors se caler, difficilement, entre des figurines féeriques héritées de mon goût prononcé pour le fantastique, une lampe africaine et une théière ramenée du Maroc.
Le rebord de mon bureau croule sous l’accumulation disparate d’objets insensés, une coupe en cristal retenant fièrement des pétales séchés, des boucles d’oreilles de pacotille et des bougies parfumées à la mûre, un flacon aux miroitements rosés contenant du sable d’une randonnée désertique. Et les cadres fièrement dressés, derrière lesquels m’enchantent les présents d’amis dessinateurs.
Ma chambre n’est pas une pièce, mais un sanctuaire. J’y dresse l’inventaire des étapes de ma vie, j’y retrouve la saveur de mon enfance et l’imaginaire naïf des sourires suaves de fées aux ailes trop grandes, l’ironie mordante de l’ère moderne et la senteur oubliée des fleurs ; parfois je la contemple, de cet air à la fois attendri et vaguement ironique, m’y replonge du regard et la surnomme, avec affection, mon capharnaüm.
A ranger, c’est évidemment un cauchemar sans fin, quand je décide de m’y mettre sérieusement, je peux y passer des jours entiers.
Mais vous savez quoi ?
Je ne l’échangerais pas même pour un relooking plus classe.

12:56 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.03.2008
Matinale séduction

Il est 6h 45.
A mi-chemin entre les rigueurs hivernales, l’air froid qui s’engouffre sous les vêtements et glisse sur la peau rugueuse des matins embrumés, et les promesses d’un printemps timide, s’accrochant aux premiers bourgeons des arbres dénudés, s’ouvrant aux lueurs d’une aube incertaine, une jeune fille s’avance sur le quai d’une gare.
Cela pourrait être n’importe où, n’importe quand, et n’importe qui, et pourtant cela se passe ici.
Les talons qui claquent sur le sol bétonné en un ressac immuable, le bruit qui résonne, insolent dans ce silence ouaté des journées qui débutent à peine, à moitié endormies encore, les ruelles désertées et les cafés aux vitres ne reflétant qu’une infinie solitude…
Il pourrait y avoir des silhouettes, peuplant de leurs murmures insouciants la vacuité du rien, de leurs mouvements l’immensité de cet espace minuscule, entre les rails glacées et les sièges avachis du quai, entre le vent qui se lève par instants et les piles épuisées d’un mp3, dont la musique cille, puis brusquement se tait.
Mais il n’y en a pas.
Il n’y a que la jeune fille, et ses mains serrant nerveusement quelques fiches de cours éparses, serrant frileusement les pans de son manteau noir, noir comme l’obscurité qui peu à peu disparaît, et dans laquelle elle voudrait tant se fondre.
Il n’y a que la jeune fille, et cette autre personne dont la présence se fait sentir à chaque seconde, le regard insistant qui, comme suivant les mouvements erratiques de la brise, se pose sur les vêtements dissimulés et le visage masqué sous les longues boucles brunes, ce visage qui se découvre par instants, par traits d’une peinture hâtive, quand l’air se fait plus vif.
La jeune fille attend.
Elle attend son train, elle attend que les minutes daignent reprendre le cours normal de leur existence, que les secondes s’activent, délaissent enfin leur exaspérante lenteur, leur molle inertie, que l’heure sonne à la pendule scintillante de poussière et de gouttes d’une pluie fine, la pendule de la gare, l’anonyme et solennelle gardienne d’un temps qui lui parait bien long.
Elle ne sait pas exactement à quel moment l’autre personne va se décider à lui adresser la parole, mais elle imagine déjà les termes utilisés, elle n’imagine pas, en fait. Parce qu’elle le sait déjà, parce que ce sont toujours les mêmes.
Un bruit de pas, un froissement de tissus, et une voix qui amorce le départ d’une discussion à sens unique, une voix masculine qui brave la fatigue matinale, une voix qu’elle n’a pas envie d’entendre, des mots qu’elle ne tient pas à écouter, et le train qui arrive, crissements sourds d’une machine usée, mécanique serpentine sur un chemin sans cesse emprunté, mécanique dont on entend les soufflements asthmatiques, avant même de la voir vraiment.
La pendule affiche les minutes écoulées, s’arrête sur l’horaire, semble s’y complaire à loisir, s’arrête sur les contours de la mâchoire de la jeune fille qui la scrute, et qui repousse impatiemment une mèche rebelle, et qui repousse impatiemment l’entêtant soliloque de l’homme à côté d’elle, dont elle ne saura jamais le nom, ni le visage. Dont elle connaîtra seulement la voix, parce qu’elle brise le silence et la lourdeur sécurisante des trajets de banlieue, des gares vides et des lampadaires dont les lueurs vacillent.
La portière s’ouvre, une bouffée d’humanité au travers des fenêtres maculées de traces de doigts, animale et brutale, les pages d’un journal à moitié déchiré sur l’un des sièges, ces tristes figures en première page, immobiles dans leur déchéance, ces titres escamotés par la blessure du papier froissé…La jeune fille s’assoit.
Elle n’a plus qu’une seule envie, à présent.
Demander à la voix de se taire, de la laisser seule avec ses pensées, de ne pas tenter de combler une conversation qu’elle n’a jamais eu envie de tenir, et lui dire que non, elle ne donnera pas son numéro de téléphone, et que non, le café pourra toujours attendre, qu’elle ne le boira jamais. Qu’il peut se figer dans sa tasse ébréchée, s’endormir au creux d’une soucoupe tâchée, dans un endroit comme tant d'autres, où elle ne mettra jamais les pieds, pauvre café solitaire.
Le train s’ébranle, le premier choc poussif d’une avancée qui se fait de plus en plus fluide, les paysages se confondent en couleurs éparses, vagues et sans âme, un tableau abstrait qui ne peut remplacer la réalité des villes s’éveillant, mais pour une seconde, la jeune fille s’imagine qu’on l’emmène, ce on indéfini qui a la douceur de l’inconnu et la tendresse des rêves, loin, loin, si loin de tout…
La scène de la séduction matinale est achevée.
Il est 7h.

11:14 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
11.03.2008
La Ritournelle des Mains Levées

Je n’ai pas la moindre intention de faire brutalement basculer ce blog dans une politique de bas étage, un semblant de civisme accroché au coin des lèvres et les idées, par nature virevoltantes, enchaînées, bien cadrées sur mon écran.
Confortablement installée au creux de mon lit, la couette rabattue sur les pieds…
Mais, depuis quelques jours, que ce soit dans ma fac où les discussions s’enveniment d’autant plus aisément que l’on y côtoie des férus de science politique, défendant leur point de vue avec un sens consommé du détail journalistique en vogue (et de la mauvaise foi, parfois…On est avocat, ou on ne l’est pas) ; ou que ce soit sur le net, vecteur, comme chacun le sait, de l’expansion de tout et de n’importe quoi, du dernier des faits divers à l’information la plus partiale, on assiste à un véritable phénomène, qui peut se résumer en une phrase toute simple.
« Peut on refuser une poignée de main, quand cette main tendue est celle d’un Président ? »
Etrangement, malgré l’évidente clarté de l’interrogation, elle n’en demeure pas moins la pierre angulaire d’un certain nombre de sottises énoncées comme des faits avérés, si l’on arrive toutefois à passer outre le fanatisme récurrent qui se distille au travers des réponses ( je ne vise absolument aucun bord politique, entendons-nous bien. La ferveur extatique mal dosée existe malheureusement de droite, comme de gauche)
Nonobstant (oui, j’adore ce mot là aussi…Je le case dans chacune de mes dissertations, je suis attachée à son côté résolument snob. A chacun ses petites manies, que voulez-vous) le fait que je trouve désopilant le fait de monter en épingle des faits qui font partie intégrante de la vie politique (à savoir, les rebuffades en tout genre, et de tout temps. Rebuffade de conviction, rebuffade de contestation, ou simple désillusion…), j’ai pour ma part toujours pensé qu’il y avait, dans la politique, dans LE politique, quelque chose qui ressemble fort, si ce n’est à un dynamisme ampoulé, du moins à la dignité inhérente au statut de celui qui l’exerce.
De là à dire qu’il faille absolument accepter la main du dit chef de l’Etat, ce serait aller trop vite en besogne, et faire des raccourcis faciles.
Bien au contraire.
Je suis intimement convaincue que dédaigner une poignée de main n’est pas le signe d’une impolitesse confinant à l’impertinence ostentatoire, de même qu’un manque flagrant d’éducation « citoyenne » (ah, le bon mot bien galvaudé, dont on se sert de façon ronflante sans en connaître le sens…) ou d’une bêtise crasse.
Bien sûr, je ne traite pas là des personnes qui n’ont d’autre souci que de se montrer en spectacle pour amuser la galerie ; je parle du sens profond du refus, de celui qui se rattache à ce qu’on pense, à ce qu’on est, à ce qu’on représente, comme une façon détournée d’afficher son mécontentement : le président des Français n’est pas, malgré ce que je peux en lire, le président de tous les Français, mais celui de la majorité.
La Président n’est pas l’Homme, mais l’Homme de l’Etat. D’accord.
Mais, si je poursuis mon raisonnement, selon le rapport du Comité Balladur concernant les révisions éventuelles de notre Constitution, il va « définir la politique de la Nation » (nouvel article 5) : lorsque l’on est investi d’une telle fonction, celle de dresser le plan d’un programme de renouvellement ou de remise en forme de l’Etat, il faut forcément s’attendre à ne pas être suivi de tous, et par tout le monde.
Or, à part le référendum (rarement utilisé, et de toute façon assez peu revendiqué par les français –pour s’en convaincre il n’y a qu’à se rappeler le taux d’absentéisme de 70% lors de la question du quinquennat-), les élections du dit Président, les élections législatives de notre bien aimé Parlement censé nous représenter (ce cher Rousseau se retournerait dans sa tombe) et quelques sondages d’opinions sur la couleur de la nouvelle robe de la Première dame de France, les Français ont quand même assez peu de moyens mis à leur disposition pour exprimer de façon significative, leur(s) opinion(s).
Se détourner de la main tendue, le symbole des doigts qui s’agitent en vain, c’est encore une façon de se faire entendre. Et, de vous à moi, en demeurant objective, je ne trouve pas que ce soit la pire.
Encore a-t-elle le mérite de se faire sans violence...

21:36 Publié dans Les grandes Théories existentielles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.03.2008
Paillette ta vie!

Il me semble l’avoir déjà dit dans un article précédent, mais au cas où ce fait aurait échappé à certains d’entre vous, je tiens à le repréciser : parfois, je suis tellement une vraie fille que je me fais honte à moi-même.
Cela ne me coûte pas grand-chose d’en parler, ce d’autant plus que cela flatte diablement mon côté égocentrique.
En ce triste matin de dimanche, alors que d’autres dorment encore sous l’abri moelleux de leur couette, draps et couvertures divers.
Alors que l’aube, respectant la tradition des mois de mars frileux, hésite encore entre l’ombre bienfaisante, et la lumière embrumée de quelques nuages.
Alors que je me retrouve face à mon énorme manuel d’institutions administratives, en attendant que l’inspiration vienne à moi, ou du moins, si elle me fait l’affront de dédaigner ma petite personne pourtant ô combien importante, que l’ensemble de ces quelques 300 pages s’imprime intégralement dans mon esprit, le tout en l’espace de cette délicieuse journée.
Extatique, non ?
En ce matin donc, j’ai bien envie d’une petite note joyeuse, légère et sans fioritures. Juste comme ça, pour me redonner ensuite du cœur à l’ouvrage.
Et de vous parler cosmétique.
Oui, je sais, cela s’agence fort mal avec mon propos précédent, à savoir où va ma vie, où va le monde, et pourquoi diantre suis-je aussi manifestement incapable de m’y sentir vraiment à l’aise. Mais je ne vous apprendrais rien, souvent, femme varie.
Et la variété, rayon cosméto, il faut bien avouer que ce n’est pas ce qui manque (admirons tous au passage la grâce de cette transition...Une seconde de silence s’impose, en hommage à cette marque indélébile d’une puissante et profonde intelligence. Si un professeur chargé de corriger les copies de mon concours a la chance de tomber sur mon blog – même par hasard, je suis prête à ne pas lui en vouloir- j’espère qu’il reverra mes élucubrations sur le commissaire du gouvernement à la hausse, faisant ainsi preuve d’ouverture d’esprit et de bonté d’âme. Merci.)

Alors, discutons, discutons.
En période d’énervement Jupiterien, ce genre de moments où la majeure partie de mes consoeurs se jettent sur la dernière tablette de chocolat, j’ai tendance à acheter des choses absolument inutiles, et qui me plongent dans la perplexité la plus totale après coup (sans que cela ne dépasse mon budget toutefois, je ne sais pas encore comment j’arrive à réitérer cet exploit…Peut être parce que la plupart de mes achats consistent en ce que j’appelle amicalement et avec beaucoup de tendresse, des « petites merdouilles » genre bains moussants, peignes ridicules et stylos 10 couleurs « spéciaux je retombe en enfance »)
En ces périodes si valorisantes pour le soi intérieur, je me laisse aisément avoir, volontairement toutefois, par les dernières innovations cosmétiques, leurs publicités mensongères qui ne m’empêchent toutefois pas une seule seconde de tester le produit, avec un sourire d’absolution envers moi-même.
Mes dernières trouvailles sont au nombre de deux : tenez-vous bien, je préviens, c’est quelque peu…Poétique, je dirais.
La première se cache sous un emballage bleu layette du plus bel effet, et porte le délicat petit nom de « déo purifiant aux capteurs d’oxygène ». Oui, de Bourjois, je vois que cela ne vous rend pas indifférents. Oui oui, capteurs d’oxygène, vous avez bien lu : selon l’étiquette, qui prouve encore une fois que le ridicule ne tue pas, mais qu’il se consume dans les mains des acheteuses effrénées, il s’agit, en l’espèce, d’absorber l’air qu’il y a autour de nous, qui nous environne, pour l’enfermer dans des petites microbilles sous nos bras.
La fraîcheur Narta n’est plus du tout dans le coup, elle peut aller se rhabiller.
Rendez-vous bien compte, toute la journée on se balade avec des mini coussinets style air Fresh, bien calés au creux des aisselles, et qui font respirer la peau…
Je vous laisse quelques minutes pour vous remettre de cette révolutionnaire nouvelle.

C’est fait ?
Passons donc à la suivante.
La seconde de mes trouvailles est encore mieux, dans le genre « attrape-nigauds » de premier ordre : Happyderm, qui















































