28.02.2008
Brume lactée, fin de Journée (ça sonne un peu Pocahontas comme titre, non?)

Je ne sais pas comment vous réagissez en période de stress intense. Vous savez, ces moments privilégiés pendant lesquels, alors que vous êtes déjà recru(e) de fatigue, vous apprenez, et ce tout à la fois (sinon, enfin, ce ne serait pas aussi délicieusement burlesque) que 1. Les copies des examens ont fait pâlir les professeurs dont vous avez l’immense honneur d’être les étudiants, muets de saisissement devant l’inculture crasse des masters cette année, que 2. Malgré la grâce infinie de certaines de vos fréquentations, vous finissez par un peu (si peu) les détester, tant l’irritabilité générale vous tape sur le système nerveux, et que 3. Vous êtes dans l’incapacité notoire de revoir en quelques jours vos années d’études antérieures, interloqués par la pile incommensurable de livres et de cours déposés devant vous comme des offrandes à je ne sais quelle divinité du panthéon.
Pour ma part, j’ai tendance à dépenser un peu plus que de coutume.
C’est comme ça, ça me calme tout de suite, me plonge dans un état de semi joie béate.
Pas forcément quelque chose de cher, d’ailleurs…
Une babiole, une paire de boucles d’oreilles de pacotille (mais qui, par je ne sais quelle réaction chimique, me met le cœur en liesse), un nouveau roman (même si je n’ai pas le temps de le lire), un gloss nacré, un baume pour les lèvres à la cerise, une bougie parfumée…
Je ne suis pas du genre frénétique de la carte bleue (d’abord parce que je suis étudiante, donc mes revenus sont en adéquation avec mon mirifique statut professionnel inexistant), mais j’adore me promener dans Paris, chiner dans des petites boutiques sans prétention ou m’extasier de concert avec d’autres amies sur les nouvelles gammes de The Body Shop (ha, cette senteur de prune…), pénétrer dans des libraires aux livres d’occasion, chargés d’une histoire double, de l’écrivain et du lecteur précédent ; rire parfois devant des immondices vestimentaires que l’on ose nous proposer comme les must have des saisons futures, et qui, j’en suis sûre, feront fureur mais n’en seront pas moins laides pour autant.
Mais bon, ça c’est le côté glamour de mes pérégrinations, ce qui induit fatalement que j’ai le temps d’errer dans les quartiers (ce qui malheureusement ne m’arrive pas si souvent, d’où l’enthousiasme dont je fais preuve dans les lignes précédentes)
Tout ça pour vous raconter un peu ma dernière trouvaille en la matière : comme je l’avais énoncé dans un de mes tout premiers articles, la gamme à la Lavande de l’Occitane (un coup de cœur) est lamentablement sur le point de disparaître, pour des raisons qui ne m’intéressent pas vu que je suis foncièrement égoïste et donc, CQFD, ce qui me plait à moi devrait fatalement exister et même demeurer toujours : à ce propos, je tiens à décerner une pensée toute particulière pour la vendeuse qui m’a fait part de cette attristante nouvelle et qui, devant mon angoisse existentielle (bon, il faut dire aussi que je suis une bonne cliente, vu que j’ai le nez collé devant la vitrine et les pieds ancrés dans la boutique au moins une fois par semaine, si c’est pas malheureux) m’a très aimablement proposé des échantillons du fluide matifiant pour que je tienne le coup, et m’en a tout de même offert plus d’une quinzaine, plus l’assurance que le nouveau produit de remplacement allait être bien meilleur.
Donc, aux dernières nouvelles, l’Occitane est en train de nous concocter des crèmes et autres produits cosmétiques au riz rouge…Dit comme ça, je vous l’accorde, ça sonne un brin cuisine, et pas franchement des plus glamour.
Ainsi, pour me faire une petite idée des vertus de cet ingrédient secret (et parce que, ainsi que je le faisais remarquer dans ma petite introduction, je suis rentrée dans une période un brin déprimante, donc je me laisse aller à quelques achats sur coup de tête), j’ai réussi à trouver un étonnant lait démaquillant à base de riz, dont il faut absolument que je vous parle.
Oui, vous ne vous êtes pas trompé(e)s. Vous êtes bien sur un blog de fille.
La marque n’est pas ce qu’on pourrait appeler « connue » (hum, c’est le moins qu’on puisse dire) : il s’agit de Version Originelle. Tombée dessus au hasard d’un rayon (d’accord, d’accord, pas vraiment au hasard) alors que je faisais deux trois courses en mode rapide-stressée-je n’ai pas de temps à perdre- , j’ai été attirée par le côté faussement bio du flacon-en spray, au passage- (je dis faussement parce que, malgré les ingrédients naturels (hamamélis, Bacopa des Indes (je vous rassure, moi non plus je ne sais pas du tout ce que c’est) , comme pour beaucoup d’autres produits on y retrouve également des composés chimiques…) : or, le bio m’intéresse de plus en plus, je pense que je suis en train de doucement me laisser influencer par ce matraquage de la presse comme quoi nous, pauvres femmes vénales et dépensières, nous aggravons la santé de notre peau en y apposant chaque matin, consciencieusement, des dérivés de pétrole.
Apparemment destiné aux peaux normales et mixtes, « Brume Lactée » promet un démaquillage tout en douceur (type cocooning du soir), et fleure bon une senteur un peu particulière, mélange de sucré et d’enfance, une odeur chaude et revigorante, très féminine (ce qui a achevé de me convaincre qu’il me le fallait, absolument, tout de suite).
L’idée d’utiliser un spray pour le projeter sur son visage a de quoi surprendre, et j’avoue que j’ai eu du mal à m’y faire, mais pour le reste je suis, au bout d’une semaine d’utilisation, pleinement convaincue.
Il nettoie diablement bien, c’est un fait, mais le tout sans agresser mon pauvre visage, qui a eu à subir les méfaits de crèmes pharmaceutiques onéreuses et abrasives, et qui a bel et bien besoin que je le chouchoute un minimum. Il laisse sur le coton, et forcément sur les doigts qui le tiennent, une délicate fragrance, un sillage subtil mais très agréable ; et surtout, surtout, il n’a pas généré de réactions catastrophiques du style éruption intempestive ou rougeur infâme…

Je crois que j’ai mis la main sur ma nouvelle fantaisie cosmétique du soir.
Avec mon sempiternel brumisateur Avène…
14:58 Publié dans Bouts de chiffons et déperdition budgétaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.02.2008
On est toutes des midinettes

Je suis la première à sourire quand une des personnes féminines de mon entourage avoue avoir pleurniché au cinéma, la dernière image d’un film quelconque gravée sur sa rétine, et solidement ancrée dans sa mémoire…Les grands sentiments sur écran géant me donnent souvent l’impression d’être préfabriqués, hâtifs, sans concession aucune à la subtilité des rapports humains, de beaux cadres où les réalisateurs s’empressent de peindre une toile en demi teinte. Ils me laissent un goût d’inachevé, d’irréalité, un mélange de dialogues et d’émotions soigneusement contrôlés, laissant peu de place à l’imagination, si ce n’est en rajoutant parfois un pathos désastreux, l’ombre d’une mièvrerie ourlant chaque détail d’un liseré étroit.
Rares sont les films récents dits « sentimentaux » qui me plaisent, m’attirent, me heurtent. J’apprécie les bluettes légères sans conséquence aucune, un peu comme il m’arrive de lire des romans taxés « pour filles » : par un goût inavouable de frivolité, pour cette sensation d’avoir été bercée, quelques heures, dans une bulle d’un savon doux, coloré, mais sans grande saveur, ni odeur particulière. Peut être parce que, au fond, je ne suis pas une grande sentimentale, plutôt une immense passionnée ; mine de rien, le caractère de la personne qui observe, influence énormément la façon dont le film va être compris, ou analysé : ce qui parait grandiose à certains peut frôler l’indigence pour d’autres, et le magnifique côtoyer le ridicule.
Je crois que, l’une des seules fois où je me suis sentie émue, interpellée dans mes croyances ou mes convictions sur l’amour et les contrariétés inhérentes à sa nature, c’est en voyant le générique de fin d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind s’étirer sur la toile d’un petit cinéma de Paris…Après l’avoir revu à maintes reprises, je n’ai toujours pas réussi à totalement maîtriser les causes de mon affection intense pour ce film ; seules quelques grandes lignes de réflexion me sont peu à peu apparues. Outre le fait que ce film possède une originalité indéniable, une véritable fièvre de création, versant par instants fugaces dans un onirisme mélancolique, il met surtout en scène des personnages terriblement humains ; un couple qui, de non-dits en paroles malencontreuses, se cherche et finit par se déchirer…Des êtres perdus, dans l’immensité d’un monde d’anonymes, perdus dans les méandres de leurs propres mémoires ; fragiles et désemparés. Complexes. En équilibre constant entre le rire et l’émotion, le film se joue des défauts de chacun, et des craintes de tous.
Je pourrais parler des heures durant des thèmes abordés, relativement riches et réfléchis, mais ce serait s’éloigner un peu trop de ce que j’avais l’intention d’aborder dans cet article (décidément, les digressions sont une mauvaise habitude)
En réalité, cette longue introduction n’a pour autre but que d’expliciter un peu l’une des caractéristiques les plus pernicieuses de ma petite personne, et vous allez vite comprendre pourquoi je l’ai mise en place…Comme j’ai donc essayé de le démontrer, je ne suis pas grande amatrice de tout ce fatras féminin un peu pleurnichard et rose pastel jusqu’à l’écoeurement, et pourtant, oui, pourtant, je me suis découvert il y a peu de temps un petit côté midinette, qui devait sommeiller jusqu’alors au fond de moi.
Et voilà en quelles circonstances.
Quand j’étais petite, je fréquentais une école qui avait la chance de posséder une bibliothèque étonnamment bien fournie : je me souviens toujours, avec cette tendresse toute particulière que l’on éprouve pour les moments éphémères de l’enfance, des heures que j’ai passées à chercher de nouveaux romans, à travers les rayonnages mal agencés, les livres aux pages écornées, les couvertures froissées et cette odeur sèche du papier. C’est dans cet univers feutré que j’ai lu bon nombre de grands classiques (« le petit chose » d’Alphonse Daudet, « les contes bleus du chat perché » de Marcel Aymé, le sublime « Jardin Secret » de Burnett, mes émois poétiques induits par les questions du Petit Prince…) ou complété les collections que mes parents m’offraient sans cesse (la Comtesse de Ségur, Roald Dahl…)
Et c’est aussi là qu’au détour d’un rayon, je suis tombée sur Lucy Maud Montgomery : par je ne sais quel hasard, d’ailleurs, parce que j’ai bien du mal à présent à retrouver ses œuvres (il m’arrive de relire certains écrivains qui m’avaient tant plu une quinzaine d’année auparavant, séquence nostalgie), ce que je trouve particulièrement dommage.
Lucy Maud Montgomery est la créatrice de ce personnage, la mère spirituelle de cette fillette espiègle, qui a été immortalisée par ses nattes rousses, ses répliques piquantes, et ce nom aux consonances délicieusement british, même si elle vient en réalité d’une île canadienne : Anne Shirley.

Anne est orpheline, et malgré une enfance relativement difficile, garde le sourire en parlant à ses amis imaginaires, en s’inventant des histoires pour elle-même, en se jouant avec délices des rôles de princesse comme de ceux des fées.
Anne est volontaire (un peu trop), spirituelle (et bavarde souvent pour ne rien dire), maladroite et rouquine (pour son plus grand malheur).
Anne est recueillie, par inadvertance, par une femme un peu revêche (Marilla) et son frère timide et réservé (Matthew), couple bien mal assorti de deux personnes vieillissantes qui n’avaient en réalité demandé un enfant que pour effectuer de menus travaux dans leur ferme familiale.

Mais Anne, Anne avec un E (« parce que ça fait tout de suite plus distingué ») comme elle aime à le rappeler, débarque chez eux un beau matin, et, de catastrophes en petits drames intimistes (à l’instar « Des Quatre filles du Dr March »), ils s’apprivoisent, se comprennent et apprennent à s’aimer.
Tout ce charmant petit monde habite la communauté d'Avonlea, nom des plus évocateurs, qui me fait invariablement replonger dans mon propre passé, nom qui induit dans mon esprit des images de feuillages denses, de plaines en fleurs et de rires cristallins.
Frais, pleins d’entrain, attachants, les écrits de Lucy Maud Montgomery (car la saga d’Anne Shirley ne s’arrête pas à ses années de jeunesse, le lecteur est invité à la suivre lors de son adolescence, puis dans les troubles de sa naissance au monde adulte) ont enchanté la petite fille que j’étais ; alors, quand j’ai su qu’il en existait une adaptation fidèle, une de ces adaptations peu flatteusement reléguées aux après midi pluvieux des dimanches sur une de nos chaînes nationales, vous pensez bien que je n’ai pas hésité à la regarder.
Avec un peu d’appréhension, forcément, car comme toute œuvre que l’on a aimée, et qui, par ce simple fait, constitue une petite partie de nous, il est souvent difficile de rester objectif et de ne pas être déçu, voire désappointé, de voir transposées en illustrations ternes les histoires longuement imaginées.
Ce fut une délicieuse immersion dans mes années de jeunesse.

Oui, le propos est souvent un peu naïf, l’ambiance fleure bon les soirées au coin du feu, les bûches qui craquent dans la cheminée, et les contes d’antan, le tout emballé dans un papier rutilant de joyeuse pagaille.
Mais quelle émotion m’a saisie, lorsque devant mes yeux s’est matérialisée la célèbre maison aux pignons verts, le point d’ancrage de toute la saga, cette bâtisse aux contours désuets que j’avais si souvent dessinée ! Lorsque le visage de l’actrice incarnant (à la perfection, par ailleurs) Anne Shirley s’est dessiné sur l’écran…Lorsque la longue robe de Marilla a balayé pour la première fois le sol poussiéreux de la petite ville d’Avonlea… Le téléfilm, qui comporte 3 parties, trône à présent dans ma chambre, sans fausse honte, aux côtés de Tolstoï et de Thomas Hardy.
Et j’avoue prendre toujours autant de plaisir, lorsque j’en ai le temps, à le revisionner ; comme une bouffée d’oxygène, un délassement aux senteurs de thé et de ce papier jauni par le temps, il y a quelques années, dans une petite bibliothèque de quartier…
Peut être qu’après tout, on a toutes nos côtés midinettes…

09:46 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
26.02.2008
Pour qui sonne le glas

En des temps immémoriaux où je n’étais pas encore transformée en cette personne obsédée par la notation de dignes professeurs à barbiche, en ces instants rêvés où la perspective de rater une épreuve ne m’entraînait pas directement dans un état proche de la folie furieuse névrotique, je m’intéressais à tout un tas de choses, dans un joyeux fatras de connaissances pêle-mêle, accumulées au fond de mon esprit comme une étoffe bariolée, totalement hétérogène et diablement séduisante. Je fonctionnais un peu comme ces personnes frénétiques, qui avancent par pallier d’existence, s’arrêtent quelques mois sur une passion majeure, dévorent les ouvrages et engloutissent visuellement les œuvres d’arts, quelles qu’elles soient par ailleurs, avant de se relancer joyeusement dans une direction parallèle, ou pas.
Et j’adorais ça.
Cette idée que la vie m’offrait un réseau inextricable de culture, de possibilités et de rencontres, me fascinait ; j’avais la sensation que, pour un peu qu’on s’en donne la peine, notre univers recelait de fruits murs, n’attendant que notre main et notre pensée pour se détacher de l’arbre et nous appartenir.
Quelques années me séparent de cette vision, un brin idyllique, de l’existence ; et ces années m’apparaissent à présent comme un gouffre dans lequel ont sombré beaucoup d’illusions, mais aussi pas mal d’espoirs ténus…Peut être parce que je n’ai plus le temps, ou que, quand les journées s’achèvent, ma seule envie réside dans l’équation binaire bain chaud- sommeil sous la couette : le temps n’est plus ce bienfaiteur silencieux qui m’a fait grandir, il se mue en un terrifiant ennemi, contre lequel je me bats sans relâche ; les 24 heures semblent durer comme autant de minutes, les mois se déroulent en un tapis glissant, et j’approche à grands pas d’un concours que, malgré tout mes efforts, je n’ai pas eu le loisir de travailler comme je l’aurais souhaité.
Et cela me fait soudainement très peur. J’éprouve cette crampe intérieure qui prend possession de mon estomac, s’y éternise, et me fait douter ; un peu comme si je m’efforçais en vain d’avancer, mais que toujours, par un effet combiné du hasard et de l’ironie de la vie, j’en arrivais toujours à mon point de départ.
Lundi, je vais me présenter à cet examen, avec mes connaissances éparses, très peu d’heures pour revoir les bases qui sont, parait il, fondamentales, mais qui se noient un peu dans toutes les constructions intellectuelles que j’ai dû comprendre cette année. Lundi, je vais me trouver en concurrence directe avec des personnes qui ont eu la chance de bénéficier des cours d’une prépa spécialisée, des personnes qui auront sans doute aussi peur que moi, mais pourront se raccrocher à l’idée qu’elles ont travaillé les thèmes proposés d’arrache pied. Mes recherches solitaires, annexes pourrait on dire, et mes cours me paraissent à côté bien dérisoires.
Lundi, sonne comme une échéance, et je sais pertinemment que ce week end, je ne vais pas réussir à fermer l’œil.
Bien sûr, ma vie n’en dépend pas. Bien sûr, il y aura d’autres occasions.
Mais, faut il le dire…
Je suis profondément orgueilleuse. Pas prétentieuse, mais fière. L’idée que je puisse passer pour, lâchons le mot, une bouffonne indigne d’intérêt auprès d’un correcteur me rend malade ; la pensée que j’ai tellement de choses à dire, mais si peu de temps pour les exprimer, m’angoisse. Et le principe du jugement hâtif sur une simple copie, un bout de papier, le jugement de tant d’années passées hors de tout, hors de l’existence, le nez profondément plongé dans des manuels, me semble tellement dur.
Je n’y avais pas pensé jusqu’alors.
Qu’on puisse penser connaître le sens, la valeur d’une personne, à la lecture d’une de ses réflexions, maladroite peut être, mal formulée, sans doute, mais à la volonté si sincère de faire quelque chose de sa vie.
Parce que quelque part, la motivation, elle, est réelle. Mais elle se dilue dans celle de toutes les autres, et finalement s’y annihile…
19:23 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le site déprime, et nous aussi

Je me connecte et que vois-je?
Je n'ai plus de bannière, et il m'est impossible de la remettre vu qu'à chaque fois que je tente l'expérience, le site plante, ou met plus de 10 minutes à charger mon image.
Quelqu'un aurait il une suggestion à me faire, avant que je ne tombe en dépression?
18:41 Publié dans Blablatages sans intérêt | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.02.2008
"Tu n'as rien d'autre à faire?"...Euh...

J’aime beaucoup mes parents.
Sincèrement.
D’abord, parce qu’ils m’ont fait l’insigne honneur de me permettre de naître en cette belle Terre (« I’m a new soul, I came to this strange world »…Vous connaissez la suite).
Ensuite, parce qu’ils arrivent tout de même à me supporter en ces instants terrifiants où, mon quota de stress étant atteint, je me transforme en sauvage furie, une filiation que ne renierait pas Regan dans l’Exorciste. Rien que pour ça, les pauvres méritent haut la main une médaille d’or, un disque de chants de dauphins pour se détendre (oui, parait il que ce son a des vertus hautement thérapeutiques, comme les baleines d’ailleurs) et une semaine au SPA pour achever de se remettre les nerfs à l’endroit.
Malgré tout, dans l’océan de petits détails qui nous séparent, il en existe un, non pas le plus important je vous rassure, mais le plus anecdotique…Façon comme une autre d’introduire un peu d’humour dans ce blog, aux côtés de mes tendances sentencieuses de ces derniers jours (non, on ne se refait pas. La personne qui a prétendu le contraire allie, je suis au regret de l’annoncer, une parfaite inconscience à une totale méconnaissance de l’âme humaine)
Ce petit grain de sable qui vient parfois faire crisser les rouages de notre cohabitation, tient en quelques mots : la télévision.
Mes parents, que j’aime donc, sont intimement persuadés qu’en raison des études que je suis, je me devrais, dans les quelques rares moments de pause que je m’accorde entre deux exposés et une charmante plaidoirie, de me précipiter consciencieusement sur les journaux et, s’il n’y a plus d’articles que je pourrais éventuellement apprendre par cœur (si tant est que ce soit d’une quelconque utilité), regarder attentivement la chaîne parlementaire, ou tout autre concurrente ayant pour principe majeur de décortiquer allègrement les arcanes de notre système politique.
Alors que moi, qui ne suis malgré tout qu’un simple être humain, je n’ai évidemment qu’une seule envie : me vautrer sur le canapé telle une âme échouée dans ce monde par un accident du hasard, et choisir entre plusieurs programmes dits de « détente ». Je le confesse, la majeure partie du temps, je zappe sur les Simpsons (émission pour laquelle j’éprouve une grande fascination, peut être parce que je ne l’ai découverte que récemment), ou tout autre genre intellectuel (oui, je suis aussi une grande consommatrice des séries pour ados prépubères…Type Hartley – qui me rappelle mes vertes années pendant lesquelles je n’en loupais pas un épisode, époque bénie où je trouvais les acteurs absolument merveilleux, le comble de la coolitude, avec leurs cheveux gras, leurs piercings et leurs fringues hippies. Chacun ses défauts)
Toujours dans l’optique de me délasser un peu, j’apprécie les séries américaines (surtout les nouvelles, il y a toujours cet attrait irrésistible des premières fois) ; or, mes parents, pour qui série rime forcément avec Gloire, Amour et Déboires et autres joyeusetés parfaitement calibrées pour les grands-mères arthritiques ou les femmes désoeuvrées, sont affreusement rétrogrades là-dessus. Ils n’ont jamais entendu parler de Desperate Housewives, pour eux Dr House est une marque de produits d’entretien domestique, et, grands dieux, ils ont eu un jour le malheur de débarquer alors que je regardais un épisode particulièrement croustillant de Sex And The City (avec Samantha, ça vous laisse tout de suite imaginer)…
Ma mère était complètement effarée.
Elle était persuadée que j’avais viré du côté obscur, et que j’avais acheté en douce un film porno soft.
Hum…
J’ai donc droit aux sempiternelles remarques, qui me font beaucoup sourire sur le coup, mais occasionnent ensuite de graves problèmes de culpabilité quand j’y resonge : « mais tu n’as rien de mieux à regarder ? »
« Tu ne pourrais pas un peu t’intéresser à l’actualité ? » (ça c’est l’apport de ma mère. Je ne sais pas ce qu’elle imagine que je fais, quand je suis en fac jusqu’à 22h et que j’étudie avec application les réformes administratives. Sans doute croit elle que j’enfile des perles, tout en prenant le thé avec des flamants roses, sur un fond de Abba)
Des fois, je crois qu’ils oublient un peu que j’ai 25 ans.

20:10 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.02.2008
Jalousie: je te tiens, tu me tiens...Et on se blesse, aussi.

Bon.
J’avais décidé de me remettre à travailler d’arrache-pied après ma folle soirée d’hier de fille libérée, enfin, là j’exagère un tout petit peu (oh, si peu), bref. Evidemment, je me suis réveillée avant l’aurore, le ciel avait encore, lorsque j’ai ouvert mes yeux, une teinte vacillante, des tons d’ombre et même quelques vagues étoiles poussiéreuses. Il semble donc que mon corps ait spontanément pris cette mauvaise habitude de se lever à heure fixe, quelle que soit l’heure à laquelle je me couche : c’est fantastique pour les cours, ou toute autre obligation majeure, mais je commence à regretter les nuits complètes, bien calée sous mes deux couettes duveteuses, sans oublier les rêves qui venaient égayer mon sommeil. Fascinante, d’ailleurs, cette théorie d’un subconscient qui s’éveillerait lorsque notre tête se pose sur l’oreiller : je me suis toujours demandé d’où pouvaient bien venir ces images fébriles, ces paroles insensés et ces symboles sibyllins…Un de ces quatre, je penserais à m’acheter un bouquin dessus, on n’est jamais trop curieux.
Où en étais-je, déjà ?
Ah oui, à la raison m’ayant poussée à écrire cet article, à prendre un peu de mon temps pour discuter avec vous (ô toi, lecteur, j’espère que tu te sens quelque peu concerné, ou du moins que tu vas changer d’avis en lisant la suite de mon post) d’un sujet qui m’a souvent interloquée.
Posons le décor : une amie m’appelle en plein milieu d’une préparation de td (je ne rentrerais pas dans les détails pour cause d’atteinte grave à vie privée d’autrui, je pense que vous comprenez) en pleurs, arguant du fait qu’elle a découvert que son copain (avec qui elle est depuis maintenant 3 ans, à nos âges, mine de rien ça compte) avait été en soirée sans elle (je précise qu’il s’agissait en l’occurrence d’une soirée de son école) et qu’il avait commencé à correspondre avec des ami(e)s sur Facebook. Déjà Face machin je ne connais pas des masses, je n’ai pas spécialement le temps de me consacrer aux nouveautés d’Internet, et j’ai suffisamment de mal comme ça à abandonner mes sites préférés ; il ne m’apparaît donc pas nécessaire de rajouter dans ma vie surchargée une autre modalité qui va, à n’en pas douter, devenir une autre obsession (je suis bien assez maniaque comme ça)
D’après ce que j’ai pu comprendre de la dite histoire, il semblerait que ce soit une crainte, à mon avis infondée, que le couple ne finisse par se briser, via une histoire de tromperie, de coucherie, et toutes les conséquences que cela peut amener ; une crainte dictée aussi, telle que je connais mon amie, par une certaine forme de jalousie particulièrement perverse.
Perverse, oui, car elle heurte la conscience de son copain, mais qu’elle la fait également beaucoup souffrir.
Je ne la critique pas, comprenez moi bien : je l’aime beaucoup, elle fait partie de mon entourage direct et de mon existence, elle forme avec quelques autres cette seconde famille de cœur dont nous avons tous besoin pour avancer, ou tout simplement pour vivre.

Cela ne m’empêche pas, par ailleurs, de ne pas toujours être d’accord avec elle, notamment en ce qui concerne son caractère parfois excessif.
Ce qui me permet de laisser libre cours, pour quelques moments, à quelques petites réflexions annexes.
Il est vrai aussi, pour ne pas noircir le trait, que je n’ai jamais été jalouse moi-même : ni d’autres filles mieux habillées que moi (et si malheureusement ça existe), ou plus brillantes, ou plus riches, en somme je ne ressens pas le besoin de me comparer aux autres pour exister, comparaison qui ne peut d’ailleurs être que superficielle puisque s’attachant par essence à des détails souvent purement matérialistes. Ni envers les filles, disais je donc, ni envers les garçons qui ont jalonné ma vie, qui ont partagé un bout de chemin avec moi (j’essaye de trouver une façon plus poétique de parler de « relations amoureuses » sans user de ce terme qui ne m’a jamais plu, tant il paraît froid et sans âme).
J’ai donc beaucoup de mal à comprendre les personnes possessives, le genre à appeler sans arrêt et à n’importe quel moment, à imaginer le pire dès que l’objet de leur affection (film avec Jennifer Aniston me semble t’il au passage, que je n’ai pas vu) s’éloigne d’elles, à ne pas supporter de le voir parler avec une autre fille, à vouloir l’accompagner dans ses déplacements, ou à bouder s’il a le malheur de trouver de la beauté en une autre qu’elles : je ne sais si ce comportement dénote un profond sentiment d’infériorité, ou un tempérament anxieux à l’extrême, mais je suis persuadée qu’insidieusement, cela finit par gangrener une relation, quels que soient par ailleurs les liens qui se sont tissés.
Bien sûr, il faut peut être préciser que mes pensées concernant la viabilité d’un couple s’articulent autour d’un précepte majeur, d’un credo en soutenant toute l’architecture : l’importance primordiale de la confiance. Non pas de la confiance béate et un brin naïve, qui pousse nombre de personnes à se jeter frémissantes dans la gueule du loup ; une confiance en la capacité de l’autre à se donner ses propres limites.
Et c’est là tout le problème.
Peut être que, dans notre monde contemporain, les tentations sont grandes, nombreuses, et variées, et la liberté que l’on prône comme première des valeurs fondamentales n’a jamais été aussi présente dans nos esprits : malgré ça, je persiste à penser qu’en amour comme dans toute autre chose, il faut pouvoir esquisser une bulle d’indépendance à laquelle l’autre ne doit pas toucher. Une parcelle profondément intime, que chacun se doit de posséder, dont le périmètre se fixe entre ce qu’il est possible de faire, et ce qui risque de mettre à mal la dite relation. Une de mes connaissances masculines me disait un jour que, dans le jeu de la séduction auquel on s’abandonne parfois, même lorsqu’on est en couple, il y a toujours une part de danger non négligeable : le danger de se laisser emporter par ce qui ne devrait être qu’un jeu, une sorte de petite représentation théâtrale, et de finalement laisser tomber le masque, avant de succomber.
Je crois vraiment que, si on réussit à faire la part des choses entre le réel (la relation en couple) et le fantasmé (pas besoin de vous faire un dessin), ce danger s’écarte progressivement et finit par ne plus poser de soucis.
En dehors de cette idée d’autolimitation, que j’ai la faiblesse de croire universelle dès lors que l’on devient adulte et donc doué de raison et d’une certaine conscience morale, de toute façon, la jalousie amène à endosser le rôle d’un garde chiourme peu amène. Rien de tel pour faire fuir toute personne un tant soit peu attachée à son besoin d’indépendance : dans ce schéma vicieux, l’excès de jalousie entraîne fatalement l’effet inverse, comme une sorte de miroir sans tain, à la surface déformante…
C’est presque pousser à la faute, à force de la craindre, de l’anticiper, et de la voir comme inéluctable : l’esprit humain étant pétri de contradictions, on fait souvent ce que l’on voudrait le moins voir reproduit chez autrui.
Ca devient aussi terriblement usant.
On dit souvent que la jalousie est l’apanage de la femme.
Peut être aussi qu’il faut apprendre, de temps en temps, à baisser nos armes, à cesser de les brandir comme des épées à double tranchant, qui nous laissent dans la bouche un goût amer, de larmes et de sang.
Je ne suis pas une fervente admiratrice des hommes, loin de là. Mais parfois, il faut bien avouer qu’on leur prête des défauts qu’ils n’ont pas.

15:25 Publié dans Les grandes Théories existentielles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.02.2008
"De la faculté de l'oubli"...Ce fameux Nietzsche

Je m’aperçois, à mon grand regret, que je viens à peine de débuter ce blog, et que, déjà, il se retrouve tristement perdu et solitaire, dans son petit étui bleu, entouré de ses deux articles de « remise en forme »…
Hier, j’avais l’intention de rédiger un article entièrement consacré à ma passion, relevant sans aucun doute de la maniaquerie obsessionnelle,pour un auteur qui me tient particulièrement à cœur, et dont les œuvres sont souvent noyées dans la masse de toutes les autres « chinoiseries littéraires » : Pearl Buck. Sans vouloir m’étendre davantage sur ce sujet, j’y ai longuement repensé lorsqu’en cours, j’ai évoqué avec une amie les très bons vers (si l’on peut appeler ses écrits des vers, ce dont je doute fortement quand on réfléchit sur le sens exact du terme employé dans la langue française) de Victor Segalen, dans son recueil « Stèles » ; brutalement, dans une sorte de flash du plus bel effet (je soupçonne fortement mon saut du déjeuner pour cause de cours incessants aux 4 coins de Paris d’y être pour quelque chose), j’ai revu, et tout cela pêle-mêle, les images flamboyantes du « Dernier Empereur », film qui reste un de mes incontournables-indémodables (il faut comprendre par là que je le regarde en moyenne une fois par mois), et quelques lignes des œuvres de Pearl Buck, ses récits oscillant souvent entre romantisme ténu, à fleur de page, et histoire d’un déclin, d’un renouveau, d’un changement et d’une rupture.
Seulement voilà, entre temps j’ai repris la fac, les modules qui vont avec, et je viens tout juste de recevoir mes premières fiches de td, qui m’incitent fortement à comprendre qu’une fois encore, je ne vais pas m’amuser. Comprenons- nous bien, je serais d’une hypocrisie sans nom si j’osais affirmer que je n’aime pas ce que je fais.
Bien au contraire, j’irais même jusqu’à dire que cela me passionne : j’ai la chance, et je m’en rends bien compte, d’avoir des professeurs hautement compétents, pour bon nombre d’entre eux brillants (ce qui nous fait bien sentir la plupart du temps combien nos connaissances et nos prétentions sont vaines et mesquines, ce qui à mon sens ne peut faire de mal à personne, surtout à mes charmants collègues de fac qui, les malheureux, ont déjà un melon tridimensionnel). J’ai beau avoir un côté masochiste, je n’aurais jamais poursuivi sur une voie qui ne me plaisait pas ; seulement voilà, comme toute chose a son bon et son mauvais côté, je dirais à la décharge de mes études qu’elles sont non seulement intenses, mais qu’elles me prennent littéralement, et dans tous les sens du terme, le sens même de mon existence…Comme la majorité des personnes que je côtoie, et qui vivotent dans la même ambiance, je vis, non pas par journées, non pas en fonction d’un cadran solaire ou même d’heures volées au temps, mais par plage hebdomadaire, rythmée par les essais, les coups de sang, les quelques crises de larmes et le bruit fragile de pages de manuels qui s’ouvrent, ou se ferment.
Les concepts que l’on nous inculque, et qui nous permettent, dans leur manifestation la plus externe, de percevoir les rouages de notre monde politique, de sourire parfois aux sottises des journalistes et de commencer, tout juste, à comprendre l’univers qui nous entoure, sont de réelles armes que l’on se forge, à force d’apprentissage, de recherches…Seulement, ils demandent du temps, et nous avançons au détriment de tout un tas d’autres choses ; à la vérité, je n’ai presque plus, ne serait ce que de matinées, à offrir à mes amis.
La césure est rendue encore plus brutale par le fait que la plupart d’entre eux, ayant achevé leurs études, sont entrés dans le cercle, conformiste certes, mais ô combien connu et même galvaudé, du « monde du travail ». Leur week end est ainsi entièrement dédié à une détente qu’ils accueillent avec un sentiment de fierté à l’idée d’un travail accompli ; et je me sens mal à l’aise à la pensée de devoir, une fois encore, comme de coutume, leur annoncer que non, finalement non, j’ai deux plaidoiries à préparer pour la semaine suivante, des revues à lire, et que non, finalement non, je ne pourrais pas les accompagner au cinéma.

Je passe mon temps à annuler des sorties, et mes rendez-vous manqués forment une trame qui, peu à peu, m’enserre et me prend à la gorge : une trame tissée de leurs regrets, qui sonnent de plus en plus comme des accusations voilées, parsemée de mes propres doutes…
Parce qu’on ne sait jamais ce que la vie peut nous réserver (bien que je ne crois pas spécialement en la théorie d’une Nature omnisciente dirigeant le moindre de nos faits et gestes), et que les efforts que l’on dresse autour de nous comme autant de remparts peuvent fort bien basculer, et finalement servir moins notre intérêt que ce que nous avions pensé, de prime abord, dans notre idéalisme béat et, je dois le dire, d’un optimiste forcené.
Parce que parfois, je crains que les gens ne se lassent de proposer en vain des dîners auxquels j’assiste trop peu, ou des soirées que je quitte un peu trop tôt.
Parce que quelque part, quand je les abandonne, et que les bruits furtifs d’une fête se font de plus en plus évanescents, au fur et à mesure que je m’éloigne, que les couleurs se diluent, c’est un peu comme si je laissais derrière moi un pan de ma vie.
Enfin, comme disait Nietzsche (cet éternel insatisfait), tout homme a en lui la faculté de l’oubli, permettant à chacun d’avancer en mettant volontairement sur le côté les écueils qui le blessent en l’enfermant dans des regrets sans fondements.
Alors, ce soir, je vais oublier que sans doute demain je me réveillerais avec cette sensation chronique d’avoir eu tort, avec cette crainte solidement ancrée d’avoir pris du retard dans mon travail, et je vais rejoindre, ne serait ce que pour quelques heures, les lumières vives et les rires de ma jeunesse.
N’est pas Nietzsche qui veut…

22:20 Publié dans Les petits riens | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20.02.2008
Tu veux un titre, tu en auras un: L'Occitane, pourquoi me fais tu ce coup là?

Je disais donc profitant de l’abandon d’un de mes profs, qui est sans l’ombre d’un doute en train de participer à l’heure qu’il est à une obscure conférence d’initiés sur le droit public, ses avancées et ses surprises des plus alléchantes, je ne peux résister à l’envie de rédiger une petite note matinale, pour la seule et unique raison que j’ai ce besoin irrépressible de vous faire partager ma consternation.
Une petite introduction s’impose, afin que tout le monde puisse bien percevoir l’étendue de mon désespoir.
Je fais un rêve récurrent, dans lequel je retrouve toujours, d’une façon ou d’une autre, la peau de mes 15 ans. A l’époque où la majeure partie du genre humain se débattait contre des problèmes pubères divers et variés, le tout dans la joie et la bonne humeur, j’avais la chance (génétique sans doute, vu l’incroyable douceur de la peau de mes deux parents) d’avoir le visage lisse, souple, frais. Voilà, je cherchais le mot : un minois frais. Et pourtant je tiens à préciser, afin de marquer le coup, que je ne l’entretenais absolument pas (quoi, une crème hydratante ? Grands Dieux de l’Olympe, mais pourquoi faire ??), bien au contraire. Surfant sur la vague gothique de mes premiers émois d’adolescente, je m’entartinais d’une sorte de pâte blanchâtre que je retirais le soir à grandes eaux, c’est vous dire le désastre…
Et puis la fac est arrivée, avec son quota de stress quotidien (je suis navrée de paraître monomaniaque, mais étant donné que je ne fais que travailler, ma vie se résume bien souvent à l’équation binaire bosser-dormir, un peu comme un hamster, sauf que moi en plus je n’ai pas la roue pour m’amuser. Pourtant le concept a quelque chose d’infiniment séduisant, mais là je m’égare), les profs exigeants, les années difficiles (avant de faire du droit, j’avais opté pour des études encore pires, laissant parler mon côté masochiste longtemps endormi : médecine)…Je crois que tout mon intérieur s’est détraqué, vraiment. Une machine bien rôdée qui finit par s’autodétruire de façon progressive, finissant par atteindre des sommets d’imperfections rédhibitoires. Et ma peau, qui semble t’il selon certains poètes ou même, sans aller aussi loin chercher de vaines citations, selon certains dermatologues, est le reflet de nos remous internes, a commencé à faire n’importe quoi. Je me suis donc retrouvée dans la situation des plus délectables, de devoir faire face à un retour en fanfare d’une adolescence tardive, le tout combiné au fait que je fréquente l’une des facs les plus modeuses de Paris (sponsorisée par Chanel et Dior aux premières loges)
Et là, ce fut une catastrophe.
N’écoutant que les conseils avisés de pharmaciens à l’âme corrompue par la vénalité, j’ai acheté moults crèmes, toutes plus décapantes les unes que les autres (à part Avène et son brumisateur de génie), n’enrayant pas les problèmes naissants mais au contraire les amplifiant de façon démesurée, jusqu’à ce que je sombre dans une sorte de dépression épidermique, alliée à une extrême sensibilisation. Pendant des années, j’ai vaillamment combattu, mais rien n’y a fait.

J’en étais presque arrivée à une renonciation désabusée, regardant en arrière avec tendresse mes jeunes années qui jamais ne reviendraient, me résignant à souffrir du syndrome « Cameron Diaz » toute ma vie, quand enfin, dans cette quête acharnée de la crème miracle, j’ai découvert l’Occitane. Autant vous le dire tout de suite, je n’accordais pas un grand crédit à ce genre d’enseignes : cher, chic certes, mais j’avais déjà tâté des produits de luxe type Clinique ou Estée Lauder, et éprouvé une déception mesurée à l’aune de ma douleur à l’idée d’avoir tant dépensé…
Mais la boutique était mignonne, avec ses étagères aux flacons rétro, son odeur d’oranges et d’épices, fleurant bon les confiseries de Noël. Mais les produits luisaient faiblement dans leurs jolis atours, un lait à la fleur de cerisier semblait m’inciter à sortir mon portefeuille…Alors j’y suis restée.
Et je suis tombée amoureuse de la marque, un vrai coup de foudre. L’histoire ne serait pas si belle, si cela n’avait été qu’à sens unique : je peux le dire franchement, l’Occitane a sauvé ma peau. Je sais, ça peut paraître insensé, après toutes les erreurs cosmétiques que j’ai pu commettre, après tous les achats aux prix ridiculement élevés, mais la marque a su peu à peu dompter mes réticences à l’égard des soins pour visage.

J’avais trouvé la pierre Philosophale (désolée, retour inopiné d’Harry Potter et de mes lectures d’alchimiste du dimanche), plus besoin d’aller voir ailleurs : la gamme à la Lavande, dont un fluide aux senteurs piquantes de Provence.
Autant vous laisser imaginer quelle joie fut la mienne, joie brutalement coupée dans son élan par ma dernière visite à la boutique, hier après midi.
Là, je vous vois trépigner devant votre écran de PC, je n’ai donc pas le cœur de vous faire languir plus longtemps : pourquoi suis-je aujourd’hui si désespérée, me direz-vous ? Quel était l’intérêt de cet article qui semble n’avoir pas de fin ?
La réponse est simple et tient en quelques mots : la gamme lavandesque (je sais pertinemment que ce terme n’existe pas, mais j’ai l’esprit résolument Boris Vian, j’adore inventer de nouveaux mots) ne se fait plus.
Sérieusement, hein, ils ne sont pas en rupture de stock, que nenni. Ils ont simplement décidé, je cite « d’améliorer le produit et d’en sortir un autre », sous le fallacieux prétexte que des gens (je suis au regret de le dire, certainement lents d’esprit) se sont plaints de l’odeur de LAVANDE (c’est sûr que quand j’achète de l’eau de rose, c’est un scandale si cela ne fleure pas la myrtille, les méandres de l’esprit humain m’étonneront toujours)
Mais l’Occitane tu ne te rends pas compte que c’est une clause de rupture (oui, même si j’aime beaucoup ta crème à l’Olive) ? Comment peux tu me faire un coup pareil, après des mois de bons et loyaux services ?
J’ai l’impression d’avoir été lâchement abandonnée par l’amour de ma vie, au moment même où je m’étais habituée à sa présence.
09:30 Publié dans Bouts de chiffons et déperdition budgétaire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
19.02.2008
La fac, ses joies et ses rencontres kafkaïennes
Je sais, je sais.
Vous allez vous dire que ce n’est que ma deuxième note, et que déjà je me laisse aller à cette facilité déconcertante qui consiste à critiquer mon prochain autant que faire se peut. Partir de cette constatation pour me travestir en vieille fille acariâtre et dénuée de tout amour pour autrui ne demandera ensuite qu’un effet minime d’imagination, que je vous accorde d’ailleurs volontiers.
Parce que c’est tout à fait vrai, j’ai un sens critique assez développé. La critique de mentalités s’entend, vous pourriez bien vous vêtir d’une robe de bure et sortir les cheveux gras et coiffés à la Selma Blair, pour ce que ça me fait.
On a tous nos défauts.
Non, en fait, pour dire les choses telles qu’elles sont, certaines manies chez mes consoeurs et confrères m’exaspèrent au plus haut point et font irrémédiablement ressortir ce qu’il y a de pire en moi : l’ironie mordante dont, malgré des années de psychanalyse envers moi-même, je n’ai pu me défaire (et dont la teneur augmente d’année en année, je le crains)
Bref, plantons le décor de cette scène mirobolante, afin d’en arriver tout de même au profond contenu de cet article intellectuel.
Nous sommes un beau vendredi de février, il est 9h 30. Dans les couloirs étriqués de ma fac, où les couleurs défraîchies côtoient le sol en simili parquet mis à mal par des milliers de pas épuisés d’étudiants en proie à des tentatives de suicide diverses et variées, une nuée de jeunes personnes, toutes plus frénétiques les unes que les autres, révisent pour une dernière fois leurs cours, dans un envol de feuilles et de fiches, les mains tremblantes et le cœur au bord des lèvres. De temps à autre, l’une des portes menant, il faut bien le croire, à une séance de torture délectable qui consiste à faire passer l’étudiant devant un examinateur déjà las, s’ouvre et laisse passer le visage tiré d’un garçon aux yeux tristes, ou les dernières larmes d’une fille, qui, sous sa frange, murmure que « pourtant elle savait, pourtant elle savait »
Ce qui est communément connu sous le terme d’examen oral, en somme.
Les minutes défilent sous mon regard, les mots tentent une dernière fois de s’ancrer dans ma mémoire déjà saturée de dates et d’arrêts, les couleurs trop vives de mes feuillets m’agressent la rétine, et je verse tout doucement dans un état proche de l’autocannibalisme, quand ELLE arrive.

Elle, c’est le prototype parfait de la bourgeoise prétentieuse qui forme (ou croit former, la pauvre enfant) le gratin de notre bien aimée faculté de droit : elle peut être brune, ou blonde (surtout pas rousse cela détonne beaucoup trop dans le paysage uniformisé des chevelures féminines), grande ou petite, ronde ou mince (en général elle est mince étant donné qu’elle fond en larmes si par malheur 1 elle est obligée de déjeuner à la cafétéria des prolétaires et 2 qu’il n’y a plus que des pommes GOLDEN (au lieu des Grany bien moins caloriques à ses yeux) dans le rayon hautement rentable des fruits et légumes de la dite cafétéria, à qui cela ne semble pas poser de problèmes de conscience de faire payer 2 euros la pomme et 10 centimes la fourchette en plastique pour manger dignement leurs immondes salades)
Elle se reconnaît pourtant aisément, précédée de son air hautain proprement exaspérant, d’une démarche empruntée, je le jurerais, aux mannequins des derniers défilés, et d’une répugnance visible à s’asseoir sur une des chaises gracieusement mises à notre disposition dans le couloir aux teintes maladives.
Je tiens d’emblée à préciser que ce n’est pas la jalousie qui dicte mes mots, mais un sentiment tout à fait humain de lassitude extrême, que vous allez vite comprendre.
Appelons-là Lorianne (ancien nom maudit pour des raisons que peut être un jour je vous expliquerais).
Lorianne donc, qui n’est convoquée qu’à 11h mais qui devait sans doute en avoir plus qu’assez de se réciter ses fiches par cœur à elle-même (les joies de la conversation solitaire ayant tout de même ses limites), décide de faire profiter de ses cogitations intellectuelles aux pauvres personnes qui, par malheur, sont à ses côtés. Oubliant que, dans des moments de stress dont les pics sont bien capables de nous faire grimper au lustre (enfin aux néons, vous avez compris l’analogie), l’être humain est au summum de ses capacités misanthropes, elle n’a de cesse d’interroger les étudiants sortant de la salle d’examen de façon saugrenue, et que je trouve pour ma part extrêmement déplacée, dans la mesure où dès qu’elle entend l’intitulé de leurs questions elle se met aussitôt, les yeux dans le vague, à régurgiter des pans entiers de son cours tout en, et tout ça dans le même temps, esquissant un sourire sournois et une remarque qui ne l’est pas moins, du genre « ah mais comment c’était facile, j’aurais su par cœur ! » ou « ah oui il fallait dire...* s’ensuit un affligeant monologue de quelques minutes* quel sujet sympa ».
Alors que la personne en face d’elle vient bien de préciser qu’elle avait lamentablement échoué et que le jury lui avait bien fait comprendre qu’il/elle ne méritait pas sa glorieuse place dans notre monde non moins glorieux.
Je ne sais pas pour vous, mais j’ai tendance à trouver ça d’une mesquinerie effroyable. Et pourtant je ne suis pas une tendre, mais bon, j’ai encore quelques notions de compassion ( amis Rousseauistes, je vous salue)
Après une demi heure de ce traitement intensif qui lasserait la patience de n’importe quel être normalement constitué, et qui d’ailleurs a épuisé la mienne depuis belle lurette (je n’en ai jamais eu des tonnes, en même temps), je ne peux contenir plus longtemps ma langue (connue pour être, dans certains moments, d’une acidité que je suis la première à déplorer) et lui demande, dans un silence pesant, si elle va se décider à se taire ou si on va devoir encore supporter ses élucubrations matinales de très mauvais effet. Là-dessus notre Lorianne, quelque peu décontenancée mais toujours confiante en la noblesse de ses sentiments, rétorque, avec toujours plaqué sur ses lèvres ce sourire horripilant :
« je comprends, je comprends…Je ne voulais pas vous stresser, tous…c’est vrai que les gens souvent n’aiment pas passer après moi, ils ont peur d’être défavorisés »
Je vous laisse savourer cette délicieuse preuve d’un narcissisme pathologique, je fus moi-même partagée entre une irrépressible envie de lui claquer le beignet d’une phrase bien sentie, et une tendance à penser qu’elle était ironique, et que ce n’était que du second degré…Avant que j’ai pu me décider sur le visage à adopter, mon nom a résonné dans le couloir, et j’ai rassemblé mes affaires éparses pour me présenter devant le jury.
Avec cette certitude de plus en plus ancrée en moi.
Ma fac est un repère de futurs cas sociopathes.
Kafkaïen, je vous dis.

09:15 Publié dans Pourquoi je déteste (rayez la mention inutile) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.02.2008
Comment je suis revenue aux Blogs (oui tout le monde s'en fiche, mais moi ça me fait plaisir de l'écrire)
Pas de ceux dont on se sert pour faire la promotion indirecte d’ami(e)s solitaires, espérant vivement qu’ils réussissent à trouver chaussure à leurs pieds avant qu’on ne finisse par exploser un beau jour alors que la douce sonnerie du téléphone heurte l’un de nos rêves particulièrement croustillants à 3 h du matin…Oh non, je trouve d’ailleurs ce concept particulièrement sordide. Et puis je ne suis pas Meetic (en plus pour être tout à fait honnête, je n’aurais pas touché un Kopeck, et mine de rien l’argent dans la vie c’est important). Bref, ah y est je commence déjà à m’éloigner du sujet (l’une de mes grandes passions indicibles)
A l’époque donc, j’avais même intégré une sorte de petite communauté souterraine, rencontré des gens très agréables avec qui partager certaines passions et surtout beaucoup de fous rires, des messages à caractère satirique masqués dans nos notes du matin et des petites piques particulièrement savoureuses. Or, il existe dans la vie une théorie fondamentale que tout le monde, j’en suis intimement persuadée, connaît bien : il s’agit du « tout va bien mais ça ne durera pas », un vieil adage sur lequel s’est d’ailleurs bâtie une bonne partie de l’histoire de l’Humanité (je penche vers le concept d’une destinée qui risque fort de s’ennuyer si elle n’émet pas de temps à autre des signes avant coureurs d’une schizophrénie à double tranchant : ainsi, se trouvent placés sur notre route des embûches et des joyeusetés, alors que nous n’avions rien demandé)

Peu à peu (suite à une avalanche effroyable de trolls à l’orthographe aussi douteuse que leurs blagues pitoyables, et de quelques remous internes prenant au fil des jours une importance démesurée), j’ai commencé à m’éloigner de mon blog. Non pas que cela ne me plaisait plus de raconter ma vie à tout-va (bien au contraire c’est une matière dans laquelle j’excelle, sans vouloir me vanter), mais l’ambiance qui se dégrade, cela me branchait moyennement : on subit déjà suffisamment de pressions et d’histoires idiotes lors de notre immersion dans la vraie vie, pas besoin de se créer des soucis supplémentaires…De mon côté, les études s’intensifiaient de manière scandaleuse (et encore, je n’avais rien vu), les journées semblaient se réduire de moitié et ma vie voir son champ d’espérances se nécroser comme une vieille peau de chagrin à demi mangée par les mites. Un tableau des plus réjouissants, je sens que vous appréciez déjà mon style imagé (et pourtant je fais des efforts, ce n’est que mon premier article)
Afin d’achever en beauté ce qui avait déjà commencé de façon insidieuse, à savoir mon lâche abandon de la blogosphère, j’ai découvert en fouinant sur le net pendant mes quelques moments de loisirs (qu’il aurait été plus judicieux d’utiliser à voir mes amis délaissés, je suis tout à fait d’accord avec ce que vous pensez tout bas, mais malheureusement il se trouve que j’ai un côté nettement asocial) un site de fantasy, science fiction, d’écriture, de dessins…Dès lors, Alea Jacta « je me rappelle plus comment on conjugue le verbe être à l’imparfait et en latin »…Je me suis lancée dans cette nouvelle passion avec la fougue d’une novice s’apprêtan















































