05.11.2009
La Chambre
NB: Parce qu'en ce moment c'est un peu la folie (préparation aux concours et tout) et que je ne veux pas me porter la poisse, je n'écris plus ici (et j'essaie de ne pas passer trop souvent, genre distraction malevenue;)) je recycle volontairement un de mes anciens articles, sur un bouquin relu récemment, et que j'ai tout bêtement adoré.
En même temps, quand Françoise Chandernagor prend la plume, je suis toujours conquise (ah, la Sans Pareille...)

« - Qu’est ce qu’on garde ici, des pierres, ou quoi ?
- Une petite pierre, une pierre de la famille des tombeaux »
A elle seule cette phrase pourrait résumer, dans tout ce qu’elle a de plus triste et de plus violent, le destin du dauphin, potentiel Louis XVII, au seuil d’une révolution qui a bouleversé notre Etat, bousculant la tradition monarchique pour une éphémère sensation de victoire et de liberté brandie, à coups de drapeaux, de belles paroles et d’espérances, amenées par la suite à disparaître dans les méandres d’une politique qui se cherche, d’empire en république, et de trahisons en bassesse ; oscillante entre le vil et le noble, la conviction et l’action, et les renouvellements constitutionnels, énonçant la mouvance d’un droit qui ne cesse jamais de renaître et de succomber (Royer Collard dira, plus tard, de la constitution, qu’elle n’est pas une tente « dressée pour le sommeil », mais le symbole absolu de l’adéquation entre mouvements sociaux, idéologiques, et juridiques)
De cette révolte et de ce qui s’ensuivra, le dauphin n’en sera jamais rien ; et Françoise Chandernagor, l’auteur de ce livre bouleversant (mais c’est une constante chez elle, il est inutile pour moi de revenir sur l’affection que j’éprouve envers cet écrivain hors du commun), qu’est « La Chambre », n’en parlera pas.
La Chambre, c’est cette pièce où un enfant de 7 ans, fils d’un roi guillotiné et d’une reine détestée, fils d’un péché qui n’existe pas vraiment en dehors de la déréliction populaire, viendra échouer, comme viennent s’échouer sur le rivage, au hasard des vagues, du ressac d’une mer qui les étouffe, des créatures marines.
L’écume au bord des lèvres, la membrane se craquelant, elles périssent sur le sable dont les grains s’ancrent dans leur chair, au contact d’un air virulent qui fouette leur enveloppe endolorie, à la recherche d’une eau vengeresse qu’elles ne retrouveront jamais.
La Chambre, c’est ce combat contre la mort, contre cet anéantissement, d’abord de l’esprit, et puis du corps, que mène un garçon, la crainte et le désespoir chevillés au corps, une bataille dont chacun connaît l’issue, et qui pourtant laisse en bouche un goût amer, les lèvres salées, la langue pâteuse, au bord du cauchemar.
Nous sommes en 1793 : tout comme, un peu plus d’un siècle plus tard, la famille du dernier Tzar Nicolas II, plus connue sous le titre ronflant des Romanov (et toute la mythologie créée par la suite sur la survie, ou non, de la grande Duchesse Anastasia), Louis XVI, sa femme « l’Autrichienne », et leurs enfants, sont littéralement pris en otage d’un changement brutal : le passage d’une monarchie de plein droit, héréditaire, aux balbutiement rocailleux, emplis de failles et de faiblesses, où souffle par intermittence le vent de discordes variées, de notre future République.
Dans cet univers dont les jalons tombent, les uns après les autres, dans une totale confusion, et laissent vacantes les places d’un pouvoir que, par essence, les hommes sont prompts à se disputer, voilà des personnalités bien encombrantes.
Que faire de ce roi dont plus personne ne veut, et de sa famille ?
Une question sur laquelle personne ne parvient à se mettre d’accord.
Le début de la révolution, malgré ce qu’on peut en dire, est certes un choc sans précédent, mais demeure cependant modéré en ce qui concerne les droits accordés au roi (je ne souhaite pas m’appesantir plus que de raison sur cette partie très juridique qu’est l’étude des lois, mais si besoin est, je répondrais à vos questions dans les commentaires) : sa place est désormais en retrait, en recul certain, mais il demeure et reste existant, pour les textes, comme l’esprit populaire. Nul besoin de vous rappeler que sa fuite à Varennes, après avoir donné son accord à la Constitution, contribue en grande partie à sa perte, et par extension à celle de sa famille.
Emprisonnée dans une pièce, prise au piège de tenailles qui se rapprochent dangereusement, la royauté n’a pas d’autre choix que d’entendre le glas de sa propre mort, un glas qui résonne comme un couperet, et qui achève son lent travail de destruction insidieuse à la mort de Louis XVI.
Le sang coule dans les rigoles des trottoirs, et ce sang, qui est aussi rouge que celui de n’importe quel être humain, se reflète dans les errances d’un étendard pourpre, dont les couleurs se confondent et annihilent leurs teintes, tour à tour.
Le sang coule, et depuis lors le destin des survivants, jadis couronnés d’or et de gloire, ne fait plus de doute pour personne.
La seule chose que l’on ignore encore à cette époque, c’est combien durera cette terrifiante attente, cette inertie morbide où les heures s’égrènent comme des poignards, et fendent l’air des rêves trop lointains désormais, et dévorent encore plus le souhait d’une liberté si chèrement acquise.
En plein été 1793, le dauphin est enlevé à sa mère et placé dans un lieu sévèrement clos, où les restes d’un jardin et quelques plantes rachitiques font tout son bonheur, et les dalles mal agencées d’une vague courette son seul amusement.
Le dauphin n’est plus un dauphin, il cesse de l’être à ce moment précis où les bras de sa mère lui sont ôtés, comme ses bijoux lui ont été volés : il devient un enfant dont beaucoup parlent, l’Exilé apatride, qui n’appartient plus aux vestiges croulants de la royauté, et pas encore à la Nation trop jeune, presque encore une enfant elle-même.
« Familles. Rejetons et rejetés. Le petit prince découronné n’est plus à personne : c’est la chambre qui l’élève, qui le protège, qui le nourrit. D’ailleurs, il n’entrera pas dans l’Histoire comme le fils de ses parents, il y entrera comme le fils de ces murs : on dira « l’enfant de la tour », « l’enfant du temple »…
C’est de cette partie de l’Histoire, fantasmée par bien des générations de lecteurs et d’écrivains, qui encore aujourd’hui suscite bien des débats (à ce propos je vous conseille à tous le documentaire « Secrets d’Histoire » présenté par Stéphane Bern, qui traite du sujet de façon à la fois ludique et sérieuse, avec notamment l’intervention de spécialistes de la question), que nous parle Françoise Chandernagor. Ce qu’elle décrit n’a rien à voir avec les enjeux politiques, qu’un petit garçon ne pourrait de toute façon pas comprendre, ou les différentes évolutions idéologiques de l’époque, mais bel et bien la lente décrépitude d’un être humain, peu à peu coupé du monde extérieur.
D’un naturel joueur, il se voit retirer ses jouets.
Ses vêtements, autrefois brodés dans les plus belles étoffes, égratignent à présent son épiderme, qui se couvre, alors que les lavages sont de plus en plus espacés, de croûtes, de crasse, et de sueur sèche.
Car, s’il est confié un temps à Antoine Simon et à sa femme, qui ne voient en lui qu’un bambin, peut être plus dangereux qu’un autre de par sa naissance, mais pas réellement différent des autres enfants de son âge, ce fardeau dont plus personne ne veut est bientôt abandonné dans une chambre insalubre, qui deviendra le centre de son univers, les murs recueillant ses plaintes, gardant chaque trace et chaque odeur, une fosse bestiale sentant tout à la fois la saleté repoussante, le désespoir, et la mort.
Il n’a bientôt plus d’eau, plus de vêtements propres, plus de draps, plus de couvertures.
Plus de paroles, plus de gestes, une simple gamelle lancée au travers d’une porte toujours close.
Plus grand-chose de ce qui rappelle l’humanité, si ce n’est, de temps à autre, une vague lumière au travers de cette obscurité, cette nuit improbable où même les pleurs d’un petit prince se retrouvent étouffés, le son bloqué aux lèvres et aux yeux, à ses yeux qui le blessent lorsque ses geôliers ouvrent la porte pour le nourrir.
Si ce n’est, de temps à autre, de vagues visages qui l’observent en silence, ses bouches qui ne s’ouvrent jamais, ces personnes qui viennent contempler, muettes et sévères figures inconnues, le spectacle de la monarchie qui se noie dans ses déjections.
Louis XVII ne sera pas fusillé comme le petit Tzarévitch Alexis, mais peut être son destin est il pire encore.
Car son histoire est bien celle d’un condamné à mort, par la sentence d’un oubli bien commode.
Ce que les yeux ne voient pas, l’esprit l’ignore.
Quant au cœur en ce temps-là, il fallait l’avoir bien accroché, le blinder contre l’attendrissement, se préparer à la Terreur, à la peur, à la souffrance.
Qu’importe la douleur d’un enfant de 8 ans, qui n’est même plus un enfant, mais une bête sauvage incapable d’une pensée construite, par manque de soins et d’affection ?
Mais enfin, il est déjà mort, depuis qu’il a cessé de réfléchir, et de croire en quelque chose !
« Déprimé ? Non, réaliste. Quand on ne peut pas agir, à quoi bon crier ? Il attend. Commence même à s’habituer. On l’a posé là, on reviendra le chercher. Ne pas éprouver plus d’inquiétude qu’un objet. Il vit, il se tait. Les dames du troisième n’entendent plus sa voix ? Parce qu’il attend ; en otage rodé, qui économise sa force et ses élans. Economise même ses pensées. Anesthésié.
Et quand au bout d’un temps qu’il ne peut mesurer il cessera d’attendre, il aura depuis longtemps cessé de souffrir : pierre parmi les pierres, mur au milieu des murs, il sera donjon lui-même, chambre jusque dans ses lézardes et ses moisissures, chambre fermée, oubliée- forteresse vide »
Dans cette Chambre où bientôt la solitude devient palpable, poisseuse et erratique comme des mains de noyés, Françoise Chandernagor tisse le dernier fil, en Parque des temps modernes : celui de l’agonie. Avec une plume toujours plus alerte, avec une sensibilité toujours plus grande, mais qui ne tombe jamais dans l’écueil de la sensiblerie outrancière, elle enveloppe son lecteur d’un linceul pesant, comme elle enveloppe son dauphin, car elle s’approprie merveilleusement bien ce martyr de l’Histoire, d’un linceul de mots.
Le dauphin s’enterre dans ses rêves, mélange l’autrefois au hier, et l’hier au demain, n’a plus rien à perdre, mais perd encore la santé.
Le dauphin périt solitaire, après quelques années d’une détention terrible.
Le livre s’achève avec lui, et laisse rouler, sur les pages finales, un souvenir impérissable, qui n’est pas sans rappeler « le dernier jour d’un condamné » de Victor Hugo.
Monologue intérieur d’adulte contre philosophie lacunaire d’un enfant à peine sorti de la prime jeunesse.
Plus brutal encore que n’importe quel autre réquisitoire.
L’Histoire ne se juge pas, pas avec nos réflexes contemporains. L’Histoire peut se comprendre, s’excuser, et parfois s’amender.
Mais il est difficile d’y croire, quand on sait aujourd’hui que ce récit, bien que placé dans un contexte ancien, est intemporel dès lors qu’il nous renvoie à l’image de notre propre indifférence face à d’autres souffrances enfantines.
Cette Chambre qui dévore le corps, putride boudoir de la mort, ce n’est pas qu’un vague lieu de souvenir ; c’est aussi la chambre de ces personnes qui décèdent chaque jour dans l’irresponsabilité d’autres personnes.
Et dans le silence.
« Il s’effondre de l’intérieur. S’il se voûte en grandissant, c’est parce qu’il n’a plus de charpente… Le chaos. Tout en lui se déconstruit : il tombe maintenant de grands morceaux de jour dans ses nuits, et des petits bouts de nuits dans ses jours. Parfois il fait noir et, brusquement, il court dans un grand jardin ensoleillé, cueille des fleurs (des fleurs de « riche », bien sûr : il n’a jamais cueilli d’ombelles ni de coquelicots). Il faisait noir et le voilà soudain, en uniforme de colonel, qui bêche un grand carré à l’ombre des tilleuls ou pousse un palet du pied, zigzague avec son cerceau entre des marronniers, lance un ballon rouge dans une lumière dorée… Il croit qu’on a recommencé à le promener. Il visite quelquefois de grands palais –– des palais dont les portes ne sont pas brisées »
19:28 Publié dans A portée de mots..., Critiques éhontées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : françoise chandernagor, dauphin, histoire, littérature
06.10.2009
The Big Plagiat

Autant le dire, je suis une inconditionnelle d’Emilie Simon : de sa voix murmurée, de la tendresse vénéneuse de ses textes, et surtout de son avant dernier album, Végétal.
On est souvent submergés par des sons, des sonorités, presque combattantes si j’ose dire, de rythmes effrénés à coups de boumboumboums marqués qui se répercutent dans la tête et reste cloisonnés dans notre cerveau : face à ces agaçantes suceuses de sang que sont devenus les musiques d’aujourd’hui, les entrelacs délicats d’Emilie Simon forment un agréable rempart, un cocon autonome, un refuge ouaté plein de douceur et de force, de petites failles et de luxuriantes envolées.
Il est finalement assez rare de tomber sur un album qui parvient à toucher aussi profondément celui qui écoute, à nouer, entre l’artiste et son modèle, la vie, un lien aussi puissant, quelque chose d’aussi intense, que Végétal l’a été pour moi. Pas un de ces morceaux ne m’a semblé étranger, pas une note déplacée, comme si, au travers de sa musique, c’était mon existence toute entière qui était racontée, décortiquée, comme ces histoires qu’on lit au coin du feu, ou à la lueur d’une lampe vacillante, avec le délicieux sentiment de connivence entre les mots et la pensée : « En cendres » a du me faire monter les larmes aux yeux plus d’une 40aine de fois, et que dire du « vieil amant », si ce n’est que c’est, à mon sens, la plus belle façon de narrer l’amour, la plus triste aussi, sans doute…
Bref, vous l’aurez compris, j’attendais avec une grande impatience le nouvel opus de la jolie demoiselle (parce que jolie, elle l’est, incontestablement) : c’est peut être pour cette raison que je suis aussi déçue aujourd’hui par « the Big Machine ». Entendons nous bien, je ne suis pas de celles qui poussent les artistes à nous ressortir exactement les mêmes sons, les mêmes peintures, qui cantonnent l’art à une répétition sans fin de ce qui plait, ou déplait, en déniant à l’expérimentation toute valeur pédagogique : au contraire, toute ma vie personnelle est plongée dans cette même idée de renouvellement nécessaire, pour éviter l’enlisement, et la nécrose finale, cette inertie maladive que tout le monde s’accorde à traiter comme de la « maturité », mais là-dessus il est inutile que je sois plus virulente, pour ceux qui me lisent depuis un bout de temps, c’est une évidence.
Mais bon sang, pourquoi nous repomper allègrement Kate Bush, quand les deux univers avaient, jusqu’alors, la particularité de se ressembler, sans jamais se confondre ? La même poésie, la même étreinte subtile entre texte et mélodie, le même goût pour l’étrange, le saugrenu, la fantaisie, mais deux façons de l’aborder qui, justement parce qu’elles étaient deux, se complétaient admirablement bien.
Le dernier album de Kate Bush, Aerial, vise clairement au renouveau de l’artiste et pourtant, quand on écoute attentivement, on se rend bien compte que cette œuvre était amorcée depuis longtemps dans ses précédents morceaux : la douceur inhérente à certains titres jouant à cache cache avec le grain de folie de Kate, comme ce magnifique duo entre la chanteuse et un oiseau de nuit, ou de jour…
Sur « The Big machine », ce n’est pas tant un renouveau qu’une véritable traitrise, et je pèse mes mots : Emilie se Bushise, et prend les gens pour des imbéciles ; comment peut on ne pas reconnaître, plus que le spectre, la présence vivante de Kate dans les arrangements des morceaux tels que « Nothing to do with you », « The Cycle » qui rappelle affreusement « Army dreamers », bref, un recyclage que je trouve complètement honteux de la magie de Kate Bush, de l’originalité de son parcours…
Bien sûr, cela nécessite de connaître l’œuvre de Kate Bush, mais je n’ai pas la prétention d’être la seule (et loin s’en faut) à adorer la quasi-totalité de ses albums, et j’en veux terriblement à toutes ces critiques qui vont mener aux nues Emilie pour un travail qui, finalement, perd en créativité ce qu’il avait gagné, pour moi, avec ces précédentes œuvres.
Bref, je sors de ma réserve aujourd’hui, partagée entre la colère, et la tristesse, de voir une de mes artistes préférées sombrer dans un plagiat mal dissimulé, et invite tout le monde à se reprocurer d’urgence des albums comme Aerial, Never for Ever, ou encore Hounds of Love, avant de porter un jugement définitif sur « the Big machine ».
En gros, c’est un peu comme quand on lit « Scarlett », d’Alexandra Ripley, après avoir englouti « Autant en emporte le vent » : la sensation de satiété gourmande à avoir retrouvé les personnages de Mitchell dispute la place à l’impression de s’être fait avoir.
11:05 Publié dans Critiques éhontées | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : emilie simon, kate bush, the big machine
13.09.2009
Come back

Il est 9h39 au moment où je commence à écrire cette note. Je suis vêtue d'une de mes tenues préférées pour trainasser chez moi, à savoir un empilement de vêtements qui ne vont pas ensemble, genre collants en laine noirs et tee shirt loose vert kaki (il fait froid le matin chez moi, je n'y peux rien. Et encore, je n'ai pas poussé le vice jusqu'à mettre un béret, mais je sens que cela ne va pas tarder)
A l'heure où certains reprennent le travail avec une mine chiffonnée post vacances à Ibiza, d'autres sont encore en train de se la couler douce au bord de la piscine (je ne vise absolument pas ma famille, ABSOLUMENT pas); en ce qui me concerne, je profite de quelques jours de plénitude bien méritée après avoir rendu mon mémoire et avant de préparer THE soutenance.
Voilà pour le décor spatio-temporel.
Approchons nous un peu de la jeune demoiselle qui tapote furieusement son pc dans une semi obscurité reposante, si vous le voulez bien.
Travelling avant.
Période pro-nombrilisme.
Visiblement, les campagnes d'informations cosmétiques ont porté leurs fruits, puisque près d'elle trône une bouteille d'eau des bleuets qui pue atrocement, mais dont les vertus calmantes pour les petites paupières ayant subi 26 années de "travail acharné-de lectures jusqu'à pas d'heure-de trip new age sous la lune" n'ont jamais failli. Une fenêtre est ouverte sur son ordinateur, qui, si on clique dessus, nous transporte dans le monde merveilleux de Secret Story, là où chaque être humain voit sa parenté extraterrestre prouvée et reprouvée (est ce moi ou pas un habitant de cette maison n'est normal? Est ce moi ou suis je en train de vous parler de Secret Story, la bouse la plus infâme, la plus attirante, la plus lobotomisante et la plus addictive qu'il m'ait été donné de voir?)
Un sourire se profile sur les lèvres (enduites de baume qui ne sert à rien) de la damoiselle, alors qu'elle rédige ses mots sans queue ni tête, juste pour le plaisir de blablater un petit peu, juste pour le plaisir de faire sa fifille.
Elle a reçu de bonnes nouvelles, et elle ne s'en cache pas.
Elle est surtout contente d'avoir retrouvé une ligne internet pour faire profiter de sa plume acérée et de ses jeux de mots le monde entier, et se demande comment le dit monde a fait pour continuer de tourner en sa remarquable absence?
Bref, comme dans une nouvelle de Stephen King (mais en plus classe), comme dans l'univers étrange et fascinant de Dame Boucleline, comme dans les chansons de vacances où les gens se retrouvent et s'aiment toute la nuit sur la plage, comme dans les odeurs de Monoï et le vent frais d'un mois de septembre, elle est revenue.
Travelling arrière.

09:58 Publié dans Blablatages | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note



















































